Oncle Vania

Nanterre (92)
du 10 mars au 14 avril 2012
2h30

Oncle Vania

Après Goldoni à la Comédie Française en janvier, Alain Françon revient à son auteur fétiche, Tchekhov, avec Oncle Vania, l'histoire d'une famille qui, le temps d'un été, va laisser éclater un morceau de sa vérité, de sa déception ou de son désir.

Après la Trilogie de la Villégiature de Godoni, créée en janvier à la Comédie Française, Alain Françon revient à Tchekhov. Oncle Vania est la cinquième oeuvre de Tchekhov qu'il met en scène après La Mouette (Espace malraux Chambéry, 1995) , La Cerisaie (Comédie Française, 1998 et 2009 au Théâtre de La colline), Ivanov (Théâtre de la Colline, 2004), Les Trois Soeurs (Comédie française, 2010).

  • Il sera bientôt trop tard

On pourrait résumer la pièce en ces termes : « Il sera bientôt trop tard. »

Trop tard pour Vania, en mal de reconnaissance, trop tard pour l’amour de la jeune Sonia et pour l’humaniste Astrov, peu à peu gagné par le cynisme. Mais trop tard aussi pour les forêts que les hommes abattent avec inconscience, ou pour l’aristocratie terrienne qui ne voit pas venir l’imminence de sa chute…

Cependant, dans Oncle Vania, tout est encore possible. Le temps d’un été, chacun va laisser éclater un morceau de sa vérité, de sa déception, de son désir. Accompagné d’Elena, sa seconde et jeune épouse, le professeur Serebriakov, à court d’argent, veut se retirer à la campagne où sa flle Sonia et l’oncle Vania exploitent le domaine familial. Oncle Vania et le docteur Astrov sont subjugués par Elena. Le drame, jusqu’alors latent, éclate lorsque le professeur propose de vendre la propriété.

  • A propos de la mise en scène d'Alain Françon

Le travail d’Alain Françon avec Tchekhov ne tient pas de la « lecture » mais s’apparente au lire. Il ne se préoccupe pas d’actualisation mais traque tout ce qui fait acte. Il délaisse enfin l’interprétation pour s’appliquer à l’émergence des lois structurelles qui seules permettent aux questions d’être creusées en profondeur tout en exigeant d’elles qu’elles remontent à la surface, unique et vertueux domaine de la représentation. Quant à l’utilisation, au cours du travail, du cahier de régie des mises en scènes de Stanislavski et de Dantchenko au Théâtre d’Art de Moscou, il faut y voir le contraire d’une vélléité conservatrice (et encore moins le souci d’une quelconque reproduction) mais le désir d’une fraicheur retrouvée, par delà - ou en deçà peut-être - des appels a tous les sous textes ou méta textes qui prétendent à la maitrise mais ne parviennent qu’à nous crever les yeux et nous casser, à l’occasion, les oreilles. Il nous faut bien l’avouer : jamais nous n’avons rencontré dans Tchekhov la très inexpliquée âme russe et n’y avons jamais perçu la nostalgie toute tchékhovienne du temps qui passe. De toute façon, nous ne saurions qu’en faire, tant elles nous paraissent faire écran à ce théâtre qui se concentre tout entier à refuser le jugement jusque dans ses moindres détails et qui, pour parvenir à une pleine cohérence, a dû renoncer à presque toutes les lois jusqu’alors admises de l’écriture dramatique.

Pour finir, il reste à dire le plaisir qu’il y aura à travailler cet Oncle Vania, dernière des « grandes » qu’Alain Françon n’a pas encore montée. Après Bond, Ibsen et tant d’autres où la recherche, puisqu’il est toujours à conquérir de ce qu’est - ou pourrait être - un être humain se fait si acharnée, nous savons qu’avec Tchekhov, par des voies mystérieuses mais toujours fécondes, il sera toujours là, tout entier, tel quel, partout présent, et bel et bien trouvé. Il nous tarderait presque d’entamer la plongée dans cette pièce à l’espace et au temps détraqués où les repas ne se prennent plus à l’heure, où l’on dort dans la salle à manger et l’on fait des comptes dans la chambre à coucher, mais où, à l’image des lieux et parfois certes dans la violence, les gens témoignent d’une porosité inattendue, révélant, en plus de la chimie de l’écriture, les lois toutes physiques de l’attraction et de la répulsion des corps. Sans parler, bien sûr, de celles des idées.

Guillaume Levêque

  • Un théâtre « gai et pronfondément vivant »

« C'est un auteur qui me touche profondément. En apparence, son théâtre semble s'inscrire dans un " registre mineur " . Très longtemps, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un auteur morose, ennuyeux. Jusqu'au jour où j'ai découvert ses nouvelles. Ca a été un véritable choc. Je suis donc revenu à ses pièces et c'est alors que j'ai compris mon erreur. En réalité, le théâtre de Tchekhov est exactement l'inverse de ce que j'ai d'abord pensé. Antoine Vitez, lorsqu'il a traduit Ivanov, a dit que c'était tout, sauf un théâtre mélancolique. C'est vrai. Il s'agit d'un théâtre vif, gai, profondément vivant. »

Interview d'Alain Françon dans La Terrasse

  • La presse en parle

« Alain Françon orchestre cette petite société traversée par des crises existentielles avec la légèreté d'un maître de la musique tchékovienne. Entre diastole et systole, il laisse les uns - ou les unes - et les autres rêver un instant d'un ailleurs meilleur pour finalement revenir dans un quotidien qui ne ressemble pas au néant, mais pas loin. » Rue du théâtre

« Le miracle de Tchekhov, inépuisable, renaît chaque fois que vous voyez une de ses pièces. Surtout quand une mise en scène soulève le voile du texte, et, comme Alain Françon, le fait apparaître sous un jour nouveau. (…) Alain Françon laisse entrer dans Vania l'éclat d'un orage, les aboiements des chiens, la lueur d'une aube. Sa distribution fait briller Gilles Privat, fantastique en Vania, et Eric Caruso, remarquable en Astrov. » Brigitte Salino, Le Monde

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Spectacle terminé depuis le samedi 14 avril 2012

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