
Avec Seppuku, Angélica Liddell clôt sa Trilogie des funérailles. La mort, horizon obstiné de son théâtre, devient ici la promesse d’une éclatante beauté, d’une ravageuse violence poétique. Spectacle en japonais, espagnol surtitré en français. Déconseillé aux moins de 18 ans.
Spectacle en japonais, espagnol surtitré en français. Déconseillé aux moins de 18 ans.
Le 25 novembre 1970, dans le quartier général des forces d’autodéfense de Tokyo, Yukio Mishima accomplit, en compagnie de ses plus fidèles, l’éventration rituelle qu’il avait longtemps rêvée, écrite et même filmée. Geste impossible, scandaleux – hara-kiri ou seppuku – que Marguerite Yourcenar tenait pour l’acte d’un héros et son ultime chef-d’œuvre.
Lectrice obsessionnelle du Pavillon d’or, Angélica Liddell se place sous le patronage de cette énigmatique figure et de sa mort légendaire. Car qui mieux que Mishima pour exprimer ce besoin viscéral de réunir, dans un même élan, la recherche absolue du choc esthétique et le désir inextinguible d’une mort héroïque ?
Avec Seppuku, Liddell clôt sa Trilogie des funérailles entamée avec Vudú (3318) Blixen et Dämon. El funeral de Bergman. La mort, horizon obstiné de son théâtre, devient ici la promesse d’une éclatante beauté, d’une ravageuse violence poétique. Officiante ou thaumaturge, Liddell invoque sur la scène les figures de l’au-delà : sa poésie se mêle aux éclats fulgurants de Mishima, aux complaintes des fantômes du nô Hagoromo, et ouvre un passage entre les vivants et les morts.
Avant que la chair ne se décompose, est-il encore possible d’atteindre la grâce ? De faire du théâtre une déflagration, de demander un peu plus de couleurs au soleil couchant ? Œuvre crépusculaire, Seppuku exige une beauté « qui fasse pleurer les dieux » et fait du suicide rituel l’ultime métaphore du « sacrifice comme acte poétique ».
Place de l'Odéon 75006 Paris