
Harpagon dépense le moins possible et amasse son argent dans une cassette. Il s’entête à tirer profit de tout, jusqu’aux mariages de son fils et de sa fille. Eux ne comptent pas se faire voler leur amour.
À partir de 11 ans.
Molière, qui interprète le rôle-titre à la création en 1668 au Théâtre du Palais-Royal, excelle dans ce portrait éminemment caricatural de l’avare, un usurier sans scrupule dont la vie n’est que calcul et paranoïa. S’il cache son or dans une cassette enterrée dans son jardin, donnant lieu à des scènes irrésistibles, Harpagon projette aussi de marier « sans dot » sa fille à un riche marchand et son fils à une veuve fortunée. Sauf que les enfants ont d’autres intentions. Élise est éprise de Valère, qui s’introduit dans le foyer déguisé en intendant, et Cléante convoite Mariane, sans savoir que son père s’est piqué de l’épouser.
La metteuse en scène Lilo Baur remarque qu’au thème du mariage forcé, récurrent dans son théâtre, Molière ajoute celui du rapport père-fils et de la quête d’une éternelle jeunesse. Elle transpose l’action dans la période d’après-guerre, proche de nous mais loin de l’émancipation féminine, parentale et sociétale gagnée depuis.
Dans le décor d’une villa chic au bord d’un lac en Suisse, elle redouble l’excès d’avarice de l’homme à la fortune assurée, aussi bien bouffon que glacial. Artiste à l’imagination débordante, Lilo Baur exploite toutes les facettes du comique de situation.
Distribution en alternance.
Place Colette 75001 Paris