Love me tender

Bouffes du Nord , Paris

Du 14 septembre au 05 octobre 2018
Durée : 1h40

CONTEMPORAIN

,

Sélection Evénement

Love me tender est un travail qui met l’acteur au centre. Six nouvelles de Carver sont ici adaptées par Guillaume Vincent pour huit comédiens interprétant chacun deux rôles, chacun devant s’accorder, comme en musique et malgré les désaccords de leurs personnages, à deux, à quatre, à huit.
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Spectacle terminé depuis le 05 octobre 2018

 

Photos & vidéos

Love me tender

De

Raymond Carver

Adaptation

Guillaume Vincent

Mise en scène

Guillaume Vincent

Avec

Gaëtan Amiel

,

Victoire Goupil

,

Emilie Incerti-Formentini

,

Florence Janas

,

Stefan Konarske

,

Cyril Metzger

,

Alexandre Michel

,

Lucas Ponton

,

Simon Susset

,

Kyoko Takenaka

,

Charles-Henri Wolff

  • Un travail choral quasi musical

« Je n’avais plus assez de patience pour m’essayer au roman. A l’orée de la trentaine, j’ai renoncé à tous mes rêves de grandeur. »

Carver n’a ainsi écrit que des nouvelles et des poèmes, sa formule à la fois drôle et désabusée est à l’image de son œuvre faites de losers, d’insatisfaits, de paumés, en fait de gens tout à fait normaux.

Les nouvelles de Carver revêtent l’apparence de la banalité, pas d’histoires extraordinaires, pas de grands drames et pourtant face à l’acuité de son regard (la mise en lumière d’un détail incongru, un lapsus en apparence anodin…) on éprouve une sensation de vertige. Il arrive, sans effet de manche, à rendre le proche lointain, le connu étranger, le rassurant inquiétant, enfin à rendre visible l’invisible. Mais sans nous mettre en garde, l’air de rien, comme en passant, comme par hasard. Il fait vaciller nos certitudes et rend ce banal tout à fait passionnant.Toutes ses nouvelles ont pour sujet un seul et même thème : le couple.

Les couples se succèdent d’une nouvelle à l’autre sans parfois qu’on puisse les distinguer, il faut dire que les personnages ont parfois le même prénom, qu’ils font le même métier, partagent aussi les mêmes passions pour l’alcool, la pêche, et tous sont obsédés par la trahison et l’adultère. On soupçonne que Carver se cache derrière ses personnages certains d’entre eux sont d’ailleurs écrivains… On peut penser à Labiche ou Feydeau, dans cette obsession à mettre en scène le couple ad nauseam, chez eux comme chez lui la cruauté n’empêche pas le rire.

C’est un travail choral quasi musical, que j’aimerais mener avec les huit interprètes de ce projet. L’écriture de Carver demande beaucoup de souplesse, pouvoir être à la fois drôle et pathétique, pouvoir passer du rire aux larmes mais aussi être accordé à son partenaire, à deux mais aussi à quatre et à huit.

On a dit de Carver qu’il était le Tchekhov américain. Pas de samovar chez Carver mais des litres de Gin, comme chez le dramaturge russe le drame ne se joue pas que dans les mots mais aussi dans les silences, les non-dits, ainsi l’étrange impression parfois qu’il n’y a pas de drame, du moins en apparence.

Guillaume Vincent

Adapté des nouvelles : Tais-toi je t'en prie ; Pourquoi l'Alaska ; La peau du personnage ; Personne ne disait rien (du recueil Tais-toi je t'en prie) ; Appelle si tu as besoin (du recueil Qu'est-ce que vous voulez voir) ; Débranchés (du recueil Les trois roses jaunes).

Par la compagnie Midi minuit.

  • La presse

« Guillaume Vincent opte pour une distance radicale, entre vaudeville et farce noire, flirte avec le surréalisme et le fantastique. (...) Ce patchwork singulier est cousu main sous nos yeux par neuf comédiens affûtés : tour à tour comiques et tragiques, à l'aise dans la distance et le tempo nerveux imposés, ils marquent avec subtilité les brisures et les emballements de leurs personnages (chacun en incarne deux). » Philippe Chevilley, Les Echos, 17 septembre 2018

  • Extrait

L’esprit ne peut pas dormir, ne peut rester éveiller à se goinfrer, écoutant la neige se rassembler comme pour un ultime assaut.

Il voudrait que Tchekhov soit là pour lui administrer quelque chose – trois gouttes de valériane, un verre d’eau de rose – n’importe quoi, ça lui serait égal.

L’esprit voudrait sortir d’ici, s’en aller dans la neige, il voudrait galoper avec une meute de bêtes hirsutes, tous crocs dehors, sous la lune, à travers la neige, ne laissant ni traces, ni fumées, ne laissant rien. Il est malade, cette nuit, l’esprit.

Insomnie d’hiver, Raymond Carver

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Avis du public : Love me tender

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Christophe D. (3 avis) 28 septembre 2018

CARVER N'EST PAS AU RENDEZ-VOUS Guillaume Vincent dont j'avais adoré Songe & Métamorphoses râte son rv avec Carver.A force de jouer la carte du surjeu boulevardier dans la première partie, on n'est plsu dut out dans l'univers et la seconde partie, adaptation de 4 nouvelles autour du couple est râté, pas d'enjeu, ne nous parvient pas ce que Carver écrit au-dessous de ce qu'il écrit. Vincent ne transmet que la surface et c'est dommage.
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Isa M. (1 avis) 27 septembre 2018

une bonne soirée ! Du couple en veux tu ? Vu par Carver dont on apprécie l'humour les comédiens m'ont fait rire, au rythme du patchwork des scènes on se laisse embarquer !!
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