
Dans ce « seule en scène » écrit par Xavier Durringer pour Nadia Fabrizio, une femme raconte son combat contre l’oubli et la mise à l’écart. Portrait sensible et sans concession d’une survivante des nuits de Pigalle, cette traversée intime éclaire aussi notre rapport au corps, au désir et au temps qui passe.
Après trente-deux ans passés sous les néons d’un peep-show de Pigalle, Bianca est priée de ranger ses talons et de vider son casier. Trop vieille, dit-on. La concurrence est ailleurs : plus jeune, plus rentable, et désormais virtuelle.
Dans ce « seule en scène » écrit par Xavier Durringer pour Nadia Fabrizio, une femme raconte son combat contre l’oubli et la mise à l’écart. Avec franchise, humour et mélancolie, elle retrace trois décennies d’un Paris populaire en voie de disparition, entre amours fugaces, années sida, illusions perdues et réconfort éphémère.
Portrait sensible et sans concession d’une survivante des nuits de Pigalle, cette traversée intime éclaire aussi notre rapport au corps, au désir et au temps qui passe.
« Extrêmement touchante, Nadia Fabrizio nous attache au personnage, monologuant avec elle-même, s’épanchant sans rien omettre. Elle orchestre un striptease d’un autre genre. Cette cigale contemporaine déballe son linge sale en se mettant au propre, dans un monde sans pitié où l’amour peine à trouver sa place. » La Terrasse
« Un seule-en scène qui traverse trente ans de l’histoire mythique de Pigalle, haut lieu des différences et des misères refoulées entre néons, chair fraîche et cafards, au son des tubes qui jalonnent les époques et les films vintage. » Sceneweb
« Un portrait sublime et terrifiant, très brut, à la Coltrane. À découvrir absolument. » Radio France
Au début du texte, le mot revient plusieurs fois comme un leitmotiv : rien. Rien n'annonçait l'événement qui frappe Bianca, et une fois qu'il s'est produit, il ne reste plus rien. Pas de signe avant-coureur, pas de geste, pas de fête d'adieu. Ni pot de départ, ni indemnités. Pas plus d’ailleurs que de rupture conventionnelle. Pas de cadeau ! Rien qu'une existence biffée ou effacée, comme d'un trait de plume ou d'un coup de gomme. Ce qui subsiste, à la rigueur, ce sont des souvenirs. Mais pour en faire quoi ? Ils n'ont aucune valeur marchande. Perspectives d'avenir : nulles. No future ? Trente ans après sa jeunesse punk, Bianca se reprend le slogan de plein fouet. Il faut vider son casier et dégager le terrain. Jetée dehors, dans le grand vide extérieur. Bienvenue dans le nouveau monde ! Elle n’a même pas de nom d’état-civil. Willy Loman, le commis voyageur d'Arthur Miller, aura au moins laissé cela : son nom gravé sur une pierre tombale, et une maison dont les traites sont presque remboursées. Le no-woman's-land de Bianca ne lui garantit même pas cet hommage, ni ce petit capital.
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