
Chaque été, à Marseille, des jeunes s’élancent du haut des rochers pour se sentir pleinement vivants. Depuis les falaises, ils défient le vide pour quelques secondes d’adrénaline. « Quand je saute j’existe » dit l’un d’entre eux. Tout bascule après la mort de Jonas.
Comment annoncer le drame à sa mère ? Comment les vivants œuvrent collectivement pour donner une réponse à cette mort ? Éprouver par le corps toutes ces questions, ressentir le vertige. Et quand les mots ne suffisent plus, c’est par le chant et la danse que Delphine Hecquet retrace le chemin de la consolation, pour apporter une vision poétique et créatrice à l’histoire d’un traumatisme. Composer un requiem pour ceux qui restent.
Sur scène, une merveilleuse troupe de huit interprètes, acteurs, danseurs et chanteurs. Ensemble, ils vont tenter de reconstituer le paysage, de raconter les gouffres qui les traversent, transformer l’absence en présence. La partition s’écrira par glissements successifs, d’un langage à l’autre. Des mots à la danse, du mouvement aux chants, pour venir nous envelopper délicatement. Une ode à la jeunesse qui apprend à dire adieu. Une prière pour les vivants, un rituel à traverser ensemble de tout son corps, de tout son cœur.
« Requiem pour les vivants : magnifique action de grâce. Delphine Hecquet signe un spectacle exceptionnel qui donne une dimension plus acceptable de la mort, celle de ne jamais cesser de dialoguer avec ceux qui restent. » Coup d'œil
« La vie, la mort, ce qui nous lie et nous sépare, la beauté et le tragique, Delphine Hecquet conçoit avec eux et Requiem pour les vivants un spectacle qui mêle théâtre, danse et chant, à la fois simple et complexe, et profondément touchant. » La Terrasse
« La résolution théâtrale, en groupe, est tout simplement, en certains moments, étonnante de force et de beauté. » Frictions
L’écriture de Requiem pour les vivants naît d’un travail préalable sur le corps. C’est une pièce chorale, rythmée par le mouvement, qui se déroule par effets de « glissements », par impressions et sensations. Comme à la lecture d’un poème, d’un conte, ou encore lorsqu’on plonge dans une oeuvre chorégraphique ou opératique, les images et la musique viennent nous raconter une histoire sans toujours avoir recours à notre intelligence, mais plutôt à notre capacité à nous émouvoir, à recevoir du sensible. Ainsi, la présence de la danse et de la musique offre des perspectives narratives plus complexes, notamment en effaçant les frontières entre passé et présent, entre les vivants et les morts.
Ici, les personnages se confrontent au risque suprême, celui de perdre la vie. Cette attirance pour le saut, qu’ils savent être dangereux, n’est pas de l’insouciance. Ils se laissent tomber dans le vide pour vivre ces secondes où il n’y a plus aucune limite, où le corps ne se soumet plus à son propre poids, mais se fond dans l’espace, absorbé par la gravité, libre de tomber, de s’oublier. Et le silence qui précède le contact avec l’eau laisse entrevoir l’Éternité. C’est au prix du risque qu’ils sautent dans l’air puis dans la mer, devant les autres, comme un acte héroïque, un acte plus grand qu’eux, qui les dépasse. Menacer l’équilibre pour tenter de garantir le vivant, tel est l’élan qui les sauve d’une raison bien plus menaçante que la mort.
Les falaises de Marseille sont un territoire naturel aussi sublime que spectaculaire, elles impressionnent : puissance d’un paysage face aux êtres qui s’y confrontent. Requiem pour les vivants cherche à provoquer des sensations chez les spectateurs, qu’ils puissent eux aussi éprouver du vertige, qu’ils respirent avec les protagonistes et puissent, un instant, oublier le risque pour tomber avec eux. C’est dans cette perspective que le spectacle est écrit pour des danseur.euse.s, acteur.ice.s et chanteur.euse.s afin de mêler différents corps représentant la réalité des « sauteurs », et soutenir ce désir d’impressionner, de couper le souffle.
L’espace scénographique permet la coexistence de plusieurs lieux. La maison de Jonas, espace protégé. Le plateau d’une falaise, haut de 3 mètres environ, accueillant ces sauteurs invétérés. Et au lointain, une surface de projection vidéo qui permet de s’approcher des visages et de rendre visibles d’autres lieux. Peu à peu, l’espace réaliste disparaît au profit d’un espace poétique et symbolique où se projette l’imaginaire des personnages.
Delphine Hecquet
Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris
Navette : Sortir en tête de ligne de métro, puis prendre soit la navette Cartoucherie (gratuite) garée sur la chaussée devant la station de taxis (départ toutes les quinze minutes, premier voyage 1h avant le début du spectacle) soit le bus 112, arrêt Cartoucherie.
En voiture : A partir de l'esplanade du château de Vincennes, longer le Parc Floral de Paris sur la droite par la route de la Pyramide. Au rond-point, tourner à gauche (parcours fléché).
Parking Cartoucherie, 2ème portail sur la gauche.