Oh les beaux jours

du 23 septembre au 1 novembre 2026
1h30

Oh les beaux jours

Quinze ans après sa première interprétation de Winnie, Catherine Frot se réapproprie ce rôle mythique d’Oh les beaux jours de Beckett dans une nouvelle mise en scène de Marc Paquien.

  • Nouvelle création

Enterrée jusqu’à la taille, puis jusqu’au cou, Winnie s'accommode de son malheur avec grâce déroulant inlassablement le fil de ses souvenirs, ses rituels, ses illusions de bonheur.

Un joyau du théâtre de l'absurde !

  • Note d'intention

Oh les beaux jours est l’une des pièces les plus inspirantes du répertoire moderne. On ne se lasse pas de questionner son écriture surprenante, le rapport au monde et à la vie qu’elle révèle, la passionnante musique que composent ses mots et ses silences.

Cette œuvre si particulière, que j’ai une première fois créée il y a quatorze ans, impose à celle ou celui qui le met en scène un cadre de travail exigeant : une image fixe (le fameux mamelon dans lequel Winnie est enterrée jusqu’à la taille, puis jusqu’au cou, qui ressemblait dans ma vision de 2012 à une roche rongée par les vagues), ni entrée ni sortie de personnages, pratiquement aucune action. Le défi, pour l’artiste qui s’aventure au sein de ce théâtre insolite, est je crois de mettre au jour toutes les strates de sens qu’il convoque, de faire vivre à la fois sa drôlerie et ses accents tragiques, ses envols lyriques et ses abymes vertigineux.

Tout cela, je l’ai rêvé une première fois pour une grande comédienne de cinéma, mais aussi de théâtre, Catherine Frot. Elle est telle que Samuel Beckett rêvait le rôle de Winnie : souriante, mélancolique, joyeuse, d’une lucidité étrange et implacable, dans la pleine force du présent qu’elle incarne. Ensemble, nous sommes partis à la rencontre de larges publics, dans de nombreuses villes de France.

Munie de son ombrelle, de son cabas rempli de colifichets à la fois sublimes et dérisoires, Winnie soliloque aux côtés de son mari, Willie, vulnérable et combative, arrimée à un optimisme bouleversant. Je trouve très touchant que Samuel Beckett ait fini par choisir un personnage féminin (après avoir envisagé un personnage masculin) pour personnifier cet être unique, représentante ultime d’une humanité qui semble sur le point de disparaître.

Cette femme lumineuse, qui porte en elle l’espérance, disparaît peu à peu en chantant. Elle n’a jamais cessé de me parler. Notre relation a perduré durant toutes ces années. J’ai continué à converser avec elle, à questionner encore et encore son mystère, sa malice, son intelligence pleine d’élégance... Et puis, pour la première fois de mon parcours de metteur en scène, je me suis dit que je devais lui redonner corps au théâtre. Cette expérience de redécouverte a quelque chose de fondamentalement joyeux et exigeant, humble aussi, comme un artisan qui remettrait son ouvrage sur le métier, cherchant d’autres pistes, creusant d’autres possibilités. En me replongeant aujourd’hui dans Oh les beaux jours, je ressens comme par le passé l’émerveillement d’une matière poétique inépuisable.

Pour ce nouveau spectacle, je retrouve Catherine Frot, Pierre Banderet (dans le rôle de Willie) et l’éclairagiste Dominique Bruguière. Notre équipe de création s’est enrichie du scénographe Richard Peduzzi et du créateur son Xavier Jacquot. Tous ensemble, nous avons rêvé à un monde où ciel et terre se confondent, un monde qui s’accroche désespérément à la lumière en affirmant la puissance absolue du vivant.

Marc Paquien

 

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