La vie est un songe

Cartoucherie - Théâtre de la Tempête , Paris

Du 15 septembre au 22 octobre 2017
Durée : 2 heures environ

CLASSIQUE

,

Sélection Evénement

Pour sa première mise en scène en tant que nouveau directeur du Théâtre de la Tempête, Clément Poirée choisit le chef d'oeuvre du théâtre baroque espagnol, signé Pedro Calderón de la Barca. Avec une très belle distribution, une des pièces les plus attendues de la rentrée.
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La vie est un songe

De

Pedro Calderon de La Barca

Mise en scène

Clément Poirée

Avec

John Arnold

,

Louise Coldefy

,

Pierre Duprat

,

Laurent Menoret

,

Morgane Nairaud

,

Makita Samba

  • Une étape à franchir

Sigismond, prince héritier de Pologne, vit au secret dans une tour depuis que le roi Basile a lu dans les astres que son fils livrerait le royaume à la violence. Au terme de son règne, Basile veut donner une chance à son fils en le soumettant à une épreuve : on transporte Sigismond endormi à la cour. Saura-t-il se comporter en prince ?

Les thèmes croisés de l’illusion et de l’erreur, du désabusement, de la fatalité et du libre arbitre donnent toute sa portée à ce chef-d’œuvre du théâtre baroque espagnol, porté par un souffle épique.

  • Un conte métaphysique

Trois journées, trois métamorphoses de l’esprit qui conduisent de la soumission à la révolte ; du triomphe des pulsions au renoncement à la jouissance. Trois journées pour découvrir une éthique de responsabilité, pour que l’enfant sacrifié devienne un enfant sacrifiant à la civilisation ses propres désirs, et ainsi rétablisse le lien de filiation rompu par un père défaillant. Basile, roi de Pologne et fervent astrologue, vit dans la certitude que son fils deviendra un tyran violent et nocif. La mort en couches de sa femme finit de le convaincre. Il met Sigismond au secret et cache son existence au monde. Les années passent. Pris de remords – ou plus sûrement de vanité – Basile décide de lui redonner son rang pour une journée. Si d’aventure Sigismond se comporte mal, si la prédiction se réalise, le prince sera endormi et renvoyé dans son cachot. On lui dira alors que tout ceci n’était qu’un rêve...

Tout se passe comme si Sigismond n’avait été libéré que pour mieux confirmer la science de son père. En effet, comment échapper à la colère et au désir de vengeance après tant d’années d’enfermement et de souffrance, de rejet et de défiance ? Comment ne pas donner libre cours à toutes ses pulsions après tant d’années de privation ? Le premier geste de l’enfant qui découvre ses facultés n’est-il pas de les éprouver et d’en jouir sans entraves ? La Vie est un songe est une fable politique. Ce qui est énoncé comme vérité : « cet enfant sera un sauvageon », se révèle vrai dans ses conséquences. A vouloir se prémunir de la violence du monde, on crée l’enfermement et la suspicion. Un enfant qui cristallise craintes et reproches en conçoit un tel ressentiment qu’il développe les comportements auxquels, d’une certaine manière, on l’a condamné.

Traité comme un animal, il devient un animal. La Vie est un songe retrace une grande aventure psychique. Sigismond - tout comme Calderón lui-même qui dans un élan de colère a, dit-on, tué un homme – est submergé par la rage, par ses désirs, par ses pulsions. Il vit dans la soumission à l’instinct, jusqu’au meurtre, frôlant le viol et le parricide. Calderón entoure Sigismond de personnages menés par leur aveuglement : Rosaura aveuglée par l’honneur, Basile par la connaissance, Clothalde par la loyauté, Astolphe par la gloire... Autant de maladies de l’âme. Lui aura les yeux dessillés par le doute. Ce qui fascine ici, c’est de découvrir une pièce entièrement écrite de manière subjective, impressionniste ; on perçoit le monde par les yeux effarés de Sigismond et de Rosaura. D’une certaine manière, il s’agit de mettre en scène trois hallucinations, aux confins du fantastique.

Chaque tableau s’ouvre sur un réveil. N’est-ce pas à chaque fois comme un nouveau songe ? C’est une pièce monstre qui échappe en grande partie aux règles de l’écriture dramatique. Comment trouver sa vérité concrète ? Notre réponse ne passera certainement pas par une tentative de réorganisation rationnelle. Nous devons au contraire nous risquer à l’immersion dans ce monde de visions. J’aimerais conduire les spectateurs à l’intérieur de ces impressions. Nous devons trouver une théâtralité comme en apesanteur, faite d’apparitions, de variations des focales, de métamorphoses, d’élans lyriques démesurés, de bruit et de fureur.

Clément Poirée

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Jorge A. (1 avis) 16 septembre 2017

Déçu par cette mise en scène, même si le Sigismond est excellent, le parti pris du directeur de l'introduction d'un côté farce, presque grotesque dans des personnages dramatiques enlève toute la force à la pièce
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