La fin du courage

du 17 janvier au 8 mars 2026
1h15

La fin du courage

La Fin du courage est une adaptation théâtrale de l’essai éponyme de la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury. C’est une diversité de voix et de regards, reflétant l’idée chère de cette essayiste selon laquelle le courage s’élabore dans la pluralité. Un dialogue vivant, profond et empreint d’humour et d’autodérision, qui interroge avec acuité ce que signifie « tenir » dans un monde en tension. Avec entre autres Isabelle Adjani et Laure Calamy

  • Deux voix pour reprendre courage

Sur scène, plusieurs duos d’interprètes se relaieront pour incarner les deux personnages – l’auteure et une journaliste/animatrice d’émission culturelle – au plus près des mots. En interrogeant la place du courage dans nos sociétés contemporaines, Cynthia Fleury y développe une pensée à la fois ancrée dans les réalités individuelles et soucieuse des enjeux collectifs. Très tôt, la nécessité de prolonger cette réflexion par une forme scénique s’est imposée : une fable philosophique, centrée sur deux figures féminines, s’est alors dessinée, à la croisée du théâtre et de la méditation morale.

Au travers de quatre actes, quatre situations, deux personnes se rencontrent, se jaugent, s’interpellent sur leurs manquements, leurs failles, leurs volontés de continuer coûte que coûte, leur misanthropie humaniste. Deux personnages, deux idéaux-types se confrontent : l’auteure et la journaliste.

Deux manières de négocier avec le monde et leurs désirs propres. Deux manières de faire œuvre. Comment ce qui semble opposé au départ se révèle proche et familier ? Comment deux personnes qui sont touchées par le découragement reprennent courage ensemble ?

« Première règle. Pour reprendre courage, il faut déjà cesser de chuter. Deuxième règle : il faut accepter de prendre son temps. Troisième règle : Il faut chercher la force là où elle se trouve. Quatrième règle : faire face à la vulgarité du monde. Tenir. Sourire. Se tenir prêt. » Extrait de la version théâtrale de La Fin du courage.

  • Programme

Isabelle Adjani et Laure Calamy
Du 17 janvier au 25 janvier 2026

Emmanuelle Béart et Sarah Suco
Du 28 janvier au 1er février 2026

Emmanuelle Béart et Sophie Guillemin
Du 3 février au 8 février 2026

Isabelle Carré et Sophie Guillemin
Du 11 février au 22 février 2026

Lubna Abazal et Sophie Guillemin
Du 25 février au 27 février 2026 + 07 mars 2026

Lubna Azabal et Rosa Bursztein
Du 28 février au 8 mars 2026

  • Notes d'intentions

Entre découragement du présent et reconquête de l’avenir, ce dialogue mis en scène montre en quoi il n’y a pas de courage politique sans courage moral et démontre comment un retour à l’exemplarité politique est non seulement possible et nécessaire, mais urgent. Chaque époque affronte, à un moment de son histoire, son seuil mélancolique. De même, chaque individu connaît cette phase d’épuisement et d’érosion de soi. Cette épreuve est celle de la fin du courage. Comment convertir le découragement en reconquête de l’avenir ? Notre époque est celle de l’instrumentalisation et de l’effacement du courage. Mais ni les démocraties ni les individus ne peuvent en rester à ce constat d’impuissance. Nul ne résiste à cet avilissement moral et politique. Il s’agit de surmonter ce désarroi et de retrouver le ressort du courage, pour soi, pour nos dirigeants si souvent contre-exemplaires, pour nos sociétés livrées à une impitoyable guerre économique liée aux faillites démocratiques, et au-delà. Le plus sûr moyen de s’opposer à l’entropie démocratique reste l’éthique du courage et sa refondation comme vertu démocratique. Il n’y a pas de courage politique sans courage moral et la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l’individuel et le collectif. Car si l’homme courageux est toujours solitaire, l’éthique collective du courage est seule durable. Au travers de la forme théâtrale, dans cette tradition des dialogues, j’ai voulu mettre en joute deux visions du courage, deux formes de négociation avec le monde, ses insuffisances, ses dérives et ses périls grandissants. J’ai l’espoir que ce « moment » se prolonge ailleurs et autrement, pour aller au-devant de publics qui spontanément ne lisent pas de la philosophie.       

                                                                                                                                                      Cynthia Fleury                                                                                 

« Au fond, théâtre et philosophie ont la même question : comment s’adresser aux gens de façon à ce qu’ils pensent leur vie autrement qu’ils ne le font d’habitude ? » Alain Badiou. Texte en main, plusieurs duos de grandes actrices font vibrer la pensée de Cynthia Fleury sur le plateau du Théâtre de l’Atelier. Elles donnent chair à un dialogue philosophique et le teintent de leurs sensibilités singulières. Elles portent les idées comme une arme qui ne tue pas, mais au contraire rend plus fort. Le courage, bien sûr, mais aussi le jeu et l’humour sont au cœur de leur engagement de femmes, d’artistes et de citoyennes. Au théâtre, on joue. On « joue à » l’auteure et la journaliste qui confrontent leurs points de vue et leurs engagements respectifs. On « joue avec » la complicité du public qui « joue le jeu » d’y croire sans y croire. Entre le vrai et le faux, le réel et la fiction, les idées et les émotions, une dialectique s’établit. Un jeu qui renvoie le spectateur à son propre « je » et bouscule les lieux communs pour envisager une humanité commune. En exposant la crise morale et politique actuelle, le théâtre réactive sa fonction citoyenne : il invite chacun à s’interroger sur sa propre capacité à agir.

                                                                                                                                                      Jacques Vincey 

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