
Dans un foyer Emmaüs, la mort d’un père rassemble et divise les siens autour de sa dernière volonté, « Enterrez-moi là où j’aurai vécu ». Mais où enterrer un homme dont la vie s’est tenue entre deux langues, entre deux rives ? Au fil d’une nuit de veillée, La Mort du môme fait surgir les mémoires, les hontes et les colères d’une famille exilée. Une tragédie contemporaine sur l’héritage, l’enfance perdue et l’impossible réparation.
« Enterrez-moi là où j’aurai vécu. » Dans un foyer Emmaüs, un père est mort. Il laisse pour testament cette phrase, découverte par l’Enfant au même instant que son corps, et une question qui divise les siens : où enterrer un homme dont la vie s’est tenue entre deux langues, entre deux rives ? Une nuit déchirante pour se rassembler autour de l’absence. Une nuit pour faire remonter les souvenirs, les silences, les colères. Une nuit pour affronter le dilemme de la terre, de l’exil et de l’héritage.
Avec la disparition du Père, cette tragédie radicalement contemporaine dit la mort de l’enfance, la perte d’un monde, le deuil d’une société que nous n’arrivons plus à pleurer tant elle nous a pris.
Dernier chapitre du triptyque ouvert avec Antigone de Sophocle et Par les villages de Peter Handke, La Mort du môme poursuit l’hommage de Sébastien Kheroufi aux corps exilés et invisibles. À travers les récits manquants, il s’attache aux vivants, à celles et ceux qui se construisent dans la honte ou le silence, comme à ce qui se transmet malgré soi et devrait enfin s’interrompre. Mais peut-on vraiment se réparer ?
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