
Jean Anouilh s’inspire de la tragédie de Sophocle pour composer, en pleine Occupation, une œuvre emblème de toutes les résistances.
Antigone, c’est le farouche cri de colère de la jeunesse envers l’autorité arbitraire. C’est la voix vive de l’instinct s’opposant aux diktats humains. Jean Anouilh s’inspire de la tragédie de Sophocle pour composer, en pleine Occupation, une œuvre emblème de toutes les résistances.
Antigone aura-t-elle raison du Roi Créon, dont elle a bravé l’interdiction d’enterrer son frère sous peine de mort ? Et le Roi son oncle usera-t-il de son pouvoir pour la sauver ou pour donner l’exemple de l’intransigeance ?
À ce terrible bras de fer entre le respect de l’Homme et celui de la Loi des hommes, qui sortira vainqueur ?
Distribution en alternance.
Mettre en scène Antigone aujourd’hui, c’est poser un acte de foi dans la puissance intemporelle et universelle du théâtre. Écrite sous l’Occupation, la pièce est née d’un contexte d’urgence, mais sa force dépasse largement ce cadre historique. Aujourd’hui, elle résonne avec une acuité particulière car elle interroge le cœur des crises que nous connaissons, la confrontation entre la loi et la justice, entre la raison d’État et la conscience individuelle.
Dans une époque marquée par la polarisation politique et par l’engagement passionné de la jeunesse face aux urgences climatiques ou sociales, le « non » absolu d’Antigone est d’une actualité saisissante. Car le mobile d’Antigone est tout simple : elle souhaite préserver le respect de l’Homme, en s’assurant de la dignité de la sépulture d’un frère, au-delà de toute injonction contraire, d’où qu’elle vienne (de la raison, de la famille, de l’autorité incarnée par son oncle le Roi Créon). Elle incarne le refus du compromis, la défense farouche d’un idéal personnel, animal, instinctif. La pièce interroge in fine les limites au-delà desquelles chacun d’entre nous abandonne la défense de ses convictions, et la légitimité d’une loi inique jugée injuste.
Didier Long
75, boulevard du Montparnasse 75006 Paris