Les Premiers

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Théâtre de Belleville , Paris

Du 08 au 31 mars 2020
Durée : 1h30

CONTEMPORAIN

Deux êtres à la marge se rencontrent. Tantôt gueux, tantôt prince et princesse, ces deux animaux amoureux s’apprivoisent, s’aventurent et se dévoilent devant nous. La tendresse devient possible, le grand n’importe quoi aussi. A tes côtés je peux tout faire. Regarde moi !
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Les Premiers

De

Jeanne Lepers

Mise en scène

Jeanne Lepers

Avec

Kristina Chaumont

,

Adrien Guiraud

  • Dissiquer les rapports humains

Deux êtres à la marge se rencontrent. Tantôt gueux, tantôt prince et princesse, ces deux animaux amoureux s’apprivoisent, s’aventurent et se dévoilent devant nous. La tendresse devient possible, le grand n’importe quoi aussi. A tes côtés je peux tout faire. Regarde moi !

Après Bloc (Prix Paris Jeunes Talents 2011), spectacle autour de la famille, Les Premiers est la deuxième création de Jeanne Lepers. Entourée des mêmes compagnons de travail (Kristina Chaumont et Adrien Guiraud) et rejoint par de nouveaux (Julien Gallée-Ferré, chorégraphe ; Lucie Gautrain, scénographe ; Carine Gérard, éclairagiste ; David Hess, régisseur son), elle continue de disséquer les rapports humains grâce à une écriture brute, naïve et joueuse. Elle s’attaque ici au duo amoureux et tente d’en explorer les multiples combinaisons, de la tendresse à la violence, avec un regard toujours bienveillant, voire consolateur. Ici encore, l’univers visuel dialogue entre réalisme et onirisme, faisant de l’étonnement un des principes majeur de l’avancée du récit.

Une première étape de travail des Premiers a été présentée au Lyncéus Festival dans un format in situ en juillet 2017. Depuis, l’équipe a travaillé sur plusieurs plans : réécriture du texte et de la chorégraphie, création scénographique, construction du décor, création lumière et régie sonore.

  • Note d’intention

Une femme, Rilsieux, arrive chez un homme, André. Elle a beaucoup marché et veut vivre ici. Il la rejette mais elle tient bon. Il finit par l’accueillir, devient son sauveur et par là-même se découvre héros. Emiettée physiquement et psychiquement, Rilsieux va se reconstituer sous ce toit, réapprendre à marcher, à manger et retrouver peu à peu la mémoire. Force de vie, porteuse d’une aventure antérieure dont nous ne saurons pas grand chose, si ce n’est qu’elle est marquée par la perte d’êtres chers, Rilsieux mettra en péril (et en joie !) le quotidien si bien réglé d’André. La rencontre a lieu entre ces deux écorchés qui construisent devant nous un lieu régi par l’amour, sans culpabilité ni jugement. Un paradis ?

La possibilité d’un amour
Il s’agit de créer un monde, une maison, un abri. Dehors il fait froid, les gens sont mauvais et la violence règne. Dans cet univers apocalyptique, où la mort et l’oubli rôdent, ils ont besoin d’un refuge. Ils le fabriquent devant nous avec des mots, des onomatopées et beaucoup de désir. Ils s’attaquent aux questions brûlantes, sans réponses - « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » - et ouvrent sur l’absurde, le vide, le sexe. Grimaces, danses, sons étranges, mimiques… Plonger dans l’instant et le vide qui le succède, voilà le plus grand risque. Ils le prennent, et partent à la conquête de ce qu’ils ont de plus précieux : leur imaginaire. Les Premiers est une pièce où deux solitaires comprennent que leur salut se trouve là, dans ce nouveau frère et cette nouvelle soeur. L’expérience de vivre à côté de quelqu’un, de dépendre de lui, de le protéger, de l’écraser, de « l’aimer » dirait-on, électrise tout leur être, et devient un moteur de l’avancée du récit. Emerveillés, ils surgissent, comme les mots de leurs bouches, et partent à la découverte des différentes strates du sentiment amoureux. De la tendresse à l’érotisme, de la joie à l’ennui, de la possession à la séparation, ces premiers amoureux, ignorants et traversés de références, comme si écrire sur l’amour n’était que réécrire, « en remettre une couche », ces deux amants tournent autour du mot amour, de la possibilité d’un récit amoureux. Et d’une certaine manière, au bout d’un moment, on se demande tous ce qu’on fout là. Et s’il y a bien quelque chose qui nous unis, c’est cette ignorance fondamentale. Doublée d’une soif de récit, d’invention et de jeu : tantôt gueux, tantôt prince et princesse, nos deux amants traversent, courageux et vibrants, les épreuves de ce conte initiatique.

Faire foyer
En janvier 2016, alors que j’écrivais la pièce, j’ai visité « la jungle » de Calais accompagnée de Christian Salomé, président de l’Auberge des Migrants. Accueillie par une jeune femme et sa fille dans une caravane, où elles vivaient dans l’attente de rejoindre l’Angleterre, j’ai pu observer la portée existentielle de rituels quotidiens - s’asseoir autour d’une table, préparer un thé, y ajouter du sucre... C’était à travers ces gestes que nous pouvions nous rencontrer, que nous avions encore quelque chose à partager, que nous nous reconnaissions. Les Premiers n’est pas une pièce sur la migration. Elle ne dira sûrement pas ce qu’il faut penser de tout cela. Car nous sommes au théâtre, et les découvertes que nous y faisons doivent rester mystérieuses, paradoxales et troublantes. Et puis parce que l’exil n’est pas forcément celui qu’on croit. Il peut être intérieur. André, le sédentaire isolé, invisible dans la ville, protégé et sclérosé dans une vie monotone et répétitive va, au contact de Rilsieux, s’incarner, habiter son propre corps, sa propre maison. Faire foyer. L’amour, ce sentiment dévastateur, mettra en péril (et en joie !) l’ordre réglé et anesthésié, qui précédait la rencontre. La maison devient l’espace d’une conquête : celle d’une intimité. Est-il encore possible de raviver la flamme ? Les murs, les objets et la lumière ne sont pas des éléments de décor, mais des agents et réceptacles de la mue des personnages, comme un prolongement des battements de coeur de ces deux héros. « Objets inanimés, avez vous donc une âme ? »

Travail chorégraphique
André ne sait pas grand-chose du monde extérieur ; Rilsieux, traumatisée, a oublié. Ce sont donc deux corps non-sachants qui se rencontrent et qui dialoguent à partir de ce qu’ils ressentent, inventent. L’écriture de la danse s’appuiera sur cette candeur, cette volonté de s’exprimer et d’aller vers l’autre en ignorant les codes, en se laissant traverser par ce qui advient. Le vocabulaire chorégraphique sera très libre, sans jugement sur sa valeur esthétique mais dans un goût pour lui exacerbé, comme s’il existait pour la première fois. Le corps accompagne et vient à la rescousse des mots. Ma façon de rompre le pain te dit quelque chose de moi, ma petite danse des bras t’avoue l’indicible. André et Rilsieux explorent tous les chemins de la communication, jouent avec leur ignorance, leur fantaisie, leurs désirs, amadouent leurs peurs et leurs inhibitions.

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