Réparer les vivants

Espace 1789 , Saint-Ouen

Le 06 février 2018
Durée : 1h20

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Le metteur en scène Sylvain Maurice porte à la scène le roman multi-récompensé de Maylis de Kerengal, récit de la transplantation d'un coeur. Une épopée bouleversante sur la vie et la mort, en mots et en musique.
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Réparer les vivants

De

Maylis de Kerangal

Adaptation

Sylvain Maurice

Mise en scène

Sylvain Maurice

Avec

Vincent Dissez

,

Joachim Latarjet

  • Compte à rebours

« Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps »

De retour d'une session de surf, Simon Limbres et ses amis ont un terrible accident de voiture. Le jeune homme de dix-neuf ans est déclaré en état de mort cérébrale. Ses parents acceptent de faire don de ses organes... Le récit suit alors le parcours de son coeur et les étapes d'une transplantation qui bouleverse de nombreuses existences.

Dans un compte à rebours haletant, chaque acteur de cette chanson de geste se met en branle : la mère, le père, la petite amie, les chirurgiens, l'infirmier coordonnateur, la « receveuse »... Chacun est un rouage d'une mécanique qui amènera le coeur d'un jeune homme dans la poitrine d'une femme de cinquante ans. La langue sensible de Maylis de Kerangal décrit toutes les émotions des acteurs de ce drame, mettant en lumière chacun des fragments du kaléidoscope extraordinaire de ce transfert de vie.

Sylvain Maurice fait le pari d'adapter pour le théâtre le best-seller de Maylis de Kerangal. Il en donne une version réduite, dense, qui met en exergue les dialogues forts, tout en laissant la part belle au récit.

Dans le plus grand dépouillement scénique, le metteur en scène adresse une parole urgente, immédiate et directe aux spectateurs.

Entre empathie, précision, musicalité et virtuosité, c'est l'acteur Vincent Dissez qui porte toute la théâtralité, accompagné du musicien Joachim Latarjet.
Par ce récit empreint de deuil et d'espoir, Maylis de Kerangal et Sylvain Maurice font résonner les mots de Tchekhov dans Platonov  : « Enterrer les morts, réparer les vivants ».

D’après le roman de Maylis de Kerangal © éditions Gallimard / publié par Verticales.

  • La presse

« En montant au théâtre cette course contre la montre, le metteur en scène Sylvain Maurice (...) signe un spectacle d'une sobriété bouleversante, tout aussi efficace que sensible. » Emmanuelle Bouchez, Télérama TT, 10 avril 2016

« Vincent Dissez habite ce texte, passe d’un personnage à l’autre. Le visage grave, il danse, il est aérien. (...) La mise en scène de Sylvain Maurice fonctionne à merveille. » Stéphane Capron, Sceneweb, 4 février 2016

« La mise en scène, très sobre et le brio du comédien – qui déclame le texte sur un rythme effréné, – réussissent tout à fait à mettre en valeur, par contraste, la luxuriance du texte. » Alice Bourgeois, Mouvement, 27 novembre 2015

  • Entretien avec Sylvain Maurice

Comment résumer Réparer les vivants ?
L'histoire en est très simple : Simon Limbres, un jeune homme de dix-neuf ans, est déclaré en état de mort cérébrale à la suite d'un accident ; ses parents vont accepter de faire don de ses organes. Le récit suit alors le parcours du coeur de Simon et les étapes d'une transplantation qui bouleverse de nombreuses existences.

Qu’est-ce qui vous a poussé à porter ce texte à la scène ?
Comme de très nombreux lecteurs, j'ai été bouleversé par ce récit. Une des raisons est certainement sa dimension vitale, vivante et, osons le dire, heureuse. Le projet de Maylis de Kerangal s'inspire d'une phrase de Tchekhov dans Platonov : « Enterrer les morts, réparer les vivants ». Après le deuil vient l'espoir : comment la greffe du coeur de Simon va redonner vie à Claire, qui était sur le point de mourir... Cette notion de réparation est fascinante. Réparer les vivants est un grand livre grâce à son style : une langue magnifique, une narration haletante, des personnages hauts en couleur ; c'est une oeuvre très théâtrale du point de vue des émotions et en même temps très précise et très documentée sur le plan scientifique et médical ; c'est aussi une oeuvre réaliste et drôle quand l'auteur décrit le monde de l'hôpital. A certains égards, Maylis de Kerangal se fait anthropologue en abordant des questions comme la place de la mort dans nos sociétés, la sacralité du corps, l'éthique en médecine... Dire ce texte au théâtre, l'habiter, le traverser est une évidence. Sa langue musicale, rythmique, toujours portée par l'urgence en fait un texte physique, organique pour les acteurs.

Vous vous emparez d'une écriture romanesque. Comment opérez-vous le passage à la scène ?
Je ne l'adapte pas, je procède juste à une « réduction » du texte pour une représentation d'une heure et quart, qui s'appuie avant tout sur les interprètes. Dans cette « réduction », je mets en exergue les dialogues, sans pour autant abolir le récit. Je souhaite jouer sur la polyphonie. J’essaie qu’il y ait plusieurs voix dans un même corps. J’aimerais créer une sorte de machine folle autour d’un acteur et d’un musicien. Ce texte est une sorte de souffle, de destin, de chemin, de course médicale sur la grande technicité de la greffe et du don d’organe. C’est une sorte d’odyssée moderne, où se raconte un mythe contemporain. Le coeur en est le personnage principal. Je suis comme un aède ou un rhapsode moderne qui vient délivrer une fabula, une histoire qui doit nous captiver, parce qu’elle touche au fonds archaïque de notre humanité : la vie, la mort, le deuil, la renaissance.

Quelle forme théâtrale allez-vous mettre en scène ? Quel dispositif scénique avez-vous imaginé ?
Le parti-pris est simple : on s'adresse au spectateur, on lui raconte cette histoire, dans une grande épure, avec le comédien Vincent Dissez et le musicien Joachim Latarjet. Dans ce spectacle, ce sont les interprètes qui portent la théâtralité : comment passer d'un registre à l'autre, du récit au dialogue, d'un personnage à l’autre, comment être dans l’empathie et la précision ? Nous travaillerons par glissements, du jeu à la musique, dans une scénographie et des lumières signées par Eric Soyer.

Propos recueillis par Nicolas Laurent.

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Audrey O. (1 avis) 25 juin 2017

Réparer les vivants Excellente mise en scène. Acteur époustouflant habité par son texte. Rythme cadencé, halentant, captivant très fidèle au livre. Bravo aux acteur et musicien pour leur professionnalisme incroyable malgré une chaleur de plomb dans la salle!
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