Forced Entertainment - The notebook

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Théâtre de la Bastille , Paris

Du 08 au 19 novembre 2021
Durée : 2 heures

CONTEMPORAIN

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En langue étrangère

,

Festival

,

Festival d'Automne à Paris

,

In English

Reprise de la pièce présentée avec succès en 2016.

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Photos & vidéos

Forced Entertainment - The notebook

De

Agota Kristof

Mise en scène

Tim Etchells

Avec

Robin Arthur

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Richard Lowdon

  • Récit sans fioritures

Avec succès, en 2016, Forced Entertainment présentait au Théâtre de la Bastille The Notebook, adaptation du Grand Cahier, roman majeur de l’écrivaine hongroise Agota Kristof. Deux frères jumeaux, mis à l’abri dans la ferme de leur grand-mère pendant la Seconde Guerre mondiale, tiennent un journal pour tenter de conjurer la cruauté de la guerre par la magie froide de leur narration. Ce qui les entoure inspire la terreur : la grand-mère est viscéralement mauvaise et les institutions moribondes n’ont rien à lui envier. Abandonnés au cœur du chaos, les deux enfants rédigent à la première personne du pluriel un récit sans fioritures d’où émotions et sentiments sont bannis. Sur scène, côte à côte, accoutrés du même costume gris, du même pull rouge et des mêmes croquenots, les comédiens Robin Arthur et Richard Lowdon livrent à l’unisson la troublante puissance de ce récit érigé comme ultime recours face à l’hydre de la cruauté et de l’horreur.

Christophe Pineau

  • Entretien

Quelle est l’histoire de The Notebook ?
Tim Etchells : Originellement, The Notebook, Le Grand Cahier, est un roman d’Ágota Kristóf, une écrivaine hongroise, publié en 1986. C’est l’histoire de deux garçons, des jumeaux. L’action se déroule dans un pays européen qui n’est pas nommé, même si l’on sait que c’est de la Hongrie dont il s’agit. Pendant la Seconde Guerre mondiale, leur mère évacue ses deux fils de la ville où ils habitent. Les jeunes hommes se retrouvent alors à la campagne, chez leur grand-mère dont ils ignoraient presque l’existence. C’est une vieille dame acariâtre, méchante, avare, qui les tolère à peine chez elle. Dans ce roman, les enfants racontent leurs découvertes et leurs apprentissages, la difficulté de survivre dans un pays ravagé où le froid et la faim règnent en maître. Avec cette pièce, nous avons voulu raconter la fin de la guerre et ce qu’il s’ensuit.

Pourquoi avoir décidé d’adapter The Notebook au théâtre ?
Tim Etchells : Les acteurs de Forced Entertainment et moi avions lu le livre à la fin des années 80, début des années 90. À ce moment-là, nous nous sommes dit que nous jouerions un jour The Notebook car nous avons tous été impressionnés par la puissance du texte, par son éclat et le côté visuel de son langage. Ce langage a joué un rôle essentiel dans le choix d’adapter la pièce. Il est à la fois très fort, simple et noir. Ágota Kristóf utilise une langue très imagée. Sa façon de raconter est visuelle. En lisant ses mots, les images apparaissent dans mon esprit. Ce sont des phrases simples, dépourvues d’émotions, ce qui paradoxalement les rend envoûtantes.

Vous décrivez The Notebook comme une pièce sur la brutalité et la survie, pourquoi ?
Tim Etchells : Oui, car la vie des deux garçons dans ce village est extrêmement violente. Il leur arrive des choses terribles, leur quotidien est très difficile, fait de cruautés à répétition. Mais ils essaient d’exister ensemble, de se protéger du monde extérieur et de la guerre. Cette pièce n’évoque pas seulement la guerre. Elle parle aussi de l’impact de la guerre sur les gens, sur ce que la population endure durant les conflits.

À quels acteurs avez-vous confié ces deux rôles ?
Tim Etchells : Les jumeaux sont interprétés par Richard Lowdon et Robin Arthur. Ce sont deux comédiens avec qui je collabore depuis plus de trente ans. Ils ont l’habitude de jouer ensemble, ils se connaissent par cœur. En général, ils jouent des personnages différents, avec une énergie différente. Là, ils sont en totale symbiose. C’était intéressant de les voir travailler sur une pièce où les personnages sont identiques et ne forment qu’un seul être. Ils parlent à l’unisson. Ils sont habillés exactement pareil. Ils prennent même leurs respirations au même moment pendant une grande partie de la pièce. Ce sont ces deux voix qui donnent un aspect théâtral et dynamique à la pièce.

Comment décririez-vous ces deux personnages ?
Tim Etchells : Les deux garçons ne sont pas expressément nommés dans le livre. Ils parlent toujours en utilisant le nous. Même s’ils font parfois des choses différentes, ils se cachent constamment derrière leur unité, comme s’ils n’étaient qu’une seule personne. Ils nient leur individualité. Leur gémellité leur sert d’abri. Pour nous, c’est une narration assez étrange. On se rend vite compte de l’impossibilité du « nous » qu’ils proposent. Avec cette pièce, on découvre le monde à travers leurs yeux et grâce au carnet qu’ils tiennent. Comme un carnet secret d’adolescents. Ils y décrivent leurs expériences, mais bâtissent aussi leur propre prison.
Ces jumeaux ont une relation fascinante avec l’univers dans lequel ils évoluent. Leur vision est très cynique. Pour eux, ce qui les entoure est rempli de violence, d’hypocrisie, de cruauté. Ils sont très critiques. Mais ils sont aussi un peu dérangés, il y a quelque chose de malsain dans leur approche du monde. Ils se sont donnés pour tâche de décrire ce monde sans aucun mot relevant du registre de l’émotion. Ils ne diront jamais « le soldat est gentil » ou « la ville est belle ». Ils veulent écrire sans jugement de valeur. Ils décrivent seulement ce qu’ils voient, sans aucun affect. Selon moi, cela rend la performance encore plus obsédante. Nous avons voulu essayer de garder cette neutralité en lisant simplement leur récit.

En quoi The Notebook est-elle une pièce qui convient à votre compagnie, Forced Entertainment ?
Tim Etchells : C’est cette approche très simple et visuelle qui nous ressemble. Le côté minimaliste nous convient à merveille. Nous l’avons retranscrit dans une mise en scène très dépouillée. Finalement, nous avons fait peu de changement par rapport au livre. Nous en sommes restés très proches. Le thème a également été très important pour nous : cette aliénation dans une société très brutale. Un thème qui trouve écho dans le monde d’aujourd’hui. Avec cette pièce, nous invitons les spectateurs à se questionner sur le bien et le mal, sur le comportement des êtres humains dans des situations extrêmes...

Quel message voulez-vous faire passer ?
Tim Etchells : Je ne veux pas vraiment faire passer de message. Ce que je veux, c’est recréer une situation. La pièce met le spectateur mal à l’aise, dans une situation difficile. C’est vraiment ce que j’aime dans ce genre de performance.

Vous dites que vous aimez cette pièce, car le spectateur n’est pas passif, c’est-à-dire ?
Tim Etchells : The Notebook invite les spectateurs à réfléchir, pendant et après la pièce. Ils ont un travail intellectuel à faire. Ils doivent se faire leurs propres jugements tout le temps, car le texte refuse de le faire pour eux. C’est ce qui me plait le plus. Personnellement, je n’aime pas qu’on me livre du prêt-à-penser, je préfère effectuer mon propre chemin intellectuel. Je veux que ma capacité à me questionner, à raisonner, soit mise à l’épreuve. Donc je demande à mon public d’être actif et mentalement présent. Avec The Notebook, les spectateurs vont avoir de quoi s’occuper !

Est-ce que l’humour noir et subversif présent tout au long de la pièce est un des moyens de faire réfléchir les spectateurs ?
Tim Etchells : Oui, sans aucun doute. Il y a une sorte d’ambiguïté entre l’horreur et le comique tout au long de la pièce. L’humour noir est un ressort que j’utilise dans plusieurs de mes pièces.

Quelles sont les caractéristiques de votre mise en scène ?
Tim Etchells : Ma mise en scène est dépouillée. Sur scène, il n’y a que deux chaises... Les personnages sont habillés de la même façon. J’ai procédé ainsi, car ce qui m’intéresse véritablement dans le livre, c’est l’acte de narration. Et la narration se fait par la voix des deux enfants qui ne forment qu’un. On ne voit que quelques différences entre les deux. Cette pièce est performative, les choses arrivent lorsqu’on les dit. Pas besoin d’en faire des tonnes autour. Le texte suffit. C’est pour ça qu’une mise en scène minimaliste donne beaucoup de force à la performance des acteurs et aux mots. Les spectateurs n’ont aucune échappatoire, pas même le décor.

Propos recueillis par Nadège Michaudet en mai 2016
Avec l’aimable autorisation du Festival d’Automne à Paris

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