
Après Les Damnés, Électre / Oreste et Tartuffe ou l’Hypocrite, Ivo Van Hove retrouve la troupe de la Comédie-Française pour se confronter à Hamlet, l’une des plus vertigineuses tragédies de Shakespeare, monument du répertoire occidental.
Surtitré en anglais - Représentations avec audiodescription les jeudi 12 et samedi 14 mars
À travers une distribution resserrée, le metteur en scène belge plonge dans la subjectivité tourmentée du prince danois, marqué par la disparition soudaine de son père et par le remariage précipité de sa mère avec son oncle, usurpateur du trône.
Scène après scène, Ivo Van Hove transforme le plateau en territoire mental, reflet de la confusion d’Hamlet, pour mieux saisir le moment de bascule où la jeunesse, humiliée et impuissante, glisse vers la violence et la destruction. Car si Hamlet croit d’abord pouvoir s’en remettre aux pouvoirs du théâtre pour rétablir la vérité sur l’assassinat du roi, c’est bien la vengeance qui, insidieusement, s’impose comme l’issue inévitable.
Ivo van Hove nous livre une adaptation qui tient la route, différente de celle de Peter Brook en son temps mais tout aussi claire qu’elle. Mentionnons aussi la scénographie, à base de rideaux, simple et efficace. Il y ajoute quelques tics de mise en scène : le classique homme-à-poil-qui-n’apporte-rien-à-l’action et des chansons d’aujourd’hui en anglais qu’on pourrait juger inutiles si on n’en avait pas - heureuse idée - le surtitrage en français, qui nous aide à apprécier leur opportunité. Florence Viala, Denis Podalydès et, surtout, Guillaume Gallienne sont au sommet de leur art. Dommage que le tout soit légèrement terni par des ratés qu’on n’attend pas à ce niveau : Christophe Montenez, trop confiant en son micro, n’articule pas et, dans certaines scènes, la mise en place des comédien.nes cache au spectateur des éléments essentiels à la compréhension de l’action, en tout cas pour des spectateurs novices. Par exemple, la scène de théâtre dans le théâtre est confuse, on ne voit pas fonctionner le piège tendu par Hamlet à Claudius; ou encore, à la fin, on ne voit pas à quel moment Hamlet entre en contact avec le poison. Le tout demeure de très bonne facture, alliant originalité et fidélité sinon à la lettre mais à l’esprit de Shakespeare.
C’est une version radicale — et clivante — d’“Hamlet” : c'est le théâtre qui bouscule, qui fait redescendre une tragédie classique dans notre époque et dans une écriture scénique très inventive, cette mise en scène peut être fascinante. Van Hove place le public au cœur de la conscience d’Hamlet, transformant le plateau en une sorte de territoire mental et émotionnel plutôt qu’en cadre réaliste classique. C’est une lecture viscérale et un théâtre total où la musique, les chorégraphies et la lumière jouent un rôle aussi essentiel que les mots. Performances des acteurs notamment Christophe Montenez. Courez-y !
Réservé via Theatreonline
Ok avec commentaires d'Anne-Marie dont je reprends une partie des propos : "Par Anne-marie V. (1 avis) - 31 janvier 2026 à 12h29 Moi aussi "J’y allais avec une certaine inquiétude après avoir lu les critiques (...) qui peu ou prou démolissaient le spectacle. (...) Même si je n’ai pas été en accord avec TOUTE la mise en scène, j’ai eu du plaisir à partager cette représentation qui a été applaudie+++. Les acteurs sont excellents, et pas seulement les exceptionnels Podalydès et Galliene au mieux de leur forme. (...) L’acteur qui joue Hamlet, une révélation ! Spectacle fort, vigoureux, parfois très drôle aussi. Il faut aller le voir, c’est réjouissant."
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J'ai aimé cette interprétation de Hamlet. Pas LE Hamlet de Shakespeare, mais UN Hamlet. De très très bons acteurs et une mise en scène "culottée". Par contre, j'ai trouvé qu'il y avait des problèmes de son, notamment pour l'acteur qui joue Hamlet. On comprend que beaucoup de ses dialogues sont introspectifs, mais du coup il ne nous en fait pas beaucoup profiter !
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Evidemment, le texte est le plus important. Est-ce une raison pour ne laisser que cela ?
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Je ne suis ni expert de Shakespeare, ni puriste. Je n'ai rien contre les mises en scène contemporaines, ni contre les relectures modernes d'oeuvres classiques. Cela étant, j'ai profondément détesté cet Hamlet. Pas pour les acteurs, qui font ce qu'ils peuvent avec ce que la mise en scène leur donne, et qui s'en sortent correctement malgré quelques problèmes de micro et de diction. La musique de fond omniprésente et inutile n'aide pas non plus à comprendre un texte dont la traduction, assumant une modernisation et un élagage du texte original, omet ou simplifie des passages essentiels de l'oeuvre. Mais ces défauts pâlissent en comparaison de passages musicaux insupportables, insérés au forceps, issus d'un répertoire aussi consensuel que mal à propos. On y retrouve pêle-mêle une chorégraphie dénudée, peinturlurée et fainéante sur Bohemian Rhapsody, ou une molle reprise de Stromae, plus slamée sans conviction que réellement chantée. Au-delà de la grossièreté et des artifices, la seule réelle subversion de la pièce sera d'assimiler les interactions entre Hamlet et Fortinbras à une radicalisation masculiniste, terriblement d'actualité. Mais même ici, toute la portée symbolique se résumera à un codage vestimentaire cliché, l'unique morceau de bravoure de la pièce ne pisse pas plus loin. En synthèse, cette relecture est désagréable et autoparodique, singulière pour le seul plaisir de l'être, et de plaire à quelques bourgeois gentilhommes qui confondent vulgarité et modernisme.
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Je comprends que cette mise en scène puisse frustrer, dérouter ou énerver. Je ne suis pas surpris que certains soient sortis avant la fin. Je ne m'attendais pas à une version classique, je n'ai pas été déçu. Je m'attendais à quelque chose d'intense, je n'ai pas été déçu. Je ne m'attendais pas à entendre Bohemian Rhapsody ou Nick Cave dans une pièce de Shakespeare, j'ai adoré !
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Ivo van Hove nous livre une adaptation qui tient la route, différente de celle de Peter Brook en son temps mais tout aussi claire qu’elle. Mentionnons aussi la scénographie, à base de rideaux, simple et efficace. Il y ajoute quelques tics de mise en scène : le classique homme-à-poil-qui-n’apporte-rien-à-l’action et des chansons d’aujourd’hui en anglais qu’on pourrait juger inutiles si on n’en avait pas - heureuse idée - le surtitrage en français, qui nous aide à apprécier leur opportunité. Florence Viala, Denis Podalydès et, surtout, Guillaume Gallienne sont au sommet de leur art. Dommage que le tout soit légèrement terni par des ratés qu’on n’attend pas à ce niveau : Christophe Montenez, trop confiant en son micro, n’articule pas et, dans certaines scènes, la mise en place des comédien.nes cache au spectateur des éléments essentiels à la compréhension de l’action, en tout cas pour des spectateurs novices. Par exemple, la scène de théâtre dans le théâtre est confuse, on ne voit pas fonctionner le piège tendu par Hamlet à Claudius; ou encore, à la fin, on ne voit pas à quel moment Hamlet entre en contact avec le poison. Le tout demeure de très bonne facture, alliant originalité et fidélité sinon à la lettre mais à l’esprit de Shakespeare.
C’est une version radicale — et clivante — d’“Hamlet” : c'est le théâtre qui bouscule, qui fait redescendre une tragédie classique dans notre époque et dans une écriture scénique très inventive, cette mise en scène peut être fascinante. Van Hove place le public au cœur de la conscience d’Hamlet, transformant le plateau en une sorte de territoire mental et émotionnel plutôt qu’en cadre réaliste classique. C’est une lecture viscérale et un théâtre total où la musique, les chorégraphies et la lumière jouent un rôle aussi essentiel que les mots. Performances des acteurs notamment Christophe Montenez. Courez-y !
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Ok avec commentaires d'Anne-Marie dont je reprends une partie des propos : "Par Anne-marie V. (1 avis) - 31 janvier 2026 à 12h29 Moi aussi "J’y allais avec une certaine inquiétude après avoir lu les critiques (...) qui peu ou prou démolissaient le spectacle. (...) Même si je n’ai pas été en accord avec TOUTE la mise en scène, j’ai eu du plaisir à partager cette représentation qui a été applaudie+++. Les acteurs sont excellents, et pas seulement les exceptionnels Podalydès et Galliene au mieux de leur forme. (...) L’acteur qui joue Hamlet, une révélation ! Spectacle fort, vigoureux, parfois très drôle aussi. Il faut aller le voir, c’est réjouissant."
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J'ai aimé cette interprétation de Hamlet. Pas LE Hamlet de Shakespeare, mais UN Hamlet. De très très bons acteurs et une mise en scène "culottée". Par contre, j'ai trouvé qu'il y avait des problèmes de son, notamment pour l'acteur qui joue Hamlet. On comprend que beaucoup de ses dialogues sont introspectifs, mais du coup il ne nous en fait pas beaucoup profiter !
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Evidemment, le texte est le plus important. Est-ce une raison pour ne laisser que cela ?
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Je ne suis ni expert de Shakespeare, ni puriste. Je n'ai rien contre les mises en scène contemporaines, ni contre les relectures modernes d'oeuvres classiques. Cela étant, j'ai profondément détesté cet Hamlet. Pas pour les acteurs, qui font ce qu'ils peuvent avec ce que la mise en scène leur donne, et qui s'en sortent correctement malgré quelques problèmes de micro et de diction. La musique de fond omniprésente et inutile n'aide pas non plus à comprendre un texte dont la traduction, assumant une modernisation et un élagage du texte original, omet ou simplifie des passages essentiels de l'oeuvre. Mais ces défauts pâlissent en comparaison de passages musicaux insupportables, insérés au forceps, issus d'un répertoire aussi consensuel que mal à propos. On y retrouve pêle-mêle une chorégraphie dénudée, peinturlurée et fainéante sur Bohemian Rhapsody, ou une molle reprise de Stromae, plus slamée sans conviction que réellement chantée. Au-delà de la grossièreté et des artifices, la seule réelle subversion de la pièce sera d'assimiler les interactions entre Hamlet et Fortinbras à une radicalisation masculiniste, terriblement d'actualité. Mais même ici, toute la portée symbolique se résumera à un codage vestimentaire cliché, l'unique morceau de bravoure de la pièce ne pisse pas plus loin. En synthèse, cette relecture est désagréable et autoparodique, singulière pour le seul plaisir de l'être, et de plaire à quelques bourgeois gentilhommes qui confondent vulgarité et modernisme.
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Je comprends que cette mise en scène puisse frustrer, dérouter ou énerver. Je ne suis pas surpris que certains soient sortis avant la fin. Je ne m'attendais pas à une version classique, je n'ai pas été déçu. Je m'attendais à quelque chose d'intense, je n'ai pas été déçu. Je ne m'attendais pas à entendre Bohemian Rhapsody ou Nick Cave dans une pièce de Shakespeare, j'ai adoré !
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Je n'ai pas du tout apprécié la mise en scène et le jeu des comédiens. Impression de vacarme, d'une agitation dénuée de sens, d'un décalage entre le message et le procédé pour le faire passer. Je suis partie avant la fin, c'était insupportable.
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J’y allais avec une certaine inquiétude après avoir lu les critiques du Monde, de Libération, de Télérama, du Figaro, qui peu ou prou démolissaient le spectacle. Sidérant car, même si je n’ai pas été en accord avec TOUTE la mise en scène, j’ai eu un plaisir fou à cette représentation. Les acteurs sont excellents, et pas seulement les exceptionnels Podalydès et Galliene au mieux de leur forme ( comment une critique a-t-elle osé ce commentaire inepte: » Podalydès et Galliene cabotinent et font du P. et du G.. » ? Mystère. J’en veux à ces critiques qui veulent faire des « bons » mots sans chercher à justifier leur utilisation du couperet! L’acteur qui joue Hamlet, une révélation ! Spectacle fort, vigoureux, parfois très drôle aussi. Il faut aller le voir, c’est réjouissant.
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C'est un spectacle autour d'Hamlet , je ne crois pas que Shakespeare serait d'avis sur l'interprétation du metteur en scène et déçue également de l'interprétation des comédiens , souvent trop violente. La subtilité de l'œuvre ne m'est pas apparue ici.
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C'est pour Guillaume Galienne et Denis Podalydes que j'y suis allée. Et ils ont suffi à mon bonheur. La mise en scène est intéressante mais sans doute un peu prétentieuse. A coup sûr déroutante. Les partis pris peuvent ne pas plaire. J'ai été impressionnée par la scène de théâtre dans le théâtre sur un tube de Queen et montant dans une violence stromboscopique qui m a fait penser à Gaspar Noé. En revanche, la chanson suivante m'a laissé perplexe : niaise ? Et je n'ai pas compris le lien même indirect avec l'intrigue.
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Ivo VAN HOVE invente un ring serpenté de toute part par l’humeur noire de la noblesse shakespearienne, un opéra tragique porté par la troupe du Français et le souffle de Queen, Stromae ou Dylan. Un spectacle aveuglant.
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Place de l'Odéon 75006 Paris