
Hubert Colas porte à la scène le poème dramatique de Laura Vazquez, Zéro, et fait entendre le cycle d'un rêve d'unité que l'altérité, infiniment, défait.
est-ce que tu voudrais que deux personnes soient un vide
oui
est-ce sûr tu voudrais que ces deux personnes soient toi et moi
oui
tu voudrais que je nous débarrasse
oui
Une fille est morte. Sa mère la pleure. Mais avant cela, deux filles qui s'aiment. Chaque jour, entre le lever et le coucher du soleil, un désir irrépressible de fusion : absorber l'autre, être absorbée, devenir une seule. Ou plutôt, être « le zéro », une ligne fermée dont les extrémités se rejoignent, la quantité nulle et l'absence.
Hubert Colas porte à la scène le poème dramatique de Laura Vazquez, Zéro, et fait entendre le cycle d'un rêve d'unité que l'altérité, infiniment, défait. Pour accueillir l'écriture si vibrante de cette passion insoluble, le metteur en scène et scénographe invente un espace vide, conçu comme une chambre claire, où s'impriment sur des écrans les visages décuplés des interprètes. Dans cette épure, leurs voix résonnent parmi les traces matérielles d'une vie commune déjà reléguée à l'oubli. Un dispositif trifrontal, où le public devient le dernier témoin d'une troublante reconstitution – celle d'un face-à-face que tout a mené, inexorablement, au néant.
1, rue André Suarès 75017 Paris
Entrée du public : angle de la rue André Suarès et du Bd Berthier.