
Dans l'intimité d'un peep-show, un homme brise le silence pour livrer une confession suspendue entre douceur et éclats de violence. Ce qui débute comme l'aveu d'un être qui n'a rien à dire se mue en une quête éperdue de dignité et de reconnaissance.
Dans l'intimité d'un peep-show, un homme brise le silence pour livrer une confession suspendue entre douceur et éclats de violence. Ce qui débute comme l'aveu d'un être qui n'a rien à dire se mue en une quête éperdue de dignité et de reconnaissance. Sa parole, véritable bouée lancée contre le non-sens, devient l'acte de survie ultime d'un individu qui se sent hors du monde. Oscillant entre la crudité de son box et le rêve salvateur d'une maison à la campagne, il lutte pour ne pas disparaître.
Le travail sur un seul en scène consiste avant tout à créer du lien, un lien invisible et puissant avec le public, du partage de l'intime. Ici un homme se confie sans pudeur et nous livre ses noirceurs et ses doutes. Avancer sur un fil tendu tel le funambule de Jean Genet, oscillant dangereusement entre la crudité du propos et une infinie délicatesse.
Monter aujourd'hui ce texte fort, c'est braquer la lumière sur ce que la société s'acharne à reléguer dans l'ombre : l'individu en marge, perdu dans un monde qui va trop vite. Ce seul en scène met en lumière une souffrance masculine enfermée dans les carcans de la virilité et de l'injonction à la réussite, broyée par la machine de la performance.
Chercher une sincérité sans vernis, l'urgence de parler, de croiser un regard, d'oser dire : « Ce qui me manque le plus… c'est d'avoir quelqu'un à qui parler. » Ce spectacle impose un face-à-face au spectateur, sans angle mort, sans fuite possible.
Thierry Harcourt, metteur en scène
7 rue Véron 75018 Paris