
Avant qu'il ne rencontre Méphistophélès, Faust avait déjà fait face au néant, affronté la crise du langage. Romeo Castellucci, figure centrale du théâtre européen, dont le travail n'a cessé d'affronter les grandes œuvres et les mythes de l'Occident, réécrit ce personnage en le restituant à l'énigme dont il provient.
« Faust, avant même d'être Faust représente l'effondrement vertical du sens, la séparation des mots et des choses. »
Avant qu'il ne rencontre Méphistophélès, Faust avait déjà fait face au néant, affronté la crise du langage. Romeo Castellucci, figure centrale du théâtre européen, dont le travail n'a cessé d'affronter les grandes œuvres et les mythes de l'Occident, réécrit ce personnage en le restituant à l'énigme dont il provient.
À travers le récit de Faust, il cherche à révéler la via negativa du langage, cette puissance négative, qui divise le sujet parlant – à l'image du diabolique qui, lui aussi, scinde le sujet en deux parties, comme le rappelle l'étymologie grecque. Avec le compositeur Scott Gibbons, son collaborateur de longue date, il donne voix à cette fracture originaire, source de toute création. Pour le metteur en scène italien, cette obscurité n'est pas un défaut de notre temps, mais sa vérité même. Il rappelle ainsi les paroles de Giorgio Agamben : « est contemporain celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps ». Faust serait donc l'un des premiers à être véritablement « contemporain ».
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