Un miracle ordinaire

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Théâtre Jean Arp , Clamart

Du 17 au 28 janvier 2012
Durée : 1h20

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Jamais montée en France, cette fable politique à peine déguisée a été écrite en 1954 par Evgueni Schwartz pour échapper à la censure. Une critique du pouvoir toujours aussi vivace ; un acte de résistance féroce, insolent et très jubilatoire.
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Spectacle terminé depuis le 28 janvier 2012

 

Un miracle ordinaire

De

Evguéni Schwartz

Mise en scène

Laure Favret

Avec

Dimitri Artemenko

,

Julien Bergen

,

Thibaut Corrion

,

Anne Coudret

,

Alain Granier

,

François Kergourlay

,

Hélène Lausseur

,

Eve Le Trévédic

,

Marie Nicolle

,

Cyprien Quairiat

,

Anne Seiller

,

Vadim Sher

,

Julien Sibre

,

Roland Timsit

,

Julia Zimina

  • Un acte de résistance féroce, insolent et jubilatoire

Jamais montée en France, cette fable politique à peine déguisée a été écrite en 1954 par Evgueni Schwartz pour échapper à la censure. Une critique du pouvoir toujours aussi vivace ; un acte de résistance féroce, insolent et très jubilatoire.

C’est l’histoire d’un magicien-démiurge qui décide de transformer un ours en homme. Miracle. Ce dernier ne pourra reprendre sa véritable forme que s’il est aimé par une princesse. Rien que de très ordinaire. Un roi tyrannique et sa cour débarquent alors chez le magicien. Miracle : il a une fille. Le jeune homme et la princesse s’aiment. Un miracle ordinaire. Mais que va-t-il advenir s’ils s’embrassent ?

Tout le sel de cette histoire réside principalement dans sa force métaphorique, avec un texte insolent à multiples facettes, une joyeuse partition où le faux provoque des émotions vraies. La mise en scène de Laure Favret met en valeur la féerie et l’humour féroce de la pièce de Schwartz, jouant de ses contradictions pour mieux faire apparaître les réalités de chacun et de ce monde. Péripéties et rebondissements constants rythment ce spectacle très optimiste sur l’acte de création.

Par la Compagnie Dard’art.

  • Note de mise en scène

Que le monde soit dirigé par un tyran (le roi) ou par un démiurge (le magicien), seul l'homme a le pouvoir de changer le cours des choses par la force étonnante de ses désirs.

Evgueni Schwartz écrit ce Miracle en 1954 après dix ans de silence imposé par le régime soviétique. Il écrit une fable pour enfants, à l’attention des fonctionnaires chargés de la censure. Mais tous les ingrédients de ses pièces antérieures sont présents, ses personnages sont incisifs, sa critique du pouvoir est précise et son optimisme inébranlé. Cette pièce s’adresse à des enfants capables d’une compréhension et d’une sensibilité supérieures à celles d’adultes apathiques. Ce Miracle se lit avec avidité et plaisir. Une mécanique bien huilée nous rend tout simplement heureux. Nous jouerons de cette joyeuse efficacité avec espièglerie, dans la veine des comédies hollywoodiennes.

Pourtant, nous sommes loin de la farce même si Schwartz s’amuse à utiliser les ficelles du conte. Un miracle ordinaire s’annonce joyeux et léger et gagne progressivement en tensions et en gravité. Les situations, péripéties, rebondissent constamment. Les pouvoirs de ceux qui pensent en être pourvus - rois, ministres, magiciens – se voient toujours contrecarrés par la puissance de l’homme dans l’expression de sa volonté, de son amour et de sa peur de la mort.

Ce spectacle pour enfants à l’adresse des adultes repose sur l’opposition ordinaire/miraculeux. C’est parce que notre histoire semble banale qu’elle suscite la surprise. La dualité sera soulignée par des esthétiques volontairement dissemblables : d’un côté les décors et les lumières, d’un réalisme formel évoqueront la Russie soviétique et de l’autre les dialogues, la musique et les costumes mettront en valeur la féerie et l’humour féroce de Schwartz. Il y a le sujet, l’humain, et le monde qui l’environne : deux univers qui se superposent, ils ne parviennent que rarement à se rencontrer comme s’ils n’avaient jamais été faits l’un pour l’autre. C’est ce décalage qui rend la pièce étrange, drôle et belle.

La mise en scène tendra vers une extrême simplicité, fluide et précise, réponse de défiance aux arrangements et aux manipulations des personnages qui, pour satisfaire leurs désirs (redevenir ours,émerveiller sa femme, voir sa fille s’aguerrir, prendre le pouvoir), échafaudent de complexes et perfides stratégies.

Les comédiens ne quitteront pas le plateau, instaurant des espaces de jeu et de hors-jeu. Leur interprétation sera sincère et réaliste afin que les situations miraculeuses détonnent. Le décor sera constitué d’un grand praticable fait de trappes et de poutrelles métalliques, en écho à l’art industriel de l’avant-garde russe, qui s’emboîteront et se transformeront ; au service du jeu des comédiens, il évoquera plutôt qu'il ne représentera. Des éléments de scénographie et certains accessoires, réalistes mais stylisés, seront projetés au gré des souhaits du magicien, qui fera littéralement la pluie et le beau temps. Le côté formel de la scénographie mettra en valeur l’onirisme de l’histoire.

Cette recherche stylistique sera constamment présente de façon à ce qu’elle n’échappe pas aux spectateurs, sans déranger leur vision de la pièce, elle introduira une perpétuelle bizarrerie, une sorte de dualité entre fond et forme. L'extraordinaire en sera d’autant plus surprenant. Le conte et la poésie seront, par contraste, portés à leur paroxysme.

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