La comédie du paradoxe

du 9 janvier au 11 février 2001

La comédie du paradoxe

CLASSIQUE Terminé

Monsieur Denis, professeur de la Sorbonne un peu inhibé, vient présenter une conférence sur Alceste, le Misanthrope de Molière. Il est interrompu par un comédien en costume qui a bien l’intention de convaincre le public que c’est lui Alceste.

La pièce
Note d'intention

Divertissement librement inspiré du Paradoxe sur le comédien de Denis Diderot.

- "Vous n’êtes jamais le personnage, vous jouez et le jouez si bien que l'on vous prend pour tel. L'illusion n'est que pour le public."
- "Si je parviens à tendre toutes mes facultés mentales vers ce moment d'extase où je me sentirais vraiment un autre, alors je ne serai plus seul devant la gueule noire et béante du parterre, je serai..."

La pièce

Monsieur Denis, un professeur de la Sorbonne un peu coincé, vient présenter une conférence sur Alceste, Le Misanthrope de Molière. Il est interrompu par un comédien en costume qui a bien l'intention de convaincre le public que c'est lui, Alceste, et que le théâtre peut se passer de conférences ! La tentative de prise de possession du plateau débouche bien vite sur un conflit plus théorique : le comédien a-t-il raison de s'identifier à un personnage ? Le praticien du théâtre, adepte de Mounet-Sully et s'exprimant de préférence par citations, va devoir analyser ses motivations d'être comédien. Albert Renard devient l'objet d'observation du conférencier. Monsieur Denis va s'efforcer de prendre en défaut l'entêté en lui suggérant les contradictions d'une identification au personnage qu'il joue : il est bien forcé, par exemple, de reconnaître qu'à la différence d'Alceste il ne pourrait se passer du public.

La pièce bascule une seconde fois lorsque le comédien est à son tour intrigué par le conférencier : sa démystification du théâtre ne cache-t-elle pas une passion qui dépasse toute raison ? Le comédien va alors s'amuser à obliger le conférencier à s'exprimer en son nom propre et non plus en fonction de théories. Peu à peu, le conférencier se prend au jeu et se met lui-même à jouer Alceste d'une manière totalement mécanique et ridicule, caricature de ce qu'il appelait un comédien maître de lui, tandis que le comédien de son côté, expérimente le jeu détaché. Emu d'avoir à dire le texte du Misanthrope, Monsieur Denis finit par s'identifier à son tour au personnage et devient totalement inaudible : il vient de démontrer au public, et cette fois à son insu, l'écueil d'un jeu mécanique et celui d'un jeu sensible. Le sérieux du comédien, à l'inverse, le rend tout à fait crédible dans son rôle de Philinte : le spectateur entrevoit ce que peut être le théâtre. Si la pièce se clôt sur une question : "qui de nous deux a raison ?", ça n'est pas pour mettre en doute la thèse de Diderot à laquelle Jean Marc Chotteau adhère, mais pour ouvrir le débat sur ce qui vient d'être vu.

Note d'intention

La comédie du paradoxe permet de mettre en scène la pensée d'un auteur, l'offrant ainsi à la critique comme à l'explication. L'intrigue se passe aujourd'hui, dans le cadre d'un "happening", c'est à dire d'un spectacle qui semble improvisé. Et le paradoxe n'est pas seulement formulé par une partie, il est montré à travers le conflit réel entre un théoricien et un praticien du théâtre.

Les phrases du conférencier sont le plus souvent des citations directes du Paradoxe sur le comédien de Diderot. Mais les anecdotes de Diderot sur les comédiens de son temps ont été supprimées, et le caractère expérimental et pratique de sa théorie apparaît toujours, par la présence d'Albert Renard, qui cite de nombreux metteurs en scène et comédiens contemporains.

La comédie du paradoxe devient une vraie leçon de théâtre à elle seule, puisque son "intrigue" se forme autour de l'exercice de la comédie : chaque personnage joue plusieurs fois, et dans une gamme variée, certains passages du Misanthrope de Molière. C'est donc une occasion de donner à voir des tonalités de jeu différentes et, par conséquent, d'illustrer la thèse selon laquelle devenir comédien exige un véritable travail, tout en rendant hommage à la souplesse des comédiens qui se prêtent à ces différents jeux.

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Spectacle terminé depuis le dimanche 11 février 2001

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