La tragédie d’Othello

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Théâtre de la Bastille , Paris

Du 07 janvier au 09 février 2003

CLASSIQUE

,

Coups de coeur

Venise, Othello : deux chefs-d'œuvre en sursis. Pour sauver la ville, les technologies modernes, la solidarité internationale devraient suffire. Et la pièce ? Une partie des valeurs qui l’animent ne sont plus les nôtres. Aujourd’hui le Maure de Venise et son histoire traversent une véritable crise d’identité ; mieux encore, une mutation. Fort heureusement Iago notre frère sombre, notre contemporain est toujours là pour nous rappeler l’orgueil et les pulsions qui nous travaillent.
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Spectacle terminé depuis le 09 février 2003

 

La tragédie d’Othello

De

William Shakespeare

Mise en scène

Gaétan Kondzot

Avec

Hubert Audet

,

Aurélie Bancilhon

,

Benjamin Baroche

,

Benoît Bellal

,

Zakariya Gouram

,

Laurence Haziza

,

Stephan Kalb

,

Edouard Montoute

,

Eric-Roger Peuvrel

,

Christel Willemez

Présentation
La tragédie en suspens
Un mot du metteur en scène
Problématiques de la mise en scène
Eléments scénographiques

Venise, Othello : deux chefs-d'œuvre en sursis. Pour sauver la ville, les technologies modernes, la solidarité internationale devraient suffire. Et la pièce ? Une partie des valeurs qui l’animent ne sont plus les nôtres. Aujourd’hui le Maure de Venise et son histoire traversent une véritable crise d’identité ; mieux encore, une mutation. Fort heureusement Iago notre frère sombre, notre contemporain est toujours là pour nous rappeler l’orgueil et les pulsions qui nous travaillent.

Jan Kott

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Othello - Les hommes devraient être ce qu’ils paraissent
Iago - Je ne suis pas ce que je suis
Iago - Ne me demandez rien, ce que vous savez, vous le savez. à partir de maintenant, je ne dirai plus un mot.

...

Othello

Telle est la cause, telle est la cause, mon âme.
Je n’ose pas la nommer devant vous, chastes étoiles :
Telle est la cause, pourtant je ne veux pas verser son sang,
Ni écorcher cette peau plus blanche que la neige,
Et lisse, comme l’albâtre des tombeaux ;
Pourtant elle doit mourir, sinon elle trahira d’autres hommes.
éteindre cette lumière, et puis... éteindre cette lumière ?
Si je souffle sur toi, ministre de flamme, 
Je peux restaurer ta lumière première,
Si le regret me vient ; mais si j’éteins la tienne,
Toi, le modèle achevé de la nature parfaite,
Je ne sais pas où est le feu prométhéen
Qui peut ranimer ta lumière : quand j’ai arraché la rose,
Je ne peux plus lui rendre sa croissance vitale, 
Elle ne peut que se faner ; je veux la respirer sur la tige.
Souffle embaumé, qui pourrait presque persuader
La Justice elle-même de briser son glaive : encore un baiser :
Sois ainsi, quand tu seras morte, je vais te tuer,
Et t’aimerai après ; encore un baiser, et c’est le dernier.
Jamais chose si douce ne fut aussi fatale : il faut que je pleure,
Mais ce sont des larmes cruelles ; ce chagrin est céleste,
Il frappe là où il aime ; elle s’éveille.

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C'est l'exploration de l'âme humaine débarrassée d'exotisme. Au-delà, et loin du drame domestique, la pièce se révèle comme une puissante réflexion sur la nature humaine, poétique et guerrière. Shakespeare met à nu des éveils, des prospections intérieures où la prise de conscience conduit fatalement à l'anéantissement. Tout comme Lear, Hamlet et Macbeth, Othello accomplit son voyage intérieur, son innerspace, il explore jusqu'à sa propre destruction ses faiblesses. Lui, l'étranger, le poète guerrier, a cru qu'il y avait adéquation entre le paraître et l'être. Desdemona, la vertueuse, la fidèle, enjeu inconscient d'un désir désormais perverti. Nous assistons à la contamination du monde de la vérité où la nature s'égare, les valeurs s'inversent. Ici, le combat est idéologique ; la langue poétique, seul refuge. Il n'y a que des vaincus. Que reste-t-il ? Iago, notre Janus, notre double contemporain, met en scène comme postulat : la destruction d'un ordre qui croit encore à la vertu, à la beauté, à la transparence. Tel un acteur, il endosse, il convoque pour nous la figure du mal pour mieux s'en jouer.

Gaëtan Kondzot

La prose et les vers shakespeariens flottent et traversent l’âme. Il faut pour l’acteur pénétrer ce qui se dit à tout moment, il devient ainsi le véritable détenteur de la compréhension du texte. C’est une double capture. La scène et l’imaginaire sont comme un morceau de vie. Le langage est celui de la pensée. La langue est un spectacle. Il y a une force vitale chez Shakespeare qui noue la tragédie et la comédie, horizontalité et verticalité, la force et le drame, le sacré et le bas... Devant cette matière à profusion, l’acteur effectue un exploit physique. La profération - côté sacré, le dire, dû au texte - est une traversée poétique même dans la prose, langue qui se donne en spectacle, langue qui raconte, donne à voir et fabrique de l’image, langue mise en action qui ressent ce que l’on décrit, par ailleurs... toujours.

Gaëtan Kondzot

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Mettre en scène Shakespeare, c’est à chaque fois, accepter de se mesurer à la dramaturgie la plus complexe. C’est donc à chaque fois aussi, admettre “l’inacceptable”, ne pas tout dire du texte que l’on joue. Se contenter peut-être de trouver un espace dans lequel la pièce sait se faire entendre, un espace magique au sein duquel une voix, deux voix, trois voix, se mêlent et se fuient pour ne dire que des mots, des mots, des mots. L’espace sera le plus dépouillé, une mise en scène épurée de tout accessoire, les pieds nus. Ne laisser voir et entendre que l’essentiel de l’acte théâtral : l’acteur, le texte et le public.

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Un espace rond comme une artère, une fosse aux lions, une vision de la corrida, une piste de cirque ou de lutteurs, un peep-show, un tourbillon, un manège...

L’univers d’une fête foraine, décadente - théâtre d’illusion aux miroirs déformants - ou une galerie de “monstres” nous est révélée par un “Monsieur Déloyal”.

Muriel Bétrancourt

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