
Eda, jeune ministre, s’apprête à donner un discours sur des mesures écologiques importantes. Georges, ouvrier boucher, s’apprête à écouter le discours qui va changer sa vie.
À partir de 15 ans.
Eda, jeune ministre, s’apprête à donner un discours sur des mesures écologiques importantes. Elle est soutenue par son mari Auguste et par la jeune fille au pair qui l’admire, Ines. Georges, ouvrier boucher, s’apprête à écouter le discours qui va changer sa vie.
Récit sur les gagnants et les perdants. Sur l’inévitable sacrifice. Sur les bonnes intentions et sur les mauvaises. Sur les chemins que nous voulons prendre, et sur les conséquences… Y a-t-il une échappatoire au couteau sacrificiel ?
Il s’agit avant tout de paroles, de langage. De mots prononcés ; de leur impact. Quel est l’impact d’un discours, d’une discussion, d’une menace, d’un mot seulement ? Sur un individu, sur une société, sur le monde ?
La parole est performative : elle agit, elle est action. Je dis, je t’aime, et notre relation est changée, tu es changé, je suis changé par mes propres mots, d’autres
encore sont changés (ex, parents, etc…). Le président dit, nous entrons en guerre contre tel pays, et ma relation à tel pays est changé, malgré moi, changée la relation avec l’autre, avec sans doute le président, avec le système entier. La parole a modifié le monde. Et ainsi pour l’insulte, pour le récit et pour toute parole.
La parole est au centre, évidemment, de la politique, qui est un lieu privilégié de la parole performative, c’est même le lieu où elle a le plus de puissance. Un discours peut très bien changer la face du monde. Et une insulte d’un chef d’état à un autre peut faire basculer la vie réelle de nombreuses personnes. La parole est au centre, aussi, de l’intime. C’est dans l’intime que nos mots touchent plus. Le rapprochement donne une certaine force à nos mots. Dire quelque chose à un groupe d’ami et dire la même chose à l’oreille de son amant change la portée de ces mots.
Navigant entre l’intime le plus intime, les pensées, et le monde de la politique, tout passe par cette parole dans Utopie\Viande. Les personnages se racontent, s’insèrent dans leur propre récit et décrivent leur être et leurs actions. Ils deviennent mots et se situent les uns par rapport aux autres par les mots. Les rapports de pouvoir, qu’ils soient politiques ou intimes, se font par discours, par attaques verbales ; les dominations sont décrites et détaillées, et celles et ceux qui n’arrivent pas à prendre en charge ces mots deviennent victimes.
Le théâtre est l’art privilégié de la parole performative. Il en est l’incarnation parfaite. Dans cet art trouble, la parole possède un pouvoir exceptionnel. Plus que le cinéma qui préfère s’appuyer sur l’image, plus que la chanson qui s’appuie sur la musique. Le théâtre déploie une parole qui devient sous nos yeux réalité.
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