
Coup de cœur de la rédaction Le 8 juin 2026
La série théâtrale Huit rois (nos présidents) brosse le portrait des huit présidents de la Ve République. Après en avoir présenté les épisodes sur J. Chirac, F. Mitterrand et V. Giscard d’Estaing, Léo Cohen-Paperman revient avec SarkHollande (comédie identitaire).
Le public assistera à un stand-up (épisode 4).
2005. Nicolas Sarkozy entre sur la scène d’un Comedy club. Il va traverser sous la forme d’une huitaine de sketchs les moments-clés de la campagne qui l’a mené à l’Elysée, puis de son quinquennat au pouvoir (du « kärcher » à la campagne identitaire de 2012, en passant par la crise économique de 2008 et sa rencontre avec Carla Bruni). Pendant la représentation, Nicolas Sarkozy entrera en contact, et parfois en confrontation, avec le public du spectacle. Ici, le rire est jouissif parce que provoquant, urticant, méchant — bref, on parlera d’un rire « de droite ». Le stand-up devient la métaphore de l’incarnation du pouvoir « sarkozienne » : transgressions, amour et exposition de soi, vivacité. En 2012, alors qu’il veut rester sur scène, N.Sarkozy est chassé de la scène par François Hollande.
Le public assistera à un spectacle de clown (épisode 5).
2012. Le clown de F.Hollande entre en scène, plein de promesses de changement, parce que « le changement, c’est maintenant ». Las ! Son bureau est de travers, les problèmes de la France — chômage, crise économique, terrorisme — pèsent lourd et tout se casse la figure malgré la bonne volonté du clown. Ici, le spectacle change de nature. Un autre rire est convoqué, un rire plus naïf, moins méchant, plus rassembleur peut-être aussi — bref, un rire « de gauche. » Le spectacle du clown, comme, peut-être, le mandat de F.Hollande, sera balayé par les attentats djihadistes de 2015, au cours desquels selon les mots du Président « ce sont des Français qui ont tué d’autres Français. » Alors que s’égrènent les noms des victimes des attentats, une spectatrice interrompt le spectacle… Elle s’appelle Leïla Merabet. Jeune femme issue de l’immigration maghrébine, elle va raconter, dans un récit épique à la croisée des chansons de geste médiévales et de la série Bref, les splendeurs et les misères de son parcours : avocate d’affaire, elle vote Nicolas Sarkozy en 2007 — parce qu’elle se retrouve dans l’ambition du candidat de la droite, parce qu’elle aime sa capacité à transgresser les codes, parce qu’il défend ses intérêts. Puis, devant le tournant identitaire pris par la campagne du Président en 2012, Leïla Merabet finira par voter François Hollande. Sa vie prendra un tournant inattendu lorsqu’elle tombera amoureuse, le soir du 6 mai 2012, de Ludovic Müller, un jeune artiste issu de la France périphérique. Ensemble, ils formeront un couple qui se déchirera en même temps que la société française devant la montée du terrorisme djihadiste.
« Ce chapitre dense de notre histoire, pas si lointaine, est une réussite. Les souvenirs affluent. Les réflexions sur l’avenir se faufilent. Autre fil conducteur de cette ambitieuse saga, son hommage au théâtre dans toute sa richesse. Léo Cohen-Paperman pose aussi la question du vivre-ensemble dans la comédie humaine. C’est remarquable. » Coup d'Œil
« Deux présidents caricaturés (Clovis Fouin et Valentin Boraud, formidables), au cœur d’une décennie marquée par les attentats. » Télérama
Clovis Fouin est saisissant en Nicolas Sarkozy, Valentin Boraud joue à merveille un clown qui incarne François Hollande et Ada Harb m’a impressionnée avec ce morceau de bravoure, son monologue est enthousiasmant. Bravo !
Réservé via Theatreonline
Quand on a commencé la collection, on a envie de la compléter, même si l’on a trouvé les épisodes précédents inégaux : j’avais trouvé excellente la pièce sur Giscard, bonne celle sur Chirac et n’avais pas aimé celle sur Mitterand. Le lien entre les pièces a cette fois disparu : on ne peut relier celle-ci aux trois premières, la saga familiale a disparu (ou alors le lien m’a échappé). Ce nouvel opus est en trois parties. Première partie, un stand-up de Sarkozy : pas mauvais mais un peu piégeux car on oscille en permanence entre premier et second degrés, un exercice pas facile, souvenons-nous de Coluche qui était parfois applaudi à revers de ce qu’il souhaitait. Si l’on met de côté ses préférences politiques et que l’on n’examine que la forme, la seconde partie, Hollande en clown, est la plus réussie, avec un vrai clown qui sait nous faire rire et parfois nous émouvoir. La troisième partie est jouée avec talent mais n’apporte pas grand chose. Sa limite est celle de l’ensemble du spectacle, sous-titré « Comédie identitaire » : on n’est pas certain de bien comprendre comment les auteurs se positionnent par rapport à ce qui est devenu l’obsession de la droite française depuis Sarkozy : l’identité nationale.
Réservé via Theatreonline
Pour 2 Notes
Clovis Fouin est saisissant en Nicolas Sarkozy, Valentin Boraud joue à merveille un clown qui incarne François Hollande et Ada Harb m’a impressionnée avec ce morceau de bravoure, son monologue est enthousiasmant. Bravo !
Réservé via Theatreonline
Quand on a commencé la collection, on a envie de la compléter, même si l’on a trouvé les épisodes précédents inégaux : j’avais trouvé excellente la pièce sur Giscard, bonne celle sur Chirac et n’avais pas aimé celle sur Mitterand. Le lien entre les pièces a cette fois disparu : on ne peut relier celle-ci aux trois premières, la saga familiale a disparu (ou alors le lien m’a échappé). Ce nouvel opus est en trois parties. Première partie, un stand-up de Sarkozy : pas mauvais mais un peu piégeux car on oscille en permanence entre premier et second degrés, un exercice pas facile, souvenons-nous de Coluche qui était parfois applaudi à revers de ce qu’il souhaitait. Si l’on met de côté ses préférences politiques et que l’on n’examine que la forme, la seconde partie, Hollande en clown, est la plus réussie, avec un vrai clown qui sait nous faire rire et parfois nous émouvoir. La troisième partie est jouée avec talent mais n’apporte pas grand chose. Sa limite est celle de l’ensemble du spectacle, sous-titré « Comédie identitaire » : on n’est pas certain de bien comprendre comment les auteurs se positionnent par rapport à ce qui est devenu l’obsession de la droite française depuis Sarkozy : l’identité nationale.
Réservé via Theatreonline
7 rue Louis Le Grand 75002 Paris