
Après le succès d’Un garçon d’Italie, Mathieu Touzé poursuit l’exploration de l’œuvre de Philippe Besson, en s’emparant de son dernier texte, Vous parler de mon fils.
À Saint-Nazaire, Vincent et Juliette avancent dans un cortège silencieux, entourés d’inconnus venus rendre hommage à leur fils Hugo, 14 ans, victime de harcèlement. Porté par un monologue intérieur, Vincent revisite les souvenirs, les silences et les signes manqués, dans une tentative bouleversante de comprendre l’incompréhensible.
Dans ce puissant réquisitoire contre la violence ordinaire, la bêtise et l’intolérance, l’auteur explore les blessures intimes du deuil, analyse les mécanismes insidieux du harcèlement, et met en lumière les responsabilités collectives face à l’un des fléaux de notre époque.
Le harcèlement scolaire est venu plus tard, comme une mécanique implacable : une cible, une meute, des témoins. Une violence ordinaire, presque légitime, qui décide de ce qui est acceptable ou non. Dans Vous parler de mon fils, cette violence devient frontale. L’homophobie humilie, isole, réduit au silence. Elle pousse à mentir, à minimiser, à disparaître. Le harcèlement ne détruit pas seulement par ce qu’il fait, mais par ce qu’il empêche : parler, demander de l’aide, exister. À force, cette violence s’installe en soi, comme une seconde peau. Il y a aussi le regard du père, chargé de préjugés, malgré lui. Un regard social qui écrase et se tait, autorisant la violence. Pas seulement celle qui vient de l’extérieur, mais celle que l’on finit par intérioriser. Et puis il y a l’après. Jusqu’à cette idée intime qu’on dérange, qu’il faudrait presque s’excuser d’exister.
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