Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ?

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Théâtre du Nord , Lille

Du 26 juin au 02 juillet 2009

CONTEMPORAIN

Dejan Dukovski appartient à une génération qui a commencé à écrire pendant ou après la récente guerre des Balkans. En européanisant ses références, le Macédonien réussit à élargir voire à universaliser l’apocalypse très concrète vécue par son peuple et les peuples voisins en ces années de guerre. Avec les élèves de la 2eme promotion de l'EPSAD.
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Spectacle terminé depuis le 02 juillet 2009

 

Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ?

De

Dejan Dukovski

Mise en scène

Stuart Seide

Avec

Guillaume Bachelé

,

Lucie Boissonneau

,

Lyly Chartiez-Mignauw

,

Marie Clavaguera Pratx

,

Jonathan Devred

,

Antoine Ferron

,

Noémie Gantier

,

Julien Gosselin

,

Sarah Lecarpentier

,

Alexandre Lecroc

,

Gwenaël Przydatek

,

Victoria Quesnel

,

Tiphaine Raffier

,

Géraldine Roguez

,

Renaud Triffault

  • Une violence obsédante

Pour le spectacle de fin d’études de la deuxième promotion de l’École Professionnelle Supérieure d’Art Dramatique, Stuart Seide a choisi l’œuvre d’un jeune auteur macédonien. Dejan Dukovski appartient à une génération qui a commencé à écrire pendant ou après la récente guerre des Balkans. La crise d’identité, on le sait, est propice au théâtre et à ses protagonistes. Ce serait une erreur pourtant de réduire à ses seules origines ethniques et culturelles la violence qui, sous la forme de viols, tortures, meurtres et autres « joyeuses » brutalités, obsède jusqu’à les saturer les pièces de Dejan Dukovski.

  • « Angels in Macedonia »

En dépit d’un titre provocateur qui se rattache quant à lui à toute une modernité théâtrale européenne des années 2000 - de Sarah Kane à Rodrigo Garcia en passant par Marius von Mayenburg -, Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ? est une pièce qui s’inscrit dans la grande tradition littéraire européenne, celle par laquelle, précisément, l’auteur cherche et parvient à désenclaver son écriture. Composée de sept courtes scènes numérotées en « cercles », en référence aux cercles de l’Enfer de Dante, et titrées de noms de vices et de vertus, à la manière tout allégorique des miracles et moralités du Moyen Âge, la pièce cite tour à tour Shakespeare (Hamlet et Richard III), Goethe (Docteur Faustus rebaptisé pour la circonstance Docteur... Phallus !), Tchekhov, Wedekind, Beckett... C’est ainsi que le poète, en européanisant ses références, réussit à élargir voire à universaliser l’apocalypse très concrète vécue par son peuple et les peuples voisins en ces années de guerre.

Un paradis a été perdu dont les anges « à six ailes », à leur tour, perdent leurs plumes, comme une sorte de trace mélancolique ou de ponctuation nostalgique. Le plus souvent satiriques ou parodiques, ces sketches aux tonalités grotesques et bouffonnes s’apparentent aussi aux entrées de clowns, gorgées de pulsions sexuelles irrépressibles et d’angoisses métaphysiques vertigineuses, dont l’expression semblerait hésiter, toujours indécise, entre la farce et le tragique. Car chaque saynète, si provocatrice et outrancière soit-elle, contient en résonance un petit drame philosophique, et c’est alors vers Leopardi et peut-être aussi les futuristes italiens (Balla, Marinetti...) que se tourne la dramaturgie très singulière de Dejan Dukovski, avec cette commune faculté, quasi miraculeuse, de transfigurer le désespoir et l’horreur les plus noirs en lumineuse pulsion de vie.

Yannic Mancel

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