
Un chant choral pour dire la puissance de la vie, après l'attentat du Bataclan en 2015.
Écrit au fil des ans après la mort de sa fille dans l’attentat du Bataclan en 2015, rien n’est su est le premier livre de Sabine Garrigues. Pour survivre, elle parle à sa fille Suzon, à son fils Paul qui a survécu, et s’interroge. Elle raconte la brutalité de la mort, le manque, la réinvention de soi.
Ce récit, habité par l’amour entre une mère et sa fille, a bouleversé Audrey Bonnet qui en restitue la puissance poétique et réparatrice dans un spectacle choral, porté par une troupe de jeunes interprètes. Entrer en résonance avec la voix puissante de l’autrice pour des artistes de l’âge de Suzon et de Paul, c’est faire acte de transmission. Ces huit jeunes êtres vont peupler, par l’acte créatif, la solitude. Ils et elles sont accompagné·es par la création musicale de Dan Levy, dans un espace créé par Yves Godin qui fait d’eux et d’elles le cœur battant de la parole. De quoi faire s’élever un chant qui dit la puissance de la vie.
Très vite, après le drame du Bataclan, j’ai ressenti le besoin d’écrire parce que tout dans mon corps étouffait. J’écrivais frénétiquement et au bout d’un moment, je me sentais comme vidée.
À cette époque, j’avais reçu un mail de Pascal Rambert, dont j’avais suivi l’atelier d’écriture lorsqu’il dirigeait le Théâtre de Gennevilliers. Je lui ai demandé s’il acceptait que je lui envoie mes textes. Être lue par Pascal m’obligeait à une relative forme. Il lisait sans juger du contenu, répondait juste « j’ai lu ». Ça m’aidait.
En 2019, j’ai rencontré Michel Cochet du collectif « À mots Découverts ». Nous avons structuré ces textes épars et il m’a invité à me poser les bonnes questions pour poursuivre. L’heure était venue d’interroger mon histoire algérienne, passée sous silence dans le récit familial, et de lui faire correspondre une actualité douloureuse.
En 2021 j’ai envoyé à Pascal Rambert une forme qui me plaisait, sous le nom de La Terre n’est rien d’autre qu’un morceau de ciel. Il a organisé une lecture à Théâtre Ouvert. Audrey Bonnet et Stanislas Nordey lisaient.
J’ai découvert Audrey sur scène en 2005 alors qu’elle interprétait Le Début de l’A de Pascal Rambert. Depuis, j’ai vu de nombreuses pièces qu’elle interprète. Nous nous sommes vues toutes les deux peu après la lecture et sans trop de mots, une envie réciproque s’est exprimée. Une évidence pour moi.
Aurélie Charon et Inès Dupeyron nous ont proposé d’inventer un objet sonore pour France Culture, réalisé par Véronique Lamendour. Audrey et moi lisions, mon fils Paul proposait la partition à la guitare. Nuit de guerre dans Paris, tiré du texte La terre n’est rien d’autre qu’un morceau de ciel a été diffusé dans l’émission « l’Expérience » en mai 2022. Le texte est Lauréat de l’aide à la création Artcena – catégorie texte dramatique – printemps 2022.
Audrey a imaginé une lecture avec les élèves de deuxième année de l’ESAD pour le festival du Théâtre de Verdure. Pour la première fois, j’entendais vraiment ce texte.
La parole écrite par une femme de cinquante ans chantait juste dans les corps de jeunes fougueux, déterminés, et bien vivants. La partition qu’Audrey proposait donnait à ce texte une puissance que je n’avais jamais imaginée.
Sur les conseils d’Audrey, j’ai envoyé le texte à Frédéric Martin des Éditions « Le Tripode ».
La Terre n’est rien d’autre qu’un morceau de ciel devient rien n’est su et est publié à la rentrée littéraire 2023.
En un peu plus d’une année, ce texte est devenu aussi le texte d’Audrey.
Je suis en paix avec ses envies et sa vision. J’ai une absolue confiance en ses motivations personnelles et artistiques. C’est une joie simple de la voir s’emparer de rien n’est su.
Sabine Garrigues
9, bd Lénine 93000 Bobigny
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Parking à proximité (un parking gratuit dans le centre commercial Bobigny 2 est accessible les soirs de représentation)