
Comme dans une descente aux enfers, Carolina Bianchi expose l’horreur inexprimable des violences sexistes, en plongeant dans un espace entre-deux où la mémoire est trouble. Spectacle en portugais, surtitré en français. Déconseillé aux moins de 18 ans.
Spectacle en portugais, surtitré en français. Déconseillé aux moins de 18 ans.
« Je ne suis pas la protagoniste de cette pièce. La protagoniste de cette pièce est morte. Mon travail consiste donc à expérimenter toutes les formes possibles de résurrection. »
Premier volet de la Trilogia Cadela Força. Hantée par le destin tragique de la performeuse italienne Pippa Bacca — violée et assassinée alors qu'elle réalisait une performance pacifiste à travers les Balkans —, Carolina Bianchi exhume les fragments d'une histoire de l'art traversée par les viols et les féminicides. Face à cette généalogie d'artistes exposées à la violence, la metteuse en scène et autrice entreprend une enquête vertigineuse, plongeant elle aussi dans les limbes de sa propre mémoire traumatique. Dans le sillage des gestes radicaux des performeuses dont elle s'inspire, elle met son corps en première ligne. Chaque soir, elle ingère le Boa Noite Cinderela — un puissant cocktail sédatif utilisé au Brésil par certains violeurs pour endormir leurs victimes. Sous son effet, elle abandonne sa conscience, conviant le public à descendre avec elle en enfer ; son écriture se fraie alors un chemin dans cet espace interstitiel entre la vie et la mort, ce cauchemar où resurgissent les femmes et les artistes dont elle cherche la trace.
Place de l'Odéon 75006 Paris