
Coup de cœur de la rédaction Le 22 janvier 2026
Une nuit, à Calais. Un migrant entre chez un marchand de kebabs, du nom d'Homère. On apprend qu'il vient d'Algérie et qu'il a traversé la Méditerranée.
Une nuit, à Calais. Un migrant entre chez un marchand de kebabs, du nom d'Homère. On apprend qu'il vient d'Algérie et qu'il a traversé la Méditerranée.
À la différence d'Ulysse à Ithaque, Rida ne reviendra jamais à Alger : il veut passer en Angleterre. Homère l’écoute avec bienveillance, il raconte son épopée.
« Beau et puissant seul-en-scène, joué admirablement par Melki Izzouzi. C’est fort, drôle, et touchant. » Télérama TTT
« Voici une pépite d’écriture, de jeu, de mise en scène. [...] Homère Kebab bénéficie de la radieuse évidence d’un grand talent : Melki Izzouzi. » Le journal d'Armelle Héliot
« Une belle découverte humaine et sensible. » L’Humanité
« Une pièce à voir absolument pour sa tendresse, son humour, une émotion discrète et totalement assumée. » La Souriscène
« Melki Izzouzi nous fait vivre cette épopée avec une implication et un engagement remarquables. » L’Autre Scène
« Odyssée narrée avec talent par l’acteur Melki Izzouzi. » Choses Vues
« Une aventure humaine passée au filtre un peu chic de la mythologie, mais qui ne peut laisser insensible. » Arts Chipels
« Ce spectacle, interprété avec brio par Melki Izzouzi, nous rappelle à notre devoir d’humanité. » Sur les Planches
« On ressort d’Homère Kebab avec l’envie de mieux regarder autour de soi, plus justement. » Un Fauteuil pour l’Orchestre
« Joué avec une belle dextérité et une énergie lumineuse par Melki Izzouzi. » Reg'Arts
Homère kebab est le monologue d’un migrant à Calais. Rida, c’est Ulysse, comme tous les migrants le sont en puissance. Homère, c’est le kébabier, un marchand à qui le héros parle, tout comme on peut imaginer Ulysse parler à l’aède. Le spectacle oscille entre un temps mythique et notre contemporanéité. L’espace du plateau sera rendu à une épure : un tabouret, des néons, un sac Lidl. Les éclairages et le son feront figurer le personnage tour à tour en Algérie, à Calais, sur une zone de fret éclairée aux néons, dans le kebab… Melki Izzouzi incarnera ce héros au destin épique. Rida est candidat à l’exil comme Antigone à sa propre mort. Rida a enfreint les lois de la cité. C’est un ancien footballeur algérien. Il était avant-centre dans l’équipe des Fennecs. La tragédie de sa situation est démentie par son humour et son optimisme (rien n’est plus dérisoire que le tragique). Homère kebab n’est pas une pièce politique. C’est un conte philosophique, qui parle d’un homme pris dans les affres d’une histoire qui le dépasse. C’est une réflexion sur la condition humaine, sans militantisme, sans manichéisme, sans pathos. À travers le regard de Rida, se pose la question de l’exténuation de la sensibilité et de l’empathie dans l’Occident contemporain. Qui regardons-nous quand nous voyons les migrants dans notre écran de télévision ? Comment tendre la main, le cœur sec ?
En écrivant Homère Kebab, je souhaitais fondre les caractéristiques mythologiques empruntées à Ulysse avec l’image la plus invisibilisée qui soit d’un migrant. La décennie noire à Alger fournirait une toile de fond politique à son exil. Je voulais dire la détresse des hommes forcés à fuir leur pays d’origine et la fin de non-recevoir de l’hospitalité occidentale. Et puis, au-dessus de tout ça, figurer le fatum grec lorsqu’on enfreint les lois de la cité (appliquées à nos sociétés sans autre dieux que le profit). Je réservais mon admiration pour Aziz Chouaki et Sotigui Kouyate; l’un, dramaturge algérois à la langue torrentielle et acerbe ; l’autre, burkinabé, griot et dépositaire d’une mémoire ancestrale.
Benoit Lepecq
77 rue de Charonne 75011 Paris