En délicatesse

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Cartoucherie - Théâtre de la Tempête , Paris

Du 24 septembre au 03 novembre 2002

CONTEMPORAIN

Jean-Pierre Miquel, naguère administrateur de la Comédie-Française, a choisi le Théâtre de la Tempête pour créer la pièce d’un jeune auteur, Christophe Pellet. Cinq personnages en délicatesse, avec eux-mêmes, avec le monde, avec autrui. La pièce - sur un mode qui n’est pas vraiment réaliste dans le temps comme dans l’écriture - évoque l’enchevêtrement de situations d’amour et de désamour entre trois jeunes gens dont les destins sont liés à des parents séparés ; le hasard d’un retour va bouleverser et précipiter des projets de départ... Il y a de la vitalité dans cette fuite, pas de désespoir, et même un désir d’être en accord avec soi-même à travers des actions radicales ; au côté des femmes en tout cas…
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Spectacle terminé depuis le 03 novembre 2002

 

En délicatesse

De

Christophe Pellet

Mise en scène

Jean-Pierre Miquel

Avec

Loïc Corbery

,

Gilles David

,

Grétel Delattre

,

Laurence Masliah

,

Pascal Rénéric

Présentation
Conversation avec Christophe Pellet
Fragments d’une conversation avec Christophe Pellet

Cinq personnages en délicatesse, avec eux-mêmes, avec le monde, avec autrui. Vies qui se cherchent dans une apparente banalité quotidienne, mais qui n’est pas vraiment réaliste dans le temps comme dans l’écriture.

La pièce évoque, dans le monde d’aujourd’hui, l’enchevêtrement de situations d’amour et de désamour entre trois jeunes gens dont les destins sont liés à des parents séparés ; le hasard d’un retour va bouleverser et précipiter des projets de départ…

Christophe Pellet prend une distance en regardant ces êtres avec amitié et dérision, marquant ainsi un ton personnel ; celui d’un écrivain aigu et élégant qui constate, en une construction limpide et complexe, la difficulté d’être ; avec ses mots à lui et son style propre.

Rien qu’une fuite. Tout semble s’échapper… remarque un des personnages. Il y a de la vitalité dans cette fuite, pas de désespoir ; plutôt un désir d’être en accord avec soi-même à travers des actions radicales, du côté des femmes en tout cas… Une œuvre forte et sensible.

C’est toujours un plaisir d’une qualité singulière que de créer une œuvre d’un jeune auteur, encore peu connu en France mais déjà joué en Angleterre et en Allemagne. À coup sûr, Christophe Pellet devrait s’exprimer souvent sur nos scènes dans les temps qui viennent.

Jean-Pierre Miquel

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J’écris pour le théâtre, d’abord parce que j’en ai lu : Ibsen, Racine, Musset… C’est un peu atypique, surtout pour ma génération, mais je suis cinéphile, fils de cinéphile, et lire du théâtre, c’était me faire du cinéma dans la tête. Si j’ai écrit du théâtre, c’est parce que j’ai vu énormément de films et beaucoup de films hollywoodiens, notamment des années 30-40, étaient adaptés de pièces de théâtre. Cette sensibilité-là vient du cinéma.

Je pense qu’écrire du théâtre, c’est faire une œuvre en soi ; s’il y a une mise en scène après, c’est très bien, mais l’essentiel pour moi est la publication. Une fois le texte reconnu en tant qu’œuvre littéraire, il ne peut plus être trahi. J’ai été nourri de la pensée des auteurs modernes, Duras, O’Neill, Tennessee Williams, Nathalie Sarraute ou Jean Audureau, mort cette année, un poète dramatique, même si ce mot-là semble aujourd’hui un peu « ronflant ». Mais je crois qu’un auteur dramatique doit avant tout avoir une écriture « poétique » et ne pas se poser la question de la mise en scène.

En délicatesse, que monte Jean-Pierre Miquel, évoque le cinéma de Douglas Sirk ; Douglas Sirk, c’est l’éternel retour, les personnages sont enfermés et reviennent à leur point de départ… La dernière scène de la pièce est une scène de romance hollywoodienne – avec la révélation du secret –, c’est un vrai mélodrame, dans le bon sens du terme. 

Minnelli et Fassbinder, par exemple, sont des auteurs qui ne sont jamais cyniques ; ce que j’écris – et à cela vraiment je tiens – est très “premier degré”, il n’y a pas d’ironie. Je ne m’inscris pas dans ce courant où l’auteur, en surplomb de ses personnages, les regarde s’agiter, pauvres et perdus, derrière les fenêtres de la Rolls. 

Dans les quelques pièces que j’ai écrites, je travaille sur la construction et le temps. Mon écriture construit des personnages, plus que des destins individuels ; chez Ibsen, c’était sa pensée qui était en action à travers ses personnages : son féminisme, son progressisme ; Hedda Gabler, Nora, Irène… ce sont Ibsen, ces femmes-là, sinon elles seraient simplement le décalque d’une réalité sociale. Je bâtis plus que je n’écris une « langue théâtrale » - dont on parle beaucoup en ce moment sans que je sache vraiment ce que c’est. L’action dans mes pièces vient de la construction, même si le langage permet d’affirmer une singularité. Il y a, une fois le texte écrit, un travail à effectuer sur le temps que ne peut faire le lecteur, c’est là où la mise en scène entre en jeu, mais la mise en scène est une autre écriture…

Propos recueillis par Eva Simonet

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J’avais 18 ans quand j’ai écrit ma première pièce. J’écris pour le théâtre, d’abord parce que j’en ai lu ; j’avais du plaisir à lire les pièces de théâtre, alors que généralement les jeunes lisent des romans ou de la poésie. J’ai lu Ibsen, Racine, Musset. C’est un peu atypique, surtout pour ma génération, mais je suis cinéphile, fils de cinéphile, et lire du théâtre, c’était me faire du cinéma dans la tête. Si j’ai écrit du théâtre, c’est parce que j’ai vu énormément de films ; beaucoup de films hollywoodiens, notamment des années 30-40, étaient adaptés de pièces de théâtre. Cette sensibilité là vient du cinéma.

Je pense qu’écrire du théâtre, c’est faire une œuvre en soi ; s’il y a une mise en scène après, c’est très bien, mais l’essentiel pour moi est la publication. Une fois le texte publié, reconnu en tant qu’œuvre littéraire, il ne peut plus être trahi. J’ai été nourri de la pensée des auteurs modernes, Duras, O’Neill, Tennessee Williams, Nathalie Sarraute ou Jean Audureau, mort cette année, un poète dramatique, même si ce mot-là semble aujourd’hui un peu « ronflant ». 

Je conçois très bien qu’un metteur en scène fasse ce qu’il veut ; la mise en scène, c’est une autre écriture. Je crois que lorsqu’un écrivain écrit pour le théâtre, il doit avant tout écrire une oeuvre, avoir une écriture « poétique » et ne pas se poser la question de la mise en scène. 

En délicatesse, que va monter Jean-Pierre Miquel, est complètement « sirkien » ; Douglas Sirk, c’est l’éternel retour, les personnages sont enfermés et reviennent à leur point de départ d’une façon circulaire ; la dernière scène de la pièce est une scène de romance hollywoodienne – avec la révélation du secret –, c’est un vrai mélodrame (dans le bon sens du terme). Par exemple, Minnelli et Fassbinder sont des auteurs qui ne sont jamais cyniques ; ce que j’écris – et cela vraiment j’y tiens – est très premier degré, il n’y a pas d’ironie de l’auteur sur ses personnages ; je ne m’inscris pas dans ce courant qui consiste à être au dessus de ses personnages, à les regarder s’agiter, pauvres et perdus, derrière les fenêtres de la Rolls. 

Dans les quelques pièces que j’ai écrites, je travaille sur la construction et le temps. Mon écriture construit des personnages, plus que des destins individuels ; chez Ibsen, c’était sa pensée qui était en action à travers ses personnages : son féminisme, son progressisme. Hedda Gabler, Nora, Irène… ce sont Ibsen, ces femmes-là. Sinon elles seraient simplement le décalque d’une réalité sociale. Je bâtis plus que je n’écris (des monologues ou une « langue théâtrale » dont on parle beaucoup en ce moment sans que je sache vraiment ce que c’est). L’action dans mes pièces vient de la construction, même si le langage permet d’affirmer une singularité. Il y a, une fois le texte écrit, un travail à faire sur le temps que ne peut faire le lecteur, c’est là où la mise en scène entre en jeu.

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