
Une violence qui se retourne contre elle-même. La poésie noire et brute de L’Arbre à sang d'Angus Cerini devient musicale et corporelle dans la mise en scène de Tommy Milliot, défendue par trois femmes au plateau.
À partir de 14 ans
Les mots sonnent dans L’Arbre à sang, comme souvent chez Tommy Milliot, laissant entendre la musicalité de la langue. Cette caractéristique habituelle de ses mises en scène est accentuée pour cette pièce par son choix d’adapter le texte de l’Australien Angus Cerini qui écrit souvent lui-même à l’oreille, laissant au son le soin de créer du sens.
Dans un dépouillement scénique, les répliques des trois actrices claquent, donnent un rythme et s’accordent avec les bruits des pas résonnant sur le sol et les déplacements des seules trois chaises pour décor. La distribution est de haute volée.
C’est l’histoire d’une mère (Dominique Hollier, également la traductrice de la pièce) et de ses deux filles (jouées par Lena Garrel et Aude Rouanet) qui viennent de tuer leur mari et père, violent et incestueux. Isolées dans une ferme, elles cherchent à faire disparaître le corps. Dans cet univers appartenant au grotesque noir, la brutalité des faits rejoint la langue hachée et la précision sèche des mouvements, tandis que le jeu des trois comédiennes abolit la frontière avec le public.
J’ai beaucoup écrit sur la violence masculine, la plupart de mes textes en parle. Un collègue avait un projet autour des cicatrices portées par les femmes. Il m’a demandé de contribuer et j’ai eu l’idée d’un texte pour trois actrices, une mère et ses deux filles. Je me suis tout d’abord posé la question « Quel est le pire qu’on puisse accomplir ». Et j’ai mis les trois personnages dans la situation d’avoir tué quelqu’un. Puis je me suis demandé qui elles pourraient avoir tué, qui méritait de mourir. Et j’ai pensé qu’un père et mari agresseur sexuel méritait de mourir. C’est comme ça que la pièce a démarré. Ensuite, il s agissait d’aider ces trois femmes à s'en tirer, je voulais qu'elles s'en sortent, qu’elles ne se fassent pas prendre. Je voulais parler de la violence des hommes que les femmes subissent et de comment nous, en tant que société nous restons là sans intervenir.
En Australie, il y a un genre théâtral ou disons un courant littéraire qui se passe dans le bush, des textes faits de violence, d’outrance, de brutalité. Il y a par exemple Wake in fright de Kenneth Cook (le livre puis le film), Mad Max ou bien encore la musique de Nick Cave. Courant qu’on pourrait appeler le grotesque noir. L’Australie, c’est violent. Est-ce à cause de la manière dont le pays s’est formé à travers des massacres, des génocides En déménageant dans le bush il y a quelques années, j’ai constaté cette violence, une violence permanente. Il y a par exemple une quantité d’animaux morts tués sur la route, mais aussi les incendies, les tempêtes de poussière, les abris qui tombent. C’est un peu ça que je cherchais et que j’ai essayé de faire.
Angus Cerini
Un texte sobre et puissant , des comédiennes formidables dans un jeu contenu et pourtant très expressif, une mise en scène surprenante… ça défrise !
Réservé via Theatreonline
Pour 1 Notes
Un texte sobre et puissant , des comédiennes formidables dans un jeu contenu et pourtant très expressif, une mise en scène surprenante… ça défrise !
Réservé via Theatreonline
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