La double inconstance

Théâtre 14 , Paris

Du 05 mars au 20 avril 2019
Durée : 1h45

CLASSIQUE

,

Comédie romantique

,

Coups de coeur

,

Sélection Evénement

Silvia et Arlequin se portent un amour pur et réciproque, mais le Prince a jeté son dévolu sur la jeune villageoise. Il la fait enlever, la garde en son palais, et livre les amants à Flaminia pour qu’elle mette en oeuvre la machination de la double inconstance. Philippe Calvario s'attaque Marivaux et explore son questionnement autour du désir. La mise en scène rythmée et drôle fait jaillir tout le talent d'une distribution au diapason, les excellents Sophie Tellier et Guillaume Sentou en tête !
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La double inconstance

De

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Mise en scène

Philippe Calvario

Avec

Luc-Emmanuel Betton

,

Philippe Calvario

,

Roger Contebardo

,

Maud Forget

,

Guillaume Sentou

,

Sophie Tellier

,

Alexiane Torres

  • Une machination amoureuse

Silvia et Arlequin se portent un amour pur et réciproque, mais le Prince a jeté son dévolu sur la jeune villageoise. Il la fait enlever, la garde en son palais, et livre les amants à Flaminia pour qu’elle mette en oeuvre la machination de la double inconstance. Pas à pas, les amoureux sont pris au piège d’une mise en scène habilement menée sans jamais s’apercevoir qu’ils en sont les acteurs, ou les marionnettes. Silvia se laisse séduire par un officier qui se révélera être le Prince tandis qu’Arlequin tombe sous le charme des paroles de Flaminia.

Un couple défait en donne deux. L’amour qu’on pensait éternel cède le pas au temps du plaisir éphémère. Le monde rural, rustique, pauvre et impuissant ne résiste pas à la corruption de la cour, de la coquetterie, de la richesse et des honneurs. L’inconstance du monde, son instabilité, contamine qui croit être fidèle à ses émotions et pense n’être que le spectateur de ce déséquilibre sans y participer.

Par la Cie Saudade.

  • Note d'intention

« La pièce pose la question de la constance amoureuse. N’aime-t-on que ce qu’on ne peut avoir ? A partir de quel geste ou de quel discours prend-on l’autre de force ? Le Prince ne force-t-il pas les sentiments de Sylvia et d’Arlequin, en utilisant ce stratagème ? Il est effectivement important de prendre très au sérieux la volonté de destruction amoureuse du clan du prince. On assiste bel et bien à un jeu de massacre amoureux, qui peu à peu deviendra consenti. Mais d’où vient ce consentement ? D’un réel désir ou d’une violation amoureuse ? Les questions paradoxales autour du désir et de l’amour sont ici posées. C’est un double rite initiatique : Sylvia et Arlequin dans cette journée d’épreuves amoureuses deviendront des adultes au prix de leurs serments enfantins.

Tout avait commencé par un pacte d’amour : deux amants Sylvia et Arlequin voulaient protéger leur passion. Mais le jeune prince, sous les traits d’un cavalier tombe fou amoureux de Sylvia. La loi de son pays lui interdit de la prendre par la force ; il met alors en place un plan diabolique pour la séparer d’Arlequin et la conduire à l’inconstance.

« Ne songeons qu’à détruire l’amour de Sylvia pour Arlequin » prononce Flaminia au début de l’intrigue. Découlent alors une série de stratagèmes de destructions amoureuses.

Cette phrase liée à la destruction axe ma réflexion sur la mise en scène. Il s’agit bien d’un jeu de massacre amoureux. La vraie scène d’amour reste pour moi celle partagée entre Sylvia et Arlequin : un amour d’enfants, encore pur. Mais, comme dans La dispute, les tentations arrivent de l’extérieur, et peu à peu les amoureux découvrent la manipulation, Sylvia entrevoit les blessures narcissiques naître en elle. L’enfer c’est les autres.

Les héros suivent en effet une sorte de rite initiatique. Un peu comme dans les pastorales de Shakespeare : lorsqu’ils doivent traverser une forêt, symbole d’expérience, pour atteindre la maturité. C’est en posant le parallèle avec Shakespeare que s’est dessiné l’espace avec mon scénographe Alain Lagarde. Décor qui s’appuie sur l’élément minéral de la terre mêlée au goudron sur le devant de la scène et végétal : avec un mur de mousse et de buissons en fond de scène derrière un plexiglass, reste d’une civilisation désormais isolée.

Comme pris dans une folle Nuit de la Saint Jean (je déroule les trois actes depuis le début du jour jusqu’au coucher du soleil), les amoureux traverseront les violences de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte ; tout cela autour d’une même action de destruction amoureuse.

On peut penser aux Liaisons dangereuses : Flaminia en Merteuil, complice d’un prince, sorte de Valmont mélancolique ; prisonnier de son amour qu’il croit invincible. Mais qui peut vraiment dire s’ils aimeront encore quand ils posséderont l’objet de leur désir ? Évidemment Marivaux tourne là encore autour d’une de ses obsessions principales : ne désirons que ce que l’on ne peut posséder ? Et ce désir-là peut-il devenir amour ? C’est bien à cet endroit de questionnement que nous nous retrouvons. »

« Si cette oeuvre prête tant à rêver, c'est qu'elle est elle-même un champ de bataille, ou un carrefour de rêves. » Henri Coulet et Michel Gilot, Notice de La Double Inconstance, Gallimard, coll. « Bibliothèque la Pléiade », p. 851

Philippe Calvario

  • Extrait

Sylvia : Oh ! ce que je veux ! j’attends qu’on me le dise ; j’en suis encore plus ignorante que vous. Voilà Arlequin qui m’aime ; voilà le prince qui demande mon coeur ; voilà vous qui mériteriez de l’avoir ; voilà des femmes qui m’injurient, et que je voudrais punir ; voilà que j’aurai un affront, si je n’épouse pas le Prince. Arlequin m’inquiète ; vous me donnez du souci, vous m’aimez trop ; je voudrais ne vous avoir jamais connu, et je suis bien malheureuse d’avoir tout ce tracas-là dans la tête.
(...)

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Emmanuel G. (1 avis) 24 mars 2019

Excellente distribution d’acteurs justes et précis dans une très belle mise en scène.
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Françoise F. (18 avis) 13 mars 2019

Très agréable soirée avec la superbe langue de Marivaux, pièce intéressante et bien jouée.
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