
À l’ère du digital, Lueur(s) de Lucie Boisdamour est un thriller qui brouille les frontières entre réel et fiction.
Le quotidien de Léo vacille lorsqu’un inconnu commence à publier en son nom sur les réseaux sociaux. Ce double numérique expose sa vie privée et diffuse de fausses informations qui, très vite, deviennent virales. Le réel se fissure, la paranoïa s’installe. Qui Léo dérange-t-il ? Qui se cache réellement derrière cette manipulation ? Léo semble pris dans un engrenage qui le dépasse…
« Les acteurices sont superbes, la mise-en-scène est sobre, précise, efficace, très lisible, elle a tout pour nous convaincre. » Détectives sauvages
« Dans cet espace limité, Inès Pigoullié dirige avec une précision remarquable Émilie Diaz, Paul Fraysse et Lior Aidan (en alternance avec Maylis Schio). » Théâtre du Blog
« Le·la spectateur·rice entre autant physiquement que mentalement dans l’intimité du personnage, tel un voyeur·euse. » T’as Ton Billet
Dans Lueur(s), Noah adhère à certaines théories du complot et devient un influenceur politique important. Dans ses vidéos, il dénonce l’inaction des gouvernements face au réchauffement climatique et exprime un sentiment d’impuissance face à la faible marge de manœuvre qu’ont les citoyens dans nos démocraties contemporaines. Le complotisme devient alors une grille de lecture, une manière de donner du sens à un monde perçu comme chaotique. L’une des forces de la pièce réside dans sa capacité à dévoiler les mécanismes subtils qui peuvent conduire à cette bascule.
Lueur(s) ne se contente pas de raconter une histoire, elle confronte le public à sa propre manière d'accueillir ou de questionner la vérité. Elle questionne le spectateur : face à plusieurs récits possibles d'un même fait, comment choisit-on ce que l'on croit ? Sur quoi repose notre adhésion ?
A l'ère de la post-vérité, ou toutes les opinions semblent se valoir, il devient essentiel de se questionner sur la manière dont se construisent nos points de vue et nos croyances. Nos sociétés démocratiques reposent sur un socle de croyances partagées, de repères communs, aujourd'hui fragilisés. La prolifération des fake news, la défiance croissante envers les institutions et les médias affaiblissent notre capacité à débattre et à faire société.
À travers la mise en scène de ce spectacle, je ne souhaite pas caricaturer le complotisme, mais le comprendre. Pourquoi ces récits nous attirent-ils ? Que révèlent-ils de nos peurs et de notre époque ? Ce spectacle est avant tout une tentative de recréer du lien là où la défiance divise, une invitation à ouvrir un espace où penser ensemble redevient possible.
Inès Pigoullié
77 rue de Charonne 75011 Paris