La Traviata

Colombes (92)
le 19 février 2008
2h45 avec entracte

La Traviata

D’une pure somptuosité, La Traviata brosse un tableau passionné de l’une des plus tragiques héroïnes de l’opéra. Violetta Valéry, une des courtisanes les plus désirées de l’effervescent Paris du XIXème siècle découvre les sommets et les abîmes de l’amour.
  • L’une des plus tragiques héroïnes de l’opéra

D’une pure somptuosité, La Traviata brosse un tableau passionné de l’une des plus tragiques héroïnes de l’opéra. Violetta Valéry, une des courtisanes les plus désirées de l’effervescent Paris du XIXème siècle découvre les sommets et les abîmes de l’amour. Gravement souffrante, elle ne conçoit pas vivre un amour véritable jusqu’à ce qu’elle rencontre Alfredo Germont, qui lui ravit son cœur. La bourgeoisie l’accueille volontiers, mais seulement dans son cercle des plaisirs. En effet, le milieu des “Traviata ” n’est pas épousable, il ne correspond pas aux valeurs domestiques, il s’offre en panache comme une gourmandise “interdite mais tolérée”. Les règles de cette société à la morale stricte où la religion et la reproduction des alliances s’opposent fermement au plaisir immédiat vont se refermer comme un piège sur cet oiseau fragile.

Avec La Traviata, Verdi installe sur scène ces femmes que la bonne société ne veut pas voir. Parce qu'elle les fabrique, en fait usage puis leur refuse vertueusement tout rachat. Il donne grandeur tragique et sentiments à celles dont on ne voudrait voir que le corps à marchander. Il introduit ainsi à l'opéra une arme redoutable : la vraisemblance, et tient enfin ce qu'il appelle « un sujet actuel ». La censure tentera en vain de désamorcer cette bombe. On n'imagine pas aujourd'hui à quel point le quatrième acte a pu paraître violent et indécent à l'époque. A l'opéra, on meurt hors scène, par la lame ou le poison. La longue agonie de Violetta, ses toux qui la minent sont un brusque rappel de la morbidité des corps que la bourgeoisie veut sains et corsetés.

On pourrait alors trouver la popularité de La Traviata étonnante. Mais l'amour que Verdi porte à son héroïne, pour qui il compose sa partition la plus émouvante, transparaît à chaque mesure et gagne le coeur de tous.

“ Violetta rejoint les Marilyn et les Lulu au firmament des filles perdues ! Quand on n’est pas né pour cela, on se brûle à toucher les étoiles. ” Olivier Desbordes

Direction musicale Dominique Trottein. Chœur et Orchestre Opéra Eclaté, Orchestration Philippe Capdenat.

  • Note d’intention

La Traviata : le drame discret de La Bourgeoisie !

Il est frappant de noter qu’au 19e siècle la notion de plaisir sexuel est liée à l’infidélité. Mais que cette infidélité à la cellule familiale est une sorte de fidélité à celle-ci, puisque ce même plaisir est organisé de manière à n’être pas structurellement dangereux pour la cellule familiale. En effet, le milieu des « Traviata » n’est pas épousable, il ne correspond pas aux valeurs domestiques, il se surajoute comme une gourmandise « interdite » mais tolérée.

La société bourgeoise se structure sur deux pôles : la morale stricte, la religion qui cadre, la reproduction et les alliances qui confortent les « rentes-FCP » et l’avenir, et - en face - le plaisir immédiat, sans perspectives, sans enjeux, sans prudence, sans humanisme.

Ce plaisir est un peu comme le RMI garanti des belles filles du peuple, mais tant qu’elles sont belles et jeunes ! Bref on n’épouse pas la bonne, si belle soit-elle, on en profite sans vergogne et on la laisse…

Le plaisir ne fait pas partie de la vie familiale, le plaisir ne fait, en aucun moment, partie de la religion : le bonheur est sage, bien repassé, amidonné, strict… Les petites gens échappent à cette organisation, ils travaillent et meurent sans utopies… Leur plaisir est considéré vulgaire et bestial… La vraie volupté est donc concédée aux femmes choisies pour ce travail, par les bourgeois, comme on choisit une voiture ou une montre. Notre Traviata en est là, à la lisière entre des origines pauvres et une beauté rayonnante dont l’insolence n’a le droit de s’exposer, qu’au service des « propriétaires ».

La religion enfin persuadera chacune d’entre elles que leur fin tragique n’est que le résultat de leur péché, comme si l’on pouvait reprocher à la pomme d’avoir existé et séduit Adam ! Comme si, surtout, il y avait d’autres solutions ! Or la société ne peut leur proposer une autre place, elle crée une carence, elle occulte le petit peuple. Il y a des « couches sociales », il n’y a pas « d’échelle sociale » ! On ne peut pas passer d’une couche puante et triviale à une couche morale et riche.

Les dominants ne se rendent compte de rien, ils s’auto-absolvent de leurs égarements sans se rendre compte qu’ils marchent sur la misère morale et physique. Ils emplissent le monde d’une compassion formelle aidée par une charité sociale de bon aloi, ils savent pleurer mais ils ne voient rien que leur orgueil enrichi d’une déculpabilisation à bon marché !

Olivier Desbordes, metteur en scène

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Spectacle terminé depuis le mardi 19 février 2008

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