Ivanov

Odéon - Théâtre de l'Europe , Paris

Du 02 octobre au 01 novembre 2015
Durée : 3h20 environ

CLASSIQUE

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Coups de coeur

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Tête d'affiche

Reprise de la pièce distinguée par le Prix Beaumarchais 2015 du meilleur spectacle de théâtre public. Luc Bondy a réuni une distribution d’exception autour de Marina Hands et de Micha Lescot, à qui son interprétation a valu le Prix du Meilleur Comédien décerné par le Syndicat de la critique.
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Spectacle terminé depuis le 01 novembre 2015

 

Photos & vidéos

Ivanov

De

Anton Tchekhov

Mise en scène

Luc Bondy

Avec

Philippe Arestan

,

Philippe Borecek

,

Christiane Cohendy

,

Victoire Du Bois

,

Ariel Garcia Valdès

,

Laurent Grévill

,

Marina Hands

,

Yannik Landrein

,

Roch Leibovici

,

Micha Lescot

,

Chantal Neuwirth

,

Nicolas Peduzzi

,

Alain Petit

,

Dimitri Radochévitch

,

Sven Riondet

,

Fred Ulysse

,

Marie Vialle

Ivanov se débat sous les ruines de ses idéaux. Aujourd’hui, nous dirions qu’il souffre de dépression ou de burn-out. Anna, sa femme, est mourante et ne le sait pas ; la jeune Sacha, sa voisine, rêve de lui offrir un nouveau bonheur. Tout le monde a quelque chose à lui demander : de l’amour, de l’argent, des actes. Mais Ivanov n’en peut plus...

Pour cette création, distinguée par le Prix Beaumarchais 2015 du meilleur spectacle de théâtre public, Luc Bondy a réuni une distribution d’exception autour de Marina Hands et de Micha Lescot, à qui son interprétation a valu le Prix du Meilleur Comédien décerné par le Syndicat de la critique.

« Dans nos œuvres », écrivait Tchekhov, « il manque l'alcool qui enivre et subjugue. Nous décrivons la vie comme elle est, et à part ça rien du tout ». Son écriture délivre en effet des ivresses ordinaires. Distillant une liqueur qui n'est pas de ce monde et n'appartient pourtant qu'à lui, elle nous libère en nous rendant plus sensibles au lieu de nous anesthésier : elle est un élixir qui concentre la vie « comme elle est ». Cette vie qui se passe de commentaires grandiloquents, errant en quête de son intensité, qu'a-t-elle donc de dramatique ? à la voir en scène, on croirait qu'elle se coule d'elle-même dans sa propre forme. Les événements y sont impondérables et minuscules, cailloux ridant l'étang de la banalité, soulevant quelques vagues promises à un rapide effacement.

Par quelle magie Tchekhov rend-il inoubliables ces destins sans relief qui se débattent dans leur propre inconsistance – quand du moins ils en ont le sentiment ? Tchekhov écrit Ivanov en 1887. Il a vingt-sept ans et exerce la médecine depuis 1884. Sa première pièce, Platonov, a été refusée par le Théâtre Maly cinq ans plus tôt. La deuxième, Sur la grand-route, adaptée d’une de ses nouvelles, a été interdite par la censure. Tchekhov a pourtant commencé à se faire un nom. Son premier recueil, Les contes de Melpomène, a été publié en 1885, et depuis 1886, il collabore régulièrement à un grand quotidien de Saint-Pétersbourg tout en fréquentant les milieux du théâtre. Après une nouvelle adaptation en un acte d’un de ses récits, il s’attaque à Ivanov.

À son frère Alexandre, il confie en ce temps-là l’un de ses trucs de composition : « je mène tout l’acte tranquillement et doucement, mais à la fin, pan dans la gueule du spectateur ! » Chacun des quatre actes d’Ivanov s’achève en effet sur une surprise ou sur un choc. Leur violence va croissant à mesure qu’avance le drame. C’est d’abord la brusque décision d’Anna Pétrovna d’aller retrouver, malgré sa maladie, son mari Ivanov à la soirée que donne Lébédev pour les vingt ans de sa fille Sacha. C’est ensuite son arrivée inopinée alors qu’Ivanov et Sacha sont enlacés. À la fin du troisième acte éclate une scène atroce entre les deux époux, au cours de laquelle Ivanov, harcelé, accablé, ne peut s’empêcher d’insulter son épouse puis de lui révéler que sa maladie va bientôt l’emporter. La pièce s’achève, un an après les obsèques de la malheureuse, par le suicide d’Ivanov devant Sacha, sa famille et les témoins rassemblés pour leurs noces...

Mais un chef-d’œuvre de Tchekhov ne se réduit pas plus à quelques coups de théâtre que ne se laisse résumer la poésie poignante du temps tchekhovien qui s’écoule « tranquillement et doucement », dans un désœuvrement et un ennui traversés de soudains éclats d’ironie ou de violence, dans la tristesse provinciale que hante le rêve d’une vie plus vraie.

Ce genre d'atmosphère qu'on dirait chargée d'électricité éthique, ce théâtre du frôlement, de la subtile demi-teinte sentimentale où la pudeur et l'ironie habitent les mêmes silences, conviennent particulièrement bien à Luc Bondy, qui se plaît à travailler, comme l'écrivait Schnitzler, « dans la pénombre des âmes ». Curieusement, en plus de quarante ans de carrière, il n'a pourtant entamé que deux fois le dialogue avec Tchekhov. D'abord avec Platonov à la Volksbühne en 1978, puis avec une très belle Mouette, créée à Vienne avant d'être présentée dans la Grande salle de l'Odéon un an plus tard, en février 2002. Le rendez-vous est donc trop rare pour être manqué. Ces personnages que Tchekhov disait n'avoir « pas truqués d'un centimètre, pas faussés d'un iota », sont faits pour s'accorder avec le sens « bondyen » du romanesque et de la frivolité déchirante.

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Avis du public : Ivanov

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Michel W. (1 avis) 29 avril 2015

Déception Je ne parlerai pas de la mise en scène, des décors, qui pourtant méritent pas mal de commentaires. Ce qui a largement dominé la représentation à laquelle j'ai assisté avec mon épouse hier soir, ce sont les problèmes d'intelligibilité des acteurs. J'étais à l'orchestre, rang P, un peu de côté, et je pense n'avoir globalement perçu correctement ce que disaient les acteurs (plus ou moins bien selon les individus) qu'à environ 50%. Même frustration en ce qui concerne ma femme. Je n'ai pourtant pas usuellement de problèmes d'audition. Ce pourcentage d'intelligibilité a assez complètement gâché le plaisir que nous aurions pu avoir en suivant la pièce normalement, et nous sommes exceptionnellement partis à l'entracte, avec un triste sentiment d'échec. Je constate que d'autres spectateurs ont sur ce site remarqué la mauvaise qualité de la diction et de l'intelligibilité des acteurs, et je considère comme un manquement basique à l'art théâtral que ce grave défaut n'ait pas été corrigé dès le début.
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Françoise C. (1 avis) 12 février 2015

Tendre l'oreille ! Au premier rang de la corbeille, tous les spectateurs de la rangée se sont plaints tous ensemble d'un texte trop souvent inaudible, notamment de la part de l'acteur portant le rôle titre, lui sans voix, tournant en outre souvent le dos aux spectateurs, ou parlant la bouche pleine pour couronner le tout. Des décors réussis, une mise en scène animée, un bouquet d'acteurs au demeurant très convaincant (saluons le rôle de Sacha), hormis (et j'y reviens) à un Ivanov sans charisme," jouant" son rôle sans arriver à l'incarner, jamais crédible. Un dos voûté et des bras ballants n'y ont pas suffi...Mais les 3 heures 20 passent sans problème aucun !
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Emmanuel L. (1 avis) 03 mai 2015

Difficile Le théatre russe est sans doute difficile, que dire de cette pièce? Ivanov s'ennuie mais à force de le répéter...tout le monde s'ennuie. Rien ne ressort de cette pièce, les acteurs semblent complètement empêtrés dans leurs textes qu'ils récitent péniblement. Ivanov n'est pas Hamlet, on a compris et on l'a laissé se suicider tout seul. On est parti à l'entracte.
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Anne M. (1 avis) 23 avril 2015

Ivanov Pièce exceptionnelle, acteurs de très haut niveau. Dommage que le metteur en scène ait placé beaucoup des petites scènes intimes coté cour, tout à fait à l'extrémité de la scène : elles sont invisibles des balcons
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Michèle T. (49 avis) 01 mars 2015

Du grand Tchekov Excellente mise en ambiance de cette pièce avec un Ivanov noir, très noir ... Vraiment très noir ! Au point d'en être peut-être un peu trop lourd ... Même remarque que beaucoup sur le niveau sonore des voix insuffisant pour l'acoustique de la salle.
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Dominique T. (1 avis) 26 février 2015

Excellent spectacle , Dommage qu'une partie du spectacle ne soit pas visible au premier rang de la corbeille de droite. Mais l'émotion reste très forte.
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Chantal N. (2 avis) 25 février 2015

IVANOV Beau spectacle, mise en scène et décor très réussis. De très bons acteurs pour Ivanov, Sacha, son père et Sara(Anna) excellents. Sur la droite en corbeille, on n'entend pas tout et on ne voit pas une grande partie des scènes situées à cet endroit . Dommage ...
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CarlosM (13 avis) 24 février 2015

Magnifique spectacle J'ai adoré; la mise en scène, les décors, la distribution étincelante mais ce spectacle mérite une autre salle parce que à certains endroits, sur la droite, on voit et on écoute très mal.
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Adriana L. (9 avis) 15 février 2015

Malheureusement un grand problème Un texte riche et dense, de très bons acteurs, une mise en scène intéressante mais...MAIS tous les spectateurs placés dans les corbeilles de droite ratent une grande partie du spectacle parce que les acteurs sont placés dans le coin droit de la scène et qu'on ne les voit tout simplement pas ! J'ai pris des places 1° catégorie, pas des places à visibilité réduite !
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Edith T. (2 avis) 13 février 2015

Ivanov Très bon spectacle, très belle mise en scène, et très belle distribution, je regrette seulement que les voix soient parfois trop basses alors que nous étions très bien placés.
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