
Sur les ruines d'une prison, Persada cherche la vérité sur sa mère, « la femme qui chante », dont l'amour défia jadis le tyran Soliman. Avec ce singspiel composé en 1780, le jeune Mozart fait entendre ses aspirations à la liberté et à la justice, prémices de L'Enlèvement au sérail. Raphaël Pichon et Pygmalion associent Zaïde à d'autres œuvres rares dans une fresque humaniste créée à Salzbourg en 2025. Spectacle en allemand et italien, surtitré en français et anglais
Spectacle en allemand et italien, surtitré en français et anglais
Une jeune femme revient sur les ruines d’une ancienne prison. Elle s’appelle Persada et cherche la vérité sur l’histoire de sa mère, Zaïde, celle qu’on appelait jadis « la femme qui chante ». Des silences du gardien des lieux, autrefois bourreau, remonte l’histoire de Zaïde et de Gomatz, leur amour dressé comme un dernier cri contre le tyran Soliman...
À son retour de Paris en 1780, le jeune Mozart retrouve à Salzbourg son emploi au service du prince-archevêque, mais rêve désormais d’être invité à Vienne par l’empereur. Il se lance alors dans l’écriture d’un singspiel (forme allemande de l’opéra-comique) pour exprimer ses aspirations à la liberté, à la justice et à l’amour. Situations et personnages annoncent le message humaniste de L’Enlèvement au sérail.
Pour l’édition 2025 du Festival de Salzbourg, Raphaël Pichon et Pygmalion ont associé Zaïde à d’autres œuvres aussi géniales que rarement jouées, pour créer une fresque humaniste. L’Opéra-Comique reprend ce spectacle dans de nouvelles dimensions, pour trois représentations exceptionnelles à la nuit tombante, dans le Hall Eiffel du lycée Carnot, dans le 17e arrondissement de Paris.
La préparation de Zaide en 1780 constitua un tournant décisif dans la carrière de Mozart. Ce Singspiel, composé spontanément pour la cour viennoise du « despote éclairé » Joseph II puis laissé inachevé, brille par les thèmes humanistes qu’il explore. Pour la première fois, Mozart bâtit une véritable caisse de résonance musicale et dramaturgique pour ce qu’il considérait comme juste et bon : la lutte contre la tyrannie, la puissance de l’amour véritable et, surtout, la quête inaliénable de liberté. Même si Zaide s’appuie au départ sur les clichés du récit de « sauvetage » et sur les turqueries rococo de l’époque, l’œuvre les dépasse par la profondeur psychologique avec laquelle Mozart dépeint ses personnages et par l’intensité musicale rare du drame.
Après le premier départ de Mozart de Salzbourg en 1777, de profonds bouleversements avaient marqué sa vie : sa rencontre décisive avec son nouvel ami Haydn, ses découvertes de Munich et de l’orchestre de Mannheim, son amour déçu pour Aloysia Weber, sa désillusion parisienne et la mort tragique de sa mère. Mozart revint à Salzbourg et au service du prince-archevêque Colloredo le cœur lourd. Pourtant, il revint aussi dans sa ville natale profondément transformé. Les grandes œuvres vocales qu’il composa dès lors portaient l’esprit des Lumières ainsi que les mouvements philosophiques et esthétiques qui agitaient l’Europe. Zaide fut le point de départ de cette nouvelle esthétique, qui refusait les concessions au goût galant pour explorer au contraire la vérité de l’âme humaine. Comment ne pas voir un lien direct entre l’émancipation progressive de Mozart de ses tutelles (quitter Colloredo, quitter Salzbourg, quitter son père) et son épanouissement dans les chefs-d’œuvre dramatiques et sacrés à venir : Idomeneo (1780–1781), Die Entführung aus dem Serail (1781–1782), la Great Mass in C minor (1782–1783), et bien d’autres encore.
Qu’est-ce qui nous transforme ? Qu’est-ce qui nous rend meilleurs ? Telles étaient les questions débattues en Europe à l’époque des Lumières. Mozart, qui allait bientôt être admis dans la loge maçonnique viennoise « Zur Wohltätigkeit », se les appropria en proposant une vision de l’humanité qui, sans jamais cesser d’être traversée par le doute, permet à l’amour et au pardon de triompher.
Dans Libertà! Mozart & l’Opéra (2019), Pygmalion et Raphaël Pichon exploraient le laboratoire musical et dramaturgique qui précéda les trois grands chefs-d’œuvre de la trilogie Mozart/Da Ponte. Avec cette nouvelle création pour le Salzburg Festival, qui plonge dans les rarement interprétés Zaide et Davide penitente (fondé sur la Grande Messe en ut mineur), ainsi que dans d’autres joyaux de Mozart, ils composent une fresque humaniste où l’individuel et le collectif se répondent ; où le combat entre lumière et ombre se rejoue à chaque instant.
Eddy Garaudel, dramaturge du spectacle
Un exceptionnel moment de musique et de théâtre, d’opéra en fait, d’une rare émotion. Sabine Devielhe sublime, son partenaire dans Gomartz également mais aussi Assim. Pygmalion au mieux de sa forme avec un Raphaël impérial nous offrant une vision respectueuse de Mozart, inspirée et envoûtante de ces deux œuvres si intelligemment mêlées. Merci !
Réservé via Theatreonline
Quelle découverte que cet opéra de jeunesse, mozartien au plus haut degré. L'exécution musicale était remarquable de bout en bout, avec une mention encore supérieure pour les choeurs. Par contre, on comprend que Mozart ait été peu satisfait de son librettiste : quelle succession de platitudes! Quant à la mise en scène, elle est tout simplement inexistante. Pourquoi pas au moins un petit turban à Soliman?
Réservé via Theatreonline
Opéra de Mozart rarement donné et présenté ici dans les meilleures conditions. L'"arrangement proposé" est tout à fait convaincant.
Réservé via Theatreonline
Magnifique sur tous les plans: musique orchestre et cœur, chanteurs, mise en scene
Réservé via Theatreonline
Pour 4 Notes
Un exceptionnel moment de musique et de théâtre, d’opéra en fait, d’une rare émotion. Sabine Devielhe sublime, son partenaire dans Gomartz également mais aussi Assim. Pygmalion au mieux de sa forme avec un Raphaël impérial nous offrant une vision respectueuse de Mozart, inspirée et envoûtante de ces deux œuvres si intelligemment mêlées. Merci !
Réservé via Theatreonline
Quelle découverte que cet opéra de jeunesse, mozartien au plus haut degré. L'exécution musicale était remarquable de bout en bout, avec une mention encore supérieure pour les choeurs. Par contre, on comprend que Mozart ait été peu satisfait de son librettiste : quelle succession de platitudes! Quant à la mise en scène, elle est tout simplement inexistante. Pourquoi pas au moins un petit turban à Soliman?
Réservé via Theatreonline
Opéra de Mozart rarement donné et présenté ici dans les meilleures conditions. L'"arrangement proposé" est tout à fait convaincant.
Réservé via Theatreonline
Magnifique sur tous les plans: musique orchestre et cœur, chanteurs, mise en scene
Réservé via Theatreonline
145 Boulevard Malesherbes 75017 Paris