
Valet amoureux de la reine, Ruy Blas devient un homme de pouvoir habité d’un absolu de justice. Grandeur héroïque et piège machiavélique, corruption politique et destins brisés : le drame est complet.
« Le sujet philosophique de Ruy Blas, c’est le peuple aspirant aux régions élevées ; le sujet humain, c’est un homme qui aime une femme ; le sujet dramatique, c’est un laquais qui aime une reine », annonce Victor Hugo dans la préface de sa pièce créée en 1838. Il la situe à la cour d’Espagne sous le règne de Charles II, tout en faisant une critique à peine voilée de son époque.
On y suit comment don Salluste, disgracié par la reine, mène sa vengeance. Il fait enlever son cousin don César et convainc son valet Ruy Blas d’endosser sa noble identité. Ce costume lui permet d’approcher la jeune reine qu’il aime en secret. Une fois promu par elle à de hautes fonctions, Ruy Blas met son intelligence au profit de l’État et veut en finir avec la corruption. Mais le plan machiavélique de Salluste se resserre.
Cette œuvre centrale du répertoire, jouée dès 1879 à la Comédie-Française, n’y a pas été donnée depuis vingt-cinq ans. Elle est mise en scène par Julie Duclos, qui a récemment présenté Grand-peur et misère du IIIe Reich de Brecht à l’Odéon Théâtre de l’Europe, en tournée cette saison. Elle souhaite, à travers sa mise en scène, tout embrasser de ce chef-d'œuvre du romantisme : passer du drame au comique, du concret au lyrique, sans jamais perdre de vue que c’est la vie d’un homme qui est en jeu.
Place Colette 75001 Paris