
Coup de cœur de la rédaction Le 14 janvier 2026
Été 1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte. Bien que ce soit un crime puni par la loi, elle ne veut pas garder l’enfant. Elle veut avorter.
Été 1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte. Bien que ce soit un crime puni par la loi, elle ne veut pas garder l’enfant. Elle veut avorter. Solidaire, sa mère, Michèle puis Lucette, Renée et Micheline mettent tout en œuvre pour l’aider. Mais l’avortement clandestin tourne mal… Automne 1972. Toutes les femmes se retrouvent inculpées. Une certaine avocate, Maître Gisèle Halimi, orchestrera ce procès, le procès de Bobigny. Leur courage a écrit la suite de l’Histoire.
« La honte, la culpabilité et le silence étouffent encore les avortements une cinquantaine d’année plus tard. Je réalise que c’est aujourd’hui comme hier le parcours d’une combattante solitaire, invisible, coupable et muette que les femmes traversent quand elles décident d’avorter. On ne partage pas ce genre d’histoire. Pas dans ce monde où l’homme hérite de tous les pouvoirs et le codifie depuis la nuit des temps. » nous dit Madame R., une employée du planning familial.
Il nous est évident, sans avoir fait aucune recherche encore, qu’il est important de donner à entendre et parler des IVG.
Pourquoi ? Nous le savons, nous l’entendons, les tabous demeurent, la diabolisation de l’acte dicte encore ses lois, le corps des femmes reste un enjeu politique. Dans certaines grandes démocraties ce droit subit encore des remises en question, des reculs et des chahuts. En France même, il vient se placer au centre des questionnements lors de changement de gouvernement, de campagnes électorales. Il clive et anime les conservateurs. Pourtant l’IVG est un droit à choisir sa grossesse, à disposer de son corps et de sa vie pour une femme. Un droit à disposer d’elle-même.
Nous entrons dans le travail par une documentation sociale, juridique et culturelle des droits des femmes de cette époque. Nous notons tout d’abord que les femmes se rassemblent, se parlent et qu’elles sont véritablement de tous horizons. Femmes au foyer, salariées, intellectuelles, jeunes et moins jeunes... De plus, nous remarquons qu’elles ne sont pas forcément militantes et/ou féministes. Elles sont là pour leurs droits. Simplement là. On note également leur puissante volonté de s’unir pour avancer. (Les 343 salopes, manifestations pour la libération des droits des femmes de 1968 à 1972.) Ce constat est puissant. C’est la sororité dont ont fait preuve toutes ces femmes et la vie de Gisèle Halimi qui va inspirer et motiver la forme dramatique de notre écriture.
Puis, plus nous zoomons sur l’histoire spécifique du Procès de Bobigny plus apparaît cette « solidarité sans manif’ ». Celle que nous baptisons « la solidarité de voisinage », « la solidarité de palier », la solidarité féminine. Cette sororité spontanée, naturelle et sans condition nous happe.
Ensuite nous nous documentons sur ces mêmes points, au présent, en allant à la rencontre de femmes, d’hommes, de médecins, gynécologue, d’avocat.e.s, juges, sociologues, centre de planification, associations féministes et militantes, nous visionnons, lisons.
En parallèle, nous nous passionnons de l’histoire de vie de Gisèle Halimi et entrons en contact avec elle, de son association Choisir la cause des femmes et de son actuelle présidente Violaine Lucas.
Le constat : certes les droits des femmes avancent mais chaque jour, un grand nombre d’évènements politiques, sociaux et culturelles viennent nous rappeler que : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant. » Simone de Beauvoir
Les acteurs sont excellents, la mise en scène très réussie, le sujet abordé essentiel. Je faisais partie du public au fait de ce procès, mais j’ai entendu en sortant des jeunes femmes dire qu’elles allaient se renseigner sur Gisèle Halimi et son combat sur Wikipédia. Important !
Réservé via Theatreonline
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Les acteurs sont excellents, la mise en scène très réussie, le sujet abordé essentiel. Je faisais partie du public au fait de ce procès, mais j’ai entendu en sortant des jeunes femmes dire qu’elles allaient se renseigner sur Gisèle Halimi et son combat sur Wikipédia. Important !
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