L'or du Rhin

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Opéra Bastille , Paris

Du 29 janvier au 12 février 2013
Durée : 2h30 sans entracte

MUSIQUE & DANSE

Prologue aux trois journées du Ring, L’Or du Rhin nous montre l’impitoyable combat des dieux et des nains pour la maîtrise de l’or et du monde. « On n’a jamais composé ainsi », écrivait Wagner à son ami Franz Liszt. Le spectacle est dirigé par Philippe Jordan et est mis en scène par Günter Krämer.
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Spectacle terminé depuis le 12 février 2013

 

L'or du Rhin

De

Richard Wagner

Mise en scène

Günter Krämer

Avec

Wolfgang Ablinger-Sperrhacke

,

Kim Begley

,

Günther Groissböck

,

Edith Haller

,

Sophie Koch

,

Wiebke Lehmkuhl

,

Thomas Johannes Mayer

,

Bernard Richter

,

Peter Sidhom

,

Egils Silins

,

Caroline Stein

,

Lars Woldt

,

Samuel Youn

,

Qiu Lin Zhang

En langue allemande.

  • Prologue en quatre scènes au festival scènique l'Anneau du Nibelung (1869)

Un simple accord de mi bémol majeur, austère et immuable, jusqu’alors par nous inaudible, mais sans doute présent de toute éternité. D’abord à peine perceptible, le son se déploie, il se couvre et se recouvre de vagues et de courants ; ses houles « en roulant les images des cieux, mêlaient d’une façon solennelle et mystique les tout-puissants accords de leur riche musique » (Baudelaire, La Vie antérieure) : c’est peut-être le Rhin, mais c’est d’abord le monde saisi à la fois dans son mouvement perpétuel et sa permanence. Il suffit à Wagner de cet accord tenu les cent-trente sept premières mesures de l’œuvre, pour faire se re-créer le monde devant nous, évoquer son éternité en même temps que ses métamorphoses. Et de cet accord fixe, au sens propre, fondamental, semble en même temps procéder toute musique. « On n’a jamais composé ainsi », écrivait Wagner, à la fois heureux et effrayé, à son ami Franz Liszt.

Musique de Richard Wagner (1813-1883)
Livret du compositeur
Direction musicale : Philippe Jordan
Mise en scène : Günter Krämer
Décors : Jürgen Bäckmann
Costumes : Falk Bauer
Lumières : Diego Leetz
Chorégraphie : Otto Pichler

Avec en alternance dans le rôle Wotan : Thomas Johannes Mayer (29 janvier, 4, 10 février) / Egils Silins (1er, 7, 12 février).

Avec l'Orchestre de l'Opéra national de Paris.

  • L'oeuvre

Prologue des trois journées qui forment le cycle de L’Anneau du Nibelung, le livret de L’Or du Rhin fut pourtant écrit en dernier. Wagner, en effet, avait d’abord écrit le récit de la mort de Siegfried (qui allait devenir Le Crépuscule des dieux), puis il voulut raconter la jeunesse de son héros (Siegfried) et, un an plus tard, l’origine de celui-ci et le destin de ses parents, les jumeaux Siegmund et Sieglinde (La Walkyrie), et enfin l’origine de la malédiction, le vol de l’or, qui est à la base de toute l’histoire (L’Or du Rhin). Le livret raconte donc le monde d’avant les hommes, celui où dieux, géants et Nibelungen (les travailleurs de force des entrailles de la terre) se disputent le pouvoir dans un perpétuel jeu de dupes. Ce monde représente aussi celui de la Nature à l’instant précis de la perversion, lorsque l’or qui dort au fond du fleuve, gardé par les Filles du Rhin, est subtilisé par le nain Alberich, afin de le fondre en un anneau qui donne la puissance. C’est la fin de l’équilibre originel, de l’harmonie bienfaitrice, pour aller vers la loi du plus fort, le chaos qui mènera à la catastrophe finale. Et c’est aussi le renoncement à l’amour au profit du pouvoir par l’argent. Le livret est nourri de toutes les idéologies de l’époque de Wagner (de l’anarchie au marxisme, en passant par Feuerbach et Schopenhauer) et reflète parfaitement les contradictions et les angoisses de la société capitaliste naissante. C’est la raison pour laquelle il a donné lieu à de nombreuses interprétations, en particulier politiques.

Sur le plan théâtral, l’œuvre est donnée d’un seul bloc, sous la forme de quatre scènes qui s’enchaînent sans entracte et qui donnent lieu à des échanges rapides et brillants, véritable comédie sur la prise du pouvoir. Sur le plan musical, comme elle est la première du cycle composée par Wagner (contrairement au livret), elle fait naître près du tiers des leitmotive qui nourriront la partition jusqu’à son terme. Ses premiers accords, en mi bémol, qui s’étendent sur cent trente sept mesures et qui symbolisent le monde naissant et devenant fleuve, sont particulièrement célèbres. Il n’y a pas d’air ou d’ensemble qui se détache de la partition, mais toute la première scène, avec les Filles du Rhin, possède une fraîcheur et une sensualité qu’on ne trouvera plus guère dans le reste de la Tétralogie.

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