
Coup de cœur de la rédaction Le 24 avril 2015
Garance, Baptiste, Frédérick Lemaître : autant de noms inoubliables pour toutes les générations qui ont vu le film Les Enfants du paradis de Marcel Carné. En 2008, le danseur Étoile et chorégraphe José Martinez adapte le scénario poétique de Jacques Prévert pour un ballet qu’il crée à l’Opéra national de Paris.
Garance, Baptiste, Frédérick Lemaître : autant de noms inoubliables pour toutes les générations qui ont vu le film Les Enfants du paradis de Marcel Carné (1945). En 2008, le danseur Étoile et chorégraphe José Martinez adapte le scénario poétique de Jacques Prévert pour un ballet qu’il crée à l’Opéra national de Paris.
Sur la musique romanesque de Marc-Olivier Dupin, composée pour l’occasion, se jouent les amours impossibles de Baptiste et Garance dans un Paris fantasmé des années 1830.
De la foule joyeuse du boulevard du Temple aux coulisses d’un plateau, en passant par une scène de carnaval, le théâtre s’invite dans le théâtre et déborde même de la salle pour conquérir le grand escalier du Palais Garnier pendant l’entracte.
Convoquant danse, pantomime et commedia dell’arte, José Martinez nourrit son écriture chorégraphique de la dimension cinématographique du film tout en rendant hommage à la magie du spectacle vivant.
Décors : Ezio Toffolutti
Costumes : Agnès Letestu
Lumières : André Diot
Cinquante ans après sa sortie à la Libération, Les Enfants du paradis fut sacré « meilleur film de tous les temps » par la critique française. C’est peu dire de son aura devenue légendaire et sa capacité à cristalliser dans l’imaginaire collectif des images fortes, porteuses de valeurs identitaires. Comment comprendre la fascination qu’exerce ce chef-d’œuvre de génération en génération ?
Indéniablement, l’immense poésie qui émane de ce film est servie par les dialogues ciselés de Jacques Prévert, poète aimé de tous, l’extraordinaire jeu d’Arletty et de Jean-Louis Barrault et la beauté formelle des images en noir et blanc tournées par Marcel Carné. Mais le thème choisi y contribue tout autant. Il nous renvoie en effet à un pan oublié de notre histoire : celle du vieux Paris, du Paris romantique d’avant la modernisation haussmanienne, à l’époque où la ville, encore si proche de la campagne, résonnait de l’aube jusqu’au soir des mille cris des petits métiers de la rue, à l’époque aussi où les théâtres étaient au centre de l’activité sociale, offrant aux aristocrates, aux nouveaux bourgeois comme aux plus humbles des espaces où rêver et manifester leur opinion. Les écrivains Gérard de Nerval, Charles Nodier, Théophile Gautier et les peintres Gustave Doré et Honoré Daumier, comptèrent parmi les fidèles promeneurs du fameux boulevard du Temple, lieu névralgique du théâtre populaire, croquant sous leur plume les artistes qu’ils venaient admirer autant que les foules pittoresques auxquelles ils aimaient se mêler. C’est ce climat que restitue le film des Enfants du paradis en une vaste fresque, véritable hommage à la vitalité des arts du spectacle d’alors.
En 2008, en s’emparant à son tour du scénario de Jacques Prévert, le danseur Étoile José Martinez n’a pas seulement adapté une grande histoire d’amour aux émotions de la danse, mais il a aussi réuni sur la scène de l’Opéra toutes les traditions du spectacle, rappelant au détour que les arts dits majeurs ne seraient pas tout à fait les mêmes sans la turculente tradition médiévale des théâtres de foire, où s’exercèrent des siècles durant acrobates, mimes, acteurs et bateleurs. Le compositeur Marc-Olivier Dupin, auteur de la partition, le cinéaste François Roussillon, le scénographe Ezio Toffolutti et la danseuse Étoile et créatrice de costumes Agnès Letestu ont entouré José Martinez dans cette aventure où dialoguent danse, musique, poésie et cinéma.
Beau deuxième acte (mis à part la reprise par un spectacle de ballet qui n'a ni sens ni intérêt) dans lequel Amandine Albisson incarne mieux Garance. Premier acte inégal : la chorégraphie ne sert pas Baptiste interprété par Stéphane Bullion. En revanche Vincent Chaillet est formidable du début à la fin en Lacenaire et est très justement acclamé par la salle.
Réservé via Theatreonline
Beau deuxième acte (mis à part la reprise par un spectacle de ballet qui n'a ni sens ni intérêt) dans lequel Amandine Albisson incarne mieux Garance. Premier acte inégal : la chorégraphie ne sert pas Baptiste interprété par Stéphane Bullion. En revanche Vincent Chaillet est formidable du début à la fin en Lacenaire et est très justement acclamé par la salle.
Réservé via Theatreonline
Place de l'Opéra 75009 Paris
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Accès en salle uniquement sur présentation du billet électronique que vous recevez par e-mail peu de temps après votre réservation.