Médée du fond des mères

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Ménilmontant , Paris

Du 04 décembre 2018 au 30 janvier 2019
Durée : 1h10

CONTEMPORAIN

,

CLASSIQUE

,

Tragédie

Deux Médée dans une. Celle de Solenn Denis et celle de Sénèque. Médée la bannie. Médée la guerrière. Médée la meurtrière. Médée la sans frontière. Dans l’une, l’autre se voit. Comme elle, elle est sans nom. Elle est juste Médée. Un cri. Une douleur. Mayday ! Mayday !
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Médée du fond des mères

De

Solenn Denis

,

 Sénèque

Mise en scène

Jean-Paul Rouvrais

Avec

Lucilla Sebastiani

Médée fend l’histoire. Son cri passe les barrières du temps. Quand les pleurs d’une mère hantent l’histoire des femmes.

Espace déchiqueté. Comme les lambeaux d’une embarcation. Médée se tient dans des fonds marins. Une mémoire dormante et qui de temps en temps remonte. Médée est un bloc de mémoire qui dit la douleur d’une femme abandonnée, bannie, trahie. Toute une mémoire aussi qui dit ses mains ensanglantées. Médée a tué. Par amour elle a tué. Par déception amoureuse elle a tué. Et c’est depuis ce trou, depuis ces fonds, qu’elle jette au-dessus, par-delà les mers, son cri, sa haine, sa douleur. Médée, son histoire, passe les mers, les années. L’histoire de Médée enjambe les siècles. Médée est des milliers. Elles jalonnent l’Histoire. Toutes les histoires. Médée est sans âge, sans frontières, sans fin.

Nous partons de l’histoire, la grande Médée de Sénèque et nous voyons comment elle vient frapper aux portes d’ici. Une mère d’aujourd’hui. Trahie elle aussi. Et qui, avec une forme d’impudeur, vient nous raconter son histoire vraie.

Hier une mère tuait pour avoir été trompée, aujourd’hui une autre tue pour les mêmes raisons. Comme si l’histoire apportait une leçon à l’Histoire. Comme si l’Histoire n’était qu’une longue suite d’histoires. Toujours les mêmes.

Voilà donc notre Médée. Deux en une. Et chacune enlisée dans son histoire.

Faire parler les deux. Les mettre en correspondance. Comme si l’une faisait écho à l’autre. Le corps de l’actrice est là pour ça. Par son corps, par sa mémoire, elle donne vie à ces deux voix. Deux Médée rassemblées dans le corps d’une actrice pour faire entendre le cri qui traverse les siècles.

Puis il y a l’homme aussi. Tout ça part de lui. Il est là. L’homme par qui Médée la monstrueuse est née. Il est là. Avec sa musique, son chant, ses voix de baleines. Et c’est lui qui rappelle cette mémoire. Lui qui redécouvre le passé. Et fait naître des tempêtes. Lui qui fait les siècles se croiser, s’assembler. Il est la hantise de Médée, son obsession. Il est celui par qui tout ça a lieu. Il est aux commandes de l’histoire, l’initiateur de l’histoire.

Deux Médée dans une. Celle de Solenn Denis et celle de Sénèque. Médée la bannie. Médée la guerrière. Médée la meurtrière. Médée la sans frontière. Dans l’une, l’autre se voit. Comme elle, elle est sans nom. Elle est juste Médée. Un cri. Une douleur. Mayday ! Mayday !

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