
Dans ce huis clos détonant, Willy Protagoras se retranche dans les toilettes, transformant ce refuge dérisoire en forteresse de résistance. Par cette nouvelle mise en scène de ce texte de jeunesse, Wajdi Mouawad signe un manifeste contre l’enfermement et le repli.
Il y a des lieux qui deviennent des refuges. Des lieux minuscules, dérisoires, mais essentiels. Pour Willy Protagoras, ce lieu sacré est… les toilettes. Dans ce huis clos insolant et détonant, le jeune homme se barricade, isolé du tumulte familial, résolu à opposer silence et résistance à un monde qui l’étouffe.
Pourquoi ce geste ? Est-ce un cri de révolte, une fuite, ou un pied de nez poétique à l’ordre établi ? Par cette nouvelle mise en scène de ce texte de jeunesse, Wajdi Mouawad signe un manifeste contre l’enfermement et le repli. Il revient à la source, à cette voix insoumise qui, déjà, portait en germe son théâtre. Un théâtre où la famille est souvent un champ de bataille et où la parole, même enfermée derrière une porte, cherche toujours à faire éclater les murs.
Quittant la Colline pour se consacrer à l’écriture, Mouawad termine malgré tout son mandat avec deux reprises : Journée de noces chez les Cromagnons / Willy Protagoras... Celle-ci est la première pièce qu’il ait écrite et achevée. On y voit le conflit de deux familles, les Protagoras ne souhaitant plus héberger les Philisti-Ralestine, recueillis alors qu’ils étaient persécutés. Ce patronyme nous renvoie aux réfugiés palestiniens au Liban. Une allusion à la guerre, dans la pièce, étaye cette hypothèse ; de même, le rôle du notaire rapace qui finit par s’emparer du logement aux dépens des deux familles fait penser aux dangers extérieurs encourus par le Liban : Israël (le notaire s’appelle Louisaire, dont une anagramme est « Israel, oui ») ou la Syrie. Cette dimension géopolitique constitue toutefois plus un contexte que le sujet de la pièce, qui est le cri de désespoir contre ses aînés de la jeunesse libanaise, qu’il s’agisse de Willy, dont le prénom signifie « je veux » et le nom fait référence à un penseur grec qui disait « je ne sais pas », d’Abgar ou de Nelly (même prénom la fille Cromagnon). Crue et scatologique, cette pièce revêt le caractère provocateur d’un manifeste de la jeunesse. En soi, monter cette pièce plus faible que les précédentes de l’auteur ne présente que peu d’intérêt, si ce n’est l’occasion pour Wajdi Mouawad de montrer une nouvelle fois ses qualités de metteur en scène et de nous offrir une distribution avec 19 comédiens et un musicien sur scène !
Pour 2 Notes
Fan de Wajdi M et de la Colline depuis de nombreuses années, je n’aurais manqué sa dernière pièce en ce lieu pour rien au monde. Quelle déception ! Certes, c’est un texte de jeunesse mais cela n’excuse pas tout : le narratif est plat, le message est creux, vu, revu, mal exploité. Et je ne parle même pas de l’overdose de scatologie… injustifiée. Nous avons quitté la salle au bout d’une heure trente : il n’y avait plus aucune amélioration à espérer. Si vous aimez cet immense auteur-metteur en scène, passez votre chemin. Ainsi vous garderez en tête les pépites qu’il a produites et seulement cela
Réservé via Theatreonline
Quittant la Colline pour se consacrer à l’écriture, Mouawad termine malgré tout son mandat avec deux reprises : Journée de noces chez les Cromagnons / Willy Protagoras... Celle-ci est la première pièce qu’il ait écrite et achevée. On y voit le conflit de deux familles, les Protagoras ne souhaitant plus héberger les Philisti-Ralestine, recueillis alors qu’ils étaient persécutés. Ce patronyme nous renvoie aux réfugiés palestiniens au Liban. Une allusion à la guerre, dans la pièce, étaye cette hypothèse ; de même, le rôle du notaire rapace qui finit par s’emparer du logement aux dépens des deux familles fait penser aux dangers extérieurs encourus par le Liban : Israël (le notaire s’appelle Louisaire, dont une anagramme est « Israel, oui ») ou la Syrie. Cette dimension géopolitique constitue toutefois plus un contexte que le sujet de la pièce, qui est le cri de désespoir contre ses aînés de la jeunesse libanaise, qu’il s’agisse de Willy, dont le prénom signifie « je veux » et le nom fait référence à un penseur grec qui disait « je ne sais pas », d’Abgar ou de Nelly (même prénom la fille Cromagnon). Crue et scatologique, cette pièce revêt le caractère provocateur d’un manifeste de la jeunesse. En soi, monter cette pièce plus faible que les précédentes de l’auteur ne présente que peu d’intérêt, si ce n’est l’occasion pour Wajdi Mouawad de montrer une nouvelle fois ses qualités de metteur en scène et de nous offrir une distribution avec 19 comédiens et un musicien sur scène !
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