Comme il vous plaira

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Théâtre 13 - Jardin , Paris

Du 09 novembre au 19 décembre 2004
Durée : 2h15

CLASSIQUE

,

Coups de coeur

Comme il vous plaira est un voyage où le théâtre est à nu. C’est aussi le théâtre de la représentation, du bonheur de faire s’entrechoquer illusion et réalité. Se mélangent alors le paraître et l’être, se tissent les liens du tragique et du grotesque.
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Spectacle terminé depuis le 19 décembre 2004

 

Comme il vous plaira

De

William Shakespeare

Mise en scène

William Mesguich

Avec

Chris Egloff

,

Florent Ferrier

,

Benjamin Julia

,

Samantha Markowic

,

Marine Marty

,

Sarah Mesguich

,

William Mesguich

,

Laurent Montel

,

Laurent Prévot

,

Alexandrine Serre

Quiproquos et intrigues amoureuses
Vertige théâtral
L’amour révélé dans sa force indicible

La Compagnie

La presse

Comme il vous plaira - comédie (1599). Peu avant sa mort, Sir Roland des Bois a confié Orlando, le plus jeune de ses trois fils, à son aîné Olivier. Jaloux de la popularité de son frère, Oliver décide de l'éliminer lors d'un combat avec un lutteur. Cependant, Orlando triomphe sous les yeux de Rosalinde - fille du vieux duc - et s'éprend d'elle. Parallèlement, le vieux duc - banni de la Cour par son frère - se réfugie dans la forêt d'Ardennes. Déguisée en jeune berger, Rosalinde le suit avec sa cousine Célia, devenue sa soeur. Quand Orlando, à son tour, part rejoindre le duc dans la forêt, les déguisements des deux jeunes filles provoquent une série de quiproquos et d'intrigues amoureuses.

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« L’art comme la religion a ses ecce homo, Shakespeare est de ceux dont on peut dire cette grande parole, il est l’Homme. » Victor Hugo

Le voyage de Comme il vous plaira est un voyage où le théâtre est à nu. C’est aussi le théâtre de la représentation, du bonheur de faire s’entrechoquer illusion et réalité. Se mélangent alors le paraître et l’être, se tissent les liens du tragique et du grotesque.

Rosalinde, Celia, Orlando et les autres sont le théâtre, ils le constituent, ils le fondent, c’est une mise en abîme qui se résout / échoue dans le tourbillon de la théâtralité.

Dans Comme il vous plaira, tout est prétexte au jeu, le travestissement est roi, les corps sont vertige théâtral, les regards tressent le miroir qui réfléchît tous les possibles. Le double ou dédoublement est un prince envoûtant qui flirte avec l’infini, l’inachevé ; il y a chez Shakespeare de la nécessité de jouer pour être, de la nécessité d’un désir absolu pour se perdre.

Un palais, une forêt, deux tribus, deux clans, des regards qui tranchent, des gestes qui disent la violence, des mots couperets ou farcesques pour tromper l’ennui. Il ne s’agit pas seulement ici d’une fable pastorale agréable à l’œil et à l’écoute, mais plus certainement d’un texte complexe, cruel qui raconte l’exil, la solitude, la peur de l’autre, différent de soi, étranger à soi, avec, en toile de fond, toujours, le désir fougueux, enfantin, de réparer, de réconcilier.

Comme il vous plaira interroge le monde, les spectateurs, les personnages, oscille entre leurre et réalité. Shakespeare mélange les genres, bafoue les conventions et nous entraîne dans les méandres existentiels d’une folie douce où cohabitent farce, complot, rage, amour et devoir de mémoire.

La forêt d’Ardenne, celle des êtres bannis, est un lieu de reconnaissance mutuelle, le lieu où tous les rêves se rencontrent. C’est une forêt imaginairement réelle, peuplée de formes étranges, reflet cassé et toujours renaissant de la cour du duc usurpateur, sa sœur jumelle et paradoxale, forêt de l’exil / liberté, lieu de nulle part et d’ailleurs, enchantement égaré où l’on tente de mettre en jeu l’altérité.

Les chants lettons et tziganes scanderont cette fable vive-argent, ce monde rapide comme l’éclair où tout est ouvert, où le rayonnement clair-obscur foisonne d’artifices quand cesse la duperie.

Comme il vous plaira, je l’espère, de voir ces êtres à la fois maîtres de leur destinée et jouets de leur désir d’être autre, graver leur instabilité, leur folie, leur joie -ce qui les fait exister- sur le terrain aléatoire de la vie amoureuse et du rêve.

William Mesguich

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Frederick a conservé auprès de lui sa nièce Rosalinde, fille du duc légitime. Sa propre fille, Célia, et Rosalinde sont inséparables. Le jour où une colère d’ogre le saisit et où il chasse Rosalinde, Célia décide d’accompagner sa cousine. Les jeunes filles changent de nom, Rosalinde, qui est la plus grande, s’habille en garçon, en chasseur pour assurer leur sécurité. Elle s’appellera Ganymède, tandis que Célia, qui conserve ses atours féminins, prend le nom transparent d’Aliéna ; le bouffon du duc, Touchstone, accompagne Rosalinde et Célia dans leur fuite. Le trio s’enfonce dans la forêt. De son côté, Orlando est en butte aux persécutions de son frère aîné, Olivier, qui est jaloux de lui et lui refuse les moyens ordinaires de subsistance. Adam, le vieux et fidèle serviteur de la famille, a surpris le projet conçu par Olivier d’incendier le logis d’Orlando et de le brûler vif. Adam met toutes ses économies au service de son malheureux maître et tous deux fuient également vers la forêt. Peu de temps après ces exils, Rosalinde et Orlando éprouvent un coup de foudre l’un pour l’autre. (…)

C’est dans cette comédie que Shakespeare développe pour la première fois le thème de la femme amoureuse déguisée en homme. Rosalinde découvre la présence d’Orlando dans la forêt d’Arden grâce aux poèmes qu’il lui dédie et qu’il grave sur le tronc des arbres au grand dam de Jacques, protecteur de l’environnement. (…) Le déguisement repousse ceux que l’on voudrait attirer et attire ceux qu’il convient de tenir à distance. Jeu subtile de la nature et de l’artifice, jeu dramatique ironique et pervers dans sa complémentarité contradictoire : femme authentique, cachée et amoureuse d’un homme auprès duquel l’artifice interdit de révéler sa nature ; artifice masculin dont une vraie femme est amoureuse – amour qu’il faut tenir en respect, tout en maintenant les apparences. (…)

Amour et sexualité sont résorbés dans le vertige d’un jeu portant sur l’identité. Les deux aspects de celle-ci, le masculin et le féminin que le théâtre d’abord, la fiction dramatique ensuite ont opposés, superposés, imbriqués, inclus, sont devenus indissociables au terme de ce processus. La scène shakespearienne recrée le mythique androgyne. Elle en fait l’entité parfaite où l’amour est révélé dans sa force indicible, car Comme il vous plaira est la première comédie de l’amour ineffable. Ineffable parce qu’il n’en finit plus, pour essayer de se dire, de faire craquer les masques que la vie multiplie.

Extraits de : William Shakespeare de Jean-Marie et Angela Maguin, p. 449-456, Fayard, 1996

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En 1998, Philippe Fenwick (auteur) et William Mesguich (metteur en scène) - tous deux comédiens, créent le Théâtre de l’Etreinte, compagnie théâtrale implantée en Ile-de-France.

La Compagnie s’attache à la création et à la diffusion de spectacle, mais réalise aussi un travail important de sensibilisation et de formation auprès d’un large public.

Avec un répertoire qui inclut aussi bien des auteurs « classiques » (L’Avare de Molière, Oncle Vania d’Anton Tchekhov, Fin de Partie de Samuel Beckett) que des auteurs contemporains - représentés notamment par l’écriture de Philippe Fenwick (La Légende des Porteurs de Souffle, La légende d’Antigone, M Septime, Solange et la Casserole) les choix artistiques de la Compagnie et les mises en scène de William Mesguich tendent vers un « théâtre des idées » qui fait inventer, rêver, partager, troubler…

En 2004, William Mesguich s’investit dans un projet atypique. A Paris, au Centre Rachi, il met en scène Tohu-Bohu, une tragédie écrite par soixante élèves de seconde du lycée Evariste Galois de Noisy-le-Grand, avec leur professeur de français, Cécile Ladjali.

La compagnie crée également des spectacles musicaux avec Le Cabaret des Monstres (Spectacle autour des textes de Baudelaire, Aragon, Dubillard et Rabelais, et des chansons de Gainsbourg, Higelin, Polnareff, Les Frères Jacques…), L’Histoire du soldat d’Igor Stravinski, et La Légende du Palladium, écrit par Philippe Fenwick autour des chansons de Léo Ferré.

Pour les plus jeunes, la compagnie a créé deux spectacles : Le Chat Botté d’après Charles Perrault dans la mise en scène de William Mesguich, et une création collective : Hänsel et Gretel.

De plus - et dans le désir de porter le théâtre au plus grand nombre - Le Théâtre de l’Etreinte a jusqu’à présent organisé deux tournées nationales à pied avec les spectacles suivants : La Légende des Porteurs de Souffle de Philippe Fenwick - de Dunkerque au Saintes-Maries-de-la- Mer, 1500 km à pied - 60 représentations), La légende d’Antigone de Philippe Fenwick - de Romainville à Romainville en passant par la Lozère, 2500 Km à pied - 80 représentations en jouant dans les villes et villages de France. La compagnie est membre du CITI - Centre International pour le Théâtre Itinérant.

Le Théâtre de l’Etreinte a été en résidence au Blanc-Mesnil et à Romainville. Depuis septembre 2003, la Compagnie est en résidence artistique à Rosny-sous-Bois (93), au Théâtre Georges Simenon, dont William Mesguich et Philippe Fenwick assurent également la direction artistique.

La compagnie organise régulièrement des lectures publiques et anime environ 200h d’ateliers de théâtre et de sensibilisation par an à Rosny-sous-Bois ainsi que dans d’autres communes de la Seine-Saint-Denis et à Paris. Au titre de l’aide au fonctionnement, la compagnie est subventionnée par Le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis.

Prochaines créations de la Compagnie : Il était une fois les fables d’après Jean de La Fontaine, mise en scène de William Mesguich, Liquidation de Philippe Fenwick, mise en scène de Zbigniew Horoks, Comment devient-on Chamoune de Charlotte Escamez, mise en scène de William Mesguich au Théâtre Georges Simenon de Rosny-sous-Bois.

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  • La presse

"Echevelée, foisonnante, virevoltante, la mise en scène fait se télescoper illusion et réalité, être et paraître, tragique et grotesque dans une belle ivresse shakespearienne. La réussite est de développer une multitude de récits et de liens possibles sans jamais perdre la lisibilité de l’ensemble. William Mesguich donne à la pièce des accélérations et des embardées réjouissantes (ruptures burlesques, clins d’œil à Chaplin…)." A Nous Paris, 6 décembre 2004

"S’appuyant sur un riche décorum et une troupe à l’aise dans la mascarade, William Mesguich donne une version déjantée qui déborde d’énergie et de liberté toujours maîtrisée, y compris avec le texte. Les puristes peuvent s’agacer, mais si Shakespeare se retourne dans sa tombe, c’est secoué d’éclats de rire par tant d’insolence." Le Journal du Dimanche, 12 décembre 2004

"La forêt d’Arden imaginée par William Mesguich est en tous points délirante. Les bergers y sont niais à souhait, les moutons y sont désopilants, les bergères sont girondes et truculentes, le vieux duc et les siens ont l’air de jouisseurs sympathiques. Célia, femme enfant campée avec un battage peu commun par Samantha Markowic et Rosalinde, femme fatale à laquelle Sarah Mesguich prête une trempe redoutablement virile, jouent au jeu des faux-semblants avec énergie et talent. Avec elles, Laurent Prévot, Laurent Montel, William Mesguich, Marine Marty, Benjamin Julia, Florent Ferrier et l’impayable Chris Egloff composent une équipe vive et fougueuse et font de ce spectacle un joyeux moment à ne pas rater !" Theatre Online, 15 novembre 2004

"… une création résolument moderne et étonnante… William Mesguich signe une mise en scène rythmée, terriblement actuelle, dans laquelle subsistent les thèmes qui font la richesse de la richesse de l’écriture shakespearienne : l’amour et la mort, l’être et le paraître, le tragique et le grotesque. Les comédiens sont excellents, entre humour et tragédie, la mise en scène drôle et travaillée, un plaisir de participer à cette création du Théâtre 13." Metro, 16 novembre 2004

"William Mesguich témoigne, comme son père Daniel, d’un goût excessif pour la provocation. Mais il a aussi reçu son dynamisme et sa créativité en partage. Sa mise en scène de la féérie shakespearienne irrite, mais n’ennuie jamais. En outre, il est - comme son père et sa sœur Sarah qui joue ici Rosalinde - très bon acteur." Nouvel Observateur, décembre 2004

"William Mesguich propose une version allègre et ingénieuse de la pièce de Shakespeare avec ce qu’il faut d’audace et de complicité avec le public. (…) Le ton, lui, reste résolument et formidablement moderne." Le Figaro Etudiant, 30 novembre 2004

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