Elektra

Opéra Bastille , Paris

Du 10 mai au 01 juin 2022
Durée : 1h40

MUSIQUE & DANSE

,

Opéra

,

En langue étrangère

C’est autour d’Elektra que se rencontrèrent en 1906 Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal. Orchestre gigantesque, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme flambe une dernière fois dans cette tragédie en un acte d’une violence et d’une noirceur inouïes. En allemand surtitré en français et en anglais.

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Photos & vidéos

Elektra

De

Richard Strauss

,

Hugo von Hofmannsthal

Chorégraphie

Philippe Giraudeau

Mise en scène

Robert Carsen

Direction musicale

Semyon Bychkov

,

Case Scaglione

Avec

Christine Goerke

,

Waltraud Meier

,

Gerhard Siegel

,

Tómas Tomasson

,

Elza Van Den Heever

En allemand surtitré en français et en anglais..

  • Tragédie en un acte, Op. 58 (1909)

« Le temps d’un lent crépuscule ». Telle est l’indication scénique d’ Hofmannsthal pour la représentation d’Elektra, tragédie en un acte de Richard Strauss, d’une violence et d’une noirceur inouïes. Telle est aussi l’expression que l’on a coutume de donner aux derniers feux de l’Empire austro‑hongrois et de toute une Europe cosmopolite, celle des premières années du XXe siècle. Tout, dans la production signée Robert Carsen, des jeux d’ombres, apparitions spectrales, à la chorégraphie, contribue à ce destin funeste. Orchestre monumental, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme atteint ses plus extrêmes limites et flambe une fois pour toutes en Elektra.

Musique de Richard Strauss (1864-1949)
Livret de Hugo Von Hofmannsthal
Direction musicale : Semyon Bychkov - (10 > 22 mai) ; Case Scaglione - (26 mai > 1 juin)
Mise en scène : Robert Carsen
Décors : Michael Levine
Costumes : Vazul Matusz
Lumières : Robert Carsen, Peter Van Praet
Chorégraphie : Philippe Giraudeau
Chef du Choeur : Alessandro Di Stefano

Avec l'Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris.

  • Deux héritiers de la tradition germanique

« Le temps d’un lent crépuscule ». Telle est l’indication scénique d’Hofmannsthal pour la représentation d’Elektra, tragédie en un acte d’une violence et d’une noirceur inouïes. Tel est aussi le nom que l’on a coutume de donner aux derniers feux de l’Empire austro-hongrois et de toute une Europe cosmopolite, celle des premières années du XXe siècle. C’est autour d’Elektra que se rencontrèrent en 1906 Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal, tous deux célèbres et à mi-parcours de leurs existences, tous deux héritiers reconnus et consacrés de la grande tradition germanique. Orchestre gigantesque, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme atteint ses plus extrêmes limites et flambe une fois pour toutes en Elektra. Mais, contrairement à Salomé, ce brasier-là fut fertile et constitue la parfaite et profonde introduction aux œuvres futures, du Chevalier à la rose à Arabella. « Se retenir à ce qui est perdu, persister éternellement, jusqu’à la mort– ou bien vivre, continuer à vivre, aller plus loin, se métamorphoser, renoncer à l’unité de l’âme en restant soi-même dans la métamorphose, être toujours un homme, sans descendre au rang de l’animal dépourvu de mémoire, tel est le thème fondamental d’Elektra, la voix d’Electre contre celle de Chrysothémis, la voix héroïque contre la voix humaine. » (Hofmannsthal)

  • Une oeuvre d'un seul bloc

Elektra est la première collaboration entre Strauss et Hofmannsthal. Le compositeur avait vu la pièce, inspirée par Sophocle, au Deutsches Theater de Berlin en 1904 et il s’était tout de suite rendu compte qu’elle correspondait exactement à ce qu’il souhaitait exprimer. Mais il craignait qu’on y vît trop une ressemblance avec Salomé, son précédent opéra, et il lui fallut donc deux ans avant de prendre sa décision. Hofmannsthal parvint à le convaincre, en lui disant que : « Tandis que dans une atmosphère chargée et trouble Salomé joue dans le pourpre et le violet, Elektra est un mélange de lumière et de nuit, de noir et de clarté. »

Dans l’œuvre, les femmes ont une place prédominante. Elle est dominée, bien sûr, par le personnage éponyme, qui semble n’avoir qu’un seul but : attente le retour de son frère Oreste pour venger le meurtre de son père Agamemnon par sa mère Clytmnestre et par son amant. Ce rôle écrasant (Electre est presque tout le temps en scène ; elle est « brûlée intérieurement » par le désir de vengeance et la haine, mais sait aussi faire preuve d’une étonnante tendresse lors du retour de son frère), est un des plus intenses du répertoire. A ses côtés, Clytemnestre, hallucinée et paralysée par ses rêves angoissants, témoigne de l’influence grandissante à l’époque des théories freudiennes. La troisième figure féminine, enfin, Chrysothémis, la sœur d’Electre, est aussi le seul personnage humain du drame. Elle met en garde sa sœur contre ce qui l’attend et préfère la vie à la mort. Par là même, elle révèle le sens profond de l’œuvre : « Qui veut vivre doit oublier ».

Sur le plan musical, l’œuvre est, comme Salomé, d’un seul bloc. Mais elle fait preuve encore davantage de violence que l’opéra précédent. Bien que basée sur un langage tonal, elle va aux limites de l’harmonie, en particulier lors du songe de Clytemnestre. Les passages les ­ fameux en sont le premier air d’Electre, les confrontations entre les deux sœurs et entre la mère et la fille, et bien sûr la scène de la reconnaissance d’Oreste, dont Romain Rolland disait qu’elle « touche au sublime du cœur ».

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Avis du public : Elektra

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Gianni F. (1 avis) 30 octobre 2013

Manque de cohésion totale Malgré un orchestre en pleine forme au jeu extraordinaire, la vision de Philippe Jordan de cette oeuvre ne laisse aucune place au chant ni ligne vocale, pûrement symphonique comme soirée, les chanteurs sont livrés à eux même et peinent à passer - aucune cohésion entre scène et fosse ni respiration de la grande ligne straussienne; opportunité malheureusement ratée : cette fois-ci on n'a pas entendu Elektra à la Bastille
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Nelly (7 avis) 28 octobre 2013

Chair de poule! Une mise en scène parfaite!
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