Réparer les vivants

Théâtre Suresnes - Jean Vilar , Suresnes

Du 19 au 23 avril 2017
Durée : 1h20

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

,

Molières 2017

Les vingt-quatre heures de la vie d’un coeur de dix-neuf ans ; récit d’aventures folles d’un organe qui passe du torse de Simon à celui de Claire, cinquante ans, que l'ado va sauver. Emmanuel Noblet fait vivre avec sensibilité les combats intérieurs, illumine l’épopée palpitante de l’organe greffé, d'après le roman de Maylis de Kerangal.
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Spectacle terminé depuis le 23 avril 2017

 

Photos & vidéos

Réparer les vivants

De

Maylis de Kerangal

Adaptation

Emmanuel Noblet

Mise en scène

Emmanuel Noblet

Avec

Emmanuel Noblet

Molière 2017 : meilleur Seul(e) en scène.

« On peut clamper ? »

  • Un spectacle lumineux et plein de vie

Simon sort de l’enfance pour se jeter dans les vagues. Il surfe, il fend la flotte de toute la puissance de sa jeunesse, coeur exalté. Avec les copains, retour à l’aube en camionnette. Sortie de route, fatale. À l’hôpital, on diagnostique la fin cérébrale. La question du don d’organe se pose. Les parents traversent des sommets de doute et de douleur.

Le roman aux dix prix littéraires de Maylis de Kerangal raconte les vingt-quatre heures de la vie d’un coeur de dix-neuf ans ; récit d’aventures folles d’un organe qui passe du torse d’un ado à celui de Claire, cinquante ans, que Simon va sauver. Dans Platonov de Tchekhov, il est dit qu’il faut « enterrer les morts, réparer les vivants ».

Emmanuel Noblet a joué au théâtre sous la direction de Catherine Hiegel et de Sophie Lecarpentier. Quand il dévore le livre choral de Kerangal, il décide de s’emparer du projet, il adapte le texte, signe sa première mise en scène et interprète toutes les figures. Jeu engagé, ponctué de voix off, musiques, projections, effets sans affect, le jeune homme fait vivre les combats intérieurs, illumine l’épopée palpitante de l’organe greffé.

Solo devenu aussitôt culte au festival OFF d’Avignon 2015, Réparer les vivants déploie la carte de tous les sentiments humains, opposés et indissociables, dans un mouvement de vie incandescent.

  • La presse

« La version que nous offre Emmanuel Noblet est la plus belle. Sobre, fluide, pudique. Le comédien-metteur en scène joue presque tous les rôles (les voix des femmes sont enregistrées). Il évite tout pathos pour évoquer la douleur de la mort et le combat acharné pour la vie. Chaque personnage existe, murmure son humanité. » Philippe Chevilley, Les Echos, 18 septembre 2016

« Les théâtres de France et de Navarre s’arrachent ce spectacle modeste dans sa forme, mais infiniment juste et émouvant, et de grande portée quant à ce qu’il raconte de l’humain et de notre société. » Fabienne Darge, Le Monde, 7 septembre 2016

« Dans un solo incandescent, l'agile Emmanuel Noblet adapte le roman de Maylis de Kerargal avec compassion On quitte la représentation en état de grâce. » La Vie, 5 septembre 2016

« Il y a du funambule en lui. ll inspire la légèreté, l'envol. Il possède une grâce toute particulière, fin mélange de simplicité et de profondeur, de sincérité et d'inquiétude. » Armelle Héliot, Le Figaro, 2 septembre 2016

« Une extraordinaire maîtrise du plateau, des personnages, et surtout l'esprit de ce texte ciselé à la perfection. Un spectacle d'excellence. » François Varlin, Théâtral magazine, 31 août 2016

« Le succès de la pièce doit beaucoup au charisme du comédien : son charme, sa simplicité, la justesse et la pudeur de son jeu. » France culture, 19 juillet 2015

« Le résultat est une réussite. Emmanuel Noblet tire de ce très beau roman un spectacle de théâtre intense. » Laurence Houot, Culturebox, 16 juillet 2015

« Avec deux chaises et une blouse blanche pour seuls accessoires, Emmanuel Noblet restitue à merveille le rythme haletant du roman et l’écriture profondément humaine de Maylis de Kerangal. Un spectacle élégant et bouleversant. » Sophie Joubert, L’Humanité, 13 juillet 2015

  • Note d'intention

Le don d’organe est une générosité absolue. Gratuit, anonyme, il donne rien moins que la vie. Et c’est souvent un choix à faire au sommet de la douleur, par des proches qui entourent un corps qui a l’air de dormir. La question qui se pose alors est un vrai choix de société, auquel une des deux réponses possibles est un altruisme héroïque et secret. Tout l’inverse des modèles en vigueur. Avec le suspense et la rapidité de notre époque, Maylis de Kerangal nous offre cette histoire qui réconcilie finitude et génie humain. Ses mots transmettent une grande force de vie qu’il faut faire circuler de cerveau en cerveau et de coeur en coeur. Réparer les vivants c’était déjà du Tchekhov, il fallait le transplanter au théâtre aujourd’hui.

Au départ c’est une envie d’acteur. Après quinze ans de théâtre avec des partenaires sur scène, je voulais me confronter à cet exercice particulier de la narration : une traversée de texte en solitaire avec différents registres de jeu dont le chant.

« Je me suis calée dans une écriture où je décris tout ce qui se passe. Les personnages sont présents et s’incarnent par ce qu’ils montrent. » Maylis de Kerangal

Donc je cherchais depuis longtemps un texte qui rencontre mon point de vue d’acteur, et dès la lecture de ce roman, ce fût une évidence qu’il me fallait amener cette histoire sur un plateau et la raconter seul en scène : prendre une chaise et venir s’asseoir face au public, s’entretenir avec lui comme le fait l’infirmier face aux parents de Simon au coeur du livre, et leur poser cette question du don d’organe. Impliquer le spectateur dans cette tragédie héroïque, et l’amener à s’interroger sur un choix de société.

Il y a plusieurs évidences à jouer ce texte seul en scène : D’abord parce que l’écriture de Maylis de Kerangal est narrative, descriptive et très peu dialoguée.

Ensuite parce que l’essentiel du drame est ressenti par des personnages sans qu’ils puissent l’exprimer (« Ce qu’ils ressentent ne parvient pas à trouver de traduction possible mais les foudroie dans un langage impartageable, d’avant les mots et d’avant la grammaire »). Donc il ne s’agit pas de les incarner silencieusement mais de parler d’eux, juste en dessiner une silhouette par une position du corps, et énoncer ce qu’ils vivent, dire les mots de l’émotion, laisser le spectateur les imaginer et s’identifier. C’est un axe essentiel de la mise en scène.

Je crois à la puissance poétique de l’acteur qui raconte seul en scène. J’ai voyagé des heures en restant assis devant Philippe Caubère ; j’aime, comme spectateur, cet imaginaire exceptionnel que l’on convoque immédiatement lorsqu’un interprète se présente seul face à nous. Et cette plus-value trouve tout son sens avec ce texte où les parents, en devenant orphelins de leur enfant, sont comme des fantômes.

Et puis il y a un autre sens à cela. C’est que la position de l’acteur seul sur un plateau est fragile et qu’elle raconte déjà par elle-même le danger, la menace du monde sur l’individu, et aussi le vertige que l’on peut éprouver face à la perte d’un proche, la solitude infinie dans laquelle on demeure avec le deuil.

Cette histoire est faite pour le théâtre, elle doit se raconter rapidement, sans temps mort, sans appuyer les émotions convoquées à chaque page, c’est un récit puissant, un matériau humain qui bouillonne, un rythme, un souffle, un suspense, c’est une énergie vitale captivante.

Enfin, à propos de ce roman, l’auteur en décrit le prologue comme l’entrée dans une vague que prendrait un surfeur, un ride qui l’emmènerait jusqu’au bout du livre. Quelle meilleure image que celle-ci pour un acteur qui entre seul en scène pour quatre-vingt minutes d’écoute du public ?

Avis du public : Réparer les vivants

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    Diane M. 20 avril 2017

    spectacle qui réussit à rendre l'esprit du livre, aussi poignant et haletant merci à l'acteur pour cette belle performance »
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    Brigitte G. 07 octobre 2016

    Moment de Théatre d'une rare densité Performance d'acteur inouïe d'Emmanuel Noblet Bravo ! »
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    Alexis R. 07 octobre 2016

    C'est passionnant C'est vrai que le sujet l'est mais c'est une prouesse de nous faire vibre comme cela. »
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    Anita D. 30 septembre 2016

    Réparer les vivants Excellente mise en scène!!! »
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    Christian D. 26 septembre 2016

    Réparer les vivants Avec un sujet moins prenant on s'enuirait peu etre ........ »
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    Camille D. 24 septembre 2016

    Jeu d'acteur extraordinaire »
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    Claire D. 23 septembre 2016

    magnifique le livre était sublime la pièce le re invente magnifiquement »
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    Rachel C. 17 septembre 2016

    Aucun intérêt Quel est l'intérêt de cette utilisation de l'espace scénique ou rien n'est joué, rien n'est traversé par l'acteur, et pour autant le texte même n'est pas exploré par un travail de diction, ni de rythme, si de souffle. Le texte est tenu bien à distance de l'acteur qui nous le dit: il n'en pense rien, n'en est traversé en rien, et pourtant attend de nous que nous soyons traversés et touchés. Une absence cruelle de fantaisie réelle et de parti pris réel sur le texte et sur les mots. Seulent restent, pour nous faire un peu rêver, quelques babioles de régies intéressantes, effets de sons, de lumières En revanche l'acteur, seul en scène (dans une adaptation et une mise en scène de lui même), "joue" avec des voix pré-enregistrees... Le tout est... médical. On a beau se trouver en plein contexte hospitalier, ce n'est pas une raison pour stériliser la scène. On sort en ayant pensé a sa journée, et aux 35€ dépensés pour voir UN acteur, pas de décor, dans une salle relativement inintéressante. »
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