Madame Pink - Comédie canine avec chansons

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Théâtre du Rond-Point , Paris

Du 13 au 31 mars 2019
Durée : 1h40

MUSIQUE & DANSE

,

Cabaret

,

En langue étrangère

,

Théâtre musical

Pour Alfred Arias, René de Ceccatty relève le défi d’une fantasmagorie sanglante avec happy end. Fête féroce d’un music-hall sophistiqué, Madame Pink c’est le rock rythmé par la violence du « rose ». Spectacle en italien surtitré.
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Photos & vidéos

Madame Pink - Comédie canine avec chansons

De

Alfredo Arias

,

René de Ceccatty

,

Mauro Gioia

,

Mark Plati

Mise en scène

Alfredo Arias

Direction musicale

Giuseppe Burgarella

Avec

Gaia Aprea

,

 Flo

,

Mauro Gioia

,

Gianluca Musiu

,

Paolo Serra

Spectacle en italien surtitré.

  • Comédie musicale féroce

Pour en finir avec l’ennui bourgeois d’un mariage sans histoires, Madame Pink adopte un chien. Roxie, caniche rose, déboule dans le jeu de quilles d’une vie trop tranquille. La bestiole surexcitée chante. Elle exclut le mari, chirurgien-dentiste, jaloux de la bête. Elle s’attaque à l’amant de sa maîtresse, il en perd sa virilité. Elle dévore le gigolo auprès duquel Madame Pink rêvait d’une consolation. Catastrophes en chaîne dans une comédie musicale saturée de couleurs vives, de chansons pop et rock, variété joyeuse pour dépeindre les mésaventures d’une diva qui ne connaît plus l’ennui. On rit, on danse, on s’étrangle et s’entretue dans une revue fastueuse, qui naît à Broadway, grandit à Hollywood et finit dans les tréfonds d’un cinéma gore patiné de Disney.

Alfredo Arias a tout fait, tout commis au Rond-Point : Truismes  ; El Tigre  ; Tatouages  ; Trois tangos... L’Argentin fondateur du groupe TSE défonce ici les piliers de la culture américaine avec la fantaisie d’une troupe napolitaine. Ses collaborateurs ont travaillé avec Bowie, Beyoncé, Prince ou Mnouchkine.

René de Ceccatty relève le défi d’une fantasmagorie sanglante avec happy end. Fête féroce d’un music-hall sophistiqué, Madame Pink c’est le rock rythmé par la violence du « rose ». C’est le mélo flamboyant d’une diva prise au piège de sa monotonie conjugale. Elle en sort par le haut, fait exploser quelques tabous dans une opulence de décors et de couleurs, avec orchestre live et somptueux panneaux peinturlurés d’os pour chien.

  • Extrait

Mon passé a été une comédie musicale en technicolor, rose comme une glace aux fraises, comme la cadillac d’Elvis et la maison de Barbie. Puis je suis passée de la comédie musicale au film noir. J’ai subi une contamination de genres. C’est arrivé après mon installation à Miami, cette ville qui peut sembler un coin de paradis, où il ne neige jamais mais où les coeurs sont froids.

  • Entretien avec Alfredo Arias

Roxie est un chien... Est-ce que le chien d’Arias est comme le rat de Copi ? Un élément déclencheur ? Un poème qui tue ? Une étoile qui fracasse la terre ? Un virus merveilleux ? Un amour cannibale ?
Permettez, cher ami, que moi, la chienne Roxie, prenne la plume à la place d’Alfredo Arias car, en ce moment, il est très concentré, se préparant à devenir le Pape dans la pièce de Jean Genet Elle. Dans la vie d’Alfredo, les animaux ont occupé une place capitale, les chattes, anglaise et française, avec le cortège du bestiaire de Grandville en sont deux exemples. Deux excellentes actrices félines qui nous ont valu de belles soirées théâtrales. Sans oublier les singes du Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, ni la ménagerie de L’Oiseau bleu de Maeterlinck, ni les volatiles d’Aristophane, ni les petits monstres de La Belle et les bêtes... Bien sûr, il y a eu le rat de Copi dans le Frigo mais je n’oserai pas me comparer à ce mythique et snob rongeur né du désespoir de l’auteur. Moi, je suis plutôt un produit du monde cinématographique hollywoodien, quelqu’un m’a même comparée à la méchante fille dans le film de Michael Curtis : Le Roman de Mildred Pierce...Vous voyez, je suis une créature de l’écran lumineux et du technicolor tandis que le rat de Copi est un animal de l’ombre.

Voulez-vous mettre le feu à Hollywood et à Broadway ? à tout Disney ? Et transformer les contes pour enfants en films d’horreur ? Est-ce que c’est le projet de Miss Pink ?
Moi, Roxie, je suis très dangereuse, et ce n’est parce que je ressemble à un « toy » de dessin animé que mon âme est paisible ! Au contraire, elle m’inspire un comportement destructeur qui a eu pour cible la vie en rose pour laquelle ma propriétaire, Mme Pink, a une certaine prédilection.

Sur mon passage, je détruis tout. Dans cette histoire qui a eu lieu à Miami, je n’ai pas laissé un seul homme indemne : tous ont dû endurer mes humeurs et mes morsures. Mes canines ont bousillé aussi bien les bijoux de famille que la carotide des deux prétendants au cœur de ma protectrice. Et le troisième, le légitime, s’est enfui avant que je n’aie pu l’endommager.

D’elle, de Madame Pink, je voulais une seule chose : elle, rien qu’à moi ! Je suis maladivement possessive... Je voulais l’éloigner de la lubricité des hommes et en profiter pour prendre sa place en libérant tous les démons qui hantent mon corps de chienne. Mais j’ai eu un faible, je l’avoue, pour les bijoux de Mme Pink que j’ai convoités jusqu’à la folie. Vous comprendrez que j’aie tenu en horreur le banal collier de chien, la laisse et tous ces hideux accessoires qui rabaissent notre condition d’animal à celle d’esclave. J’ai tout fait pour que mon prosaïque collier en cuir soit revu et corrigé par Cartier.

Je suis une fanatique de l’excès. Vous savez, la férocité des désirs est pour une chienne beaucoup plus distrayante que la monotonie de vagues sur les plages de Miami. Et puis Miami, c’est l’endroit le moins attrayant du monde pour un caniche, et je pense que pour un humain qui se respecte aussi ! Si l’enfer de la vulgarité a un territoire, son royaume est Miami.

Dans l’entourage de vos collaborateurs, on trouve Bowie, Beyoncé, Ariane Mnouchkine, Prince et l’un des rois du street art... Vous avez tout amalgamé ?
Cher Pierre, pour donner vie à mon tragique passage par les mondes des vivants (je vous écris de l’au-delà) oui ! Les roues d’un camion n’ont hélas pas eu pitié de moi. Une mort assez classique et routinière pour un chien et bien méritée pour une chienne comme moi, ont sifflé les vipères ! Pour me donner vie sur scène, j’ai pris soin de m’entourer des meilleurs talents. Marco de Vincenzo qui a habillé Beyoncé m’a enveloppée des fourrures de la couleur de mon prénom Rose ou Roxie. Agostino Iacurci, un jeune Street Artist talentueux, a bâti le cottage où ma violence canine a pu déployer toute la force de sa dentition. J’ai été masquée par Erhard Stieffel qui a déjà collaboré avec Alfredo et bien entendu avec Mme Mnouchkine (je ne sais pas si elle aime les chiens, alors je préfère ne pas m’attarder auprès d’elle.) Et puis j’ai chanté sur des musiques de Mark Plati et Mauro Gioia.

Mark a été un proche collaborateur de David Bowie et aussi des artistes français comme les Rita Mitsouko, Louise Attaque ou Alain Bashung. Vous voyez, on m’a bichonnée avec le meilleur pour que je puisse faire tout le mal possible avec comme seul objectif d’amuser le public en prenant en dérision, grâce à ma présence, les rigoureuses règles du mélodrame cinématographique américain et du film noir, traficotées par l’esprit tordu d’Alfredo avec la complicité de cet autre pervers au sourire d’ange qu’est Mr de Ceccatty. Alfredo aime jouer avec l’apparence et les couleurs, et parfois ses jeux sont en rapport direct avec le Pop Art. Après tout, le Pop Art est une façon de découvrir la profondeur des choses qui nous entourent par la contemplation objective de ses surfaces.

Cette troupe napolitaine est-elle argentine ?
On dit que Naples est la mère de Buenos Aires.

Et le Rond-Point, c’est chez vous. Est-ce que pour vous, Madame Pink, marque l’un de vos plus grands retours ?
Le Théâtre du Rond-Point sera pour moi un rêve réalisé, sera ma niche idéale et je sais que pour Alfredo, c’est le lieu où il retrouve la continuité de son travail et une source de désir théâtral intarissable.

Pourquoi faut-il que tout cela finisse bien ?
Le Happy End est une espèce d’antidote que la culture américaine a créée pour nous faire oublier la violence qui gronde constamment sous les images du bonheur idyllique qu’elle nous impose. D’un autre point de vue, le Happy End est une manière de pousser l’homme à se soumettre à la tyrannie de l’argent, en espérant qu’au bout du bâton se trouvera la carotte de la prospérité. C’est pour cela que le Happy End arrive toujours à la fin quand l’histoire est finie, trop tard pour vérifier l’efficacité de ce mirage.

Propos recueillis par Pierre Notte.

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