Téléphone-moi

du 21 septembre au 29 décembre 2026
1h40

Téléphone-moi

Téléphone-moi est une fresque familiale qui traverse le siècle. Presque à la manière d’un roman épistolaire, c’est à travers des conversations téléphoniques que l’on va entrer dans l’histoire de cette famille. À partir de 12 ans.

Téléphone-moi - Photographies

À partir de 12 ans.

  • Une cabine téléphonique, 3 époques

C’est dans des cabines téléphoniques que l’existence des personnages bascule, que tout prend vie et que l’on meurt aussi. C’est dans les cabines que les moments clés de leur vie vont se produire, les grandes joies comme les tragédies.

Jonglant d’une époque à l’autre, depuis la Libération de Paris jusqu’à la victoire de Zidane, au gré des jingles publicitaires qu’on a tous fredonnés et qui peuplent notre inconscient collectif, on recolle peu à peu les pièces de cette enquête familiale à suspense, où l’on découvre l’incroyable pouvoir de la transmission intergénérationnelle.

  • La presse

« Sur 1 570 spectacles, il y a une certaine forme de délice à tomber sur un joyau comme Téléphone-moi. » The New York Times

« De secrets en drames, une tragédie s’énonce. Avec, en bout de course, la perspective d’une résilience. Prenante représentation. » Télérama

« Cette pièce est-elle un drame, une comédie de mœurs, une romance… ? Difficile de trancher, j’ai pleuré, ri, été émue, surprise, charmée… Je suis surtout sortie plus riche de ce qu’ils m’ont offert ! Une pièce intime et superbe. »  ManiThéa

  • Note d'intention

Nous sommes le 12 juillet 1998, il est environ 23h, l’arbitre vient de siffler la fin de la rencontre et pour la première fois de son histoire, l’équipe de France de Football est championne du monde.

J’ai 27 ans, le sentiment de sortir à peine de mon adolescence, et sans que je comprenne d’où ça vient, je suis violemment submergé par une décharge émotionnelle qui me laisse hagard. Tout me revient en trombes, la demi-finale perdue de 82, mes espoirs d’enfants déçus, ma vie depuis, mes ambitions d’acteurs, mes rêves d’auteurs, ma victoire à moi, mes vieux copains perdus de vue, mes drames, mes peurs, mes lâchetés, mon père et ses hurlements de 82, mon père qui se casse une côte en sautant dans les bras de son vieux pote quand Marius Trésor met sa reprise de volée dans les cages de Schumacher, ma victoire à moi, c’est quoi ? Mon 12 juillet 1998 ? Tout me revient, le monde doré de mon enfance, un monde d’insouciance qui désormais est derrière moi, et le sentiment que cette victoire je vais devoir aller la chercher tout seul, que je n’aurai plus ni papa ni maman pour m’aider à faire mes devoirs, que je suis devenu un adulte.

J’ai compris ce soir-là dans le chaos de cette exaltation, ce qui se jouait lors de ces grands rendez-vous populaires, ces évènements sportifs, ces rassemblements politiques, ces concerts mémorables. J’ai compris tout à coup combien la force du collectif, cette communion populaire avait le pouvoir de nous faire redescendre au plus profond de notre psyché pour y faire remonter ce qui en temps normal sommeille dans les couches souterraines de notre inconscient, cette part archaïque et bestiale de nous qui en ces occasions, peut rugir.

C’est peut-être dans ce qui s’est passé ce soir-là que Téléphone-moi trouve ses racines.

Que l’on aime le foot ou pas, que l’on ait pleuré de joie ou d’effroi à l’élection de Mitterrand, que l’on ait subi l’occupation allemande ou qu’on l’ait combattue, ce qui arrive au collectif est toujours à la fin des fins une histoire intime.

Intime est également l’histoire de Téléphone-moi, parce que derrière cette fresque qui parcourt un bout de notre histoire commune, pointe un récit familial, une étude des transmissions silencieuses qui passent d’une génération à une autre, des secrets qui empoisonnent la croissance des êtres. C’est probablement le texte le plus intime que j’ai eu à écrire parce qu’il ne se cache pas derrière un fait de société ni derrière un humour acide pour parler cette fois de la relation d’un père à son fils, d’une fille à son frère, d’une mère à son amant. La seule pudeur persistante réside dans le mode de communication : la cabine téléphonique. Les moments les plus importants de la vie de mes personnages sont vécus dans ces cabines, à l’abri du monde, protégé par cette fine membrane de plexiglass, lors de conversations dont le spectateur n’entend pas tout, doit deviner les réponses, imaginer un interlocuteur que la pièce ne montrera peut-être jamais.

Téléphone-moi est une histoire de réconciliation, l’histoire d’une colère qui s’apaise parce qu’elle commence à comprendre d’où elle vient, c’est l’histoire de cette victoire sur la colère, ma victoire à moi. Mon 12 juillet 1998.

Jean-Christophe Dollé

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