Berlin Kabarett

Théâtre de Poche-Montparnasse , Paris

Du 15 novembre 2018 au 06 janvier 2019
Durée : 1h20 environ

MUSIQUE & DANSE

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Théâtre musical

Willkommen, Bienvenue, Welcome. Berlin, en pleine République de Weimar. Entrez dans un cabaret décadent dirigé par Marisa Berenson (charismatique !). Une traversée grinçante, parfois drôle, souvent glaçante, de l'époque la plus sombre de l'Allemagne où la création artistique est à son apogée. Galota, Verzier et Corbin sont déchirants de vérité. Les chansons font mouche et bouleversent et le spectacle ne vous laissera pas indemnes. Les places partent vite, n'attendez pas !
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À partir de 31,50 €

Prix tous frais inclus


 

Photos & vidéos

Berlin Kabarett

De

Dajos Béla

,

Henri Christiné

,

Stéphane Corbin

,

Stéphan Druet

,

Friedrich Hollaender

,

Fred Raymund

,

Kurt Weill

Mise en scène

Stéphan Druet

Avec

Marisa Berenson

,

Olivier Breitman

,

Stéphane Corbin

,

Sebastian Galeota

,

Simon Legendre

,

Loïc Olivier

,

Victor Rosi

,

Jacques Verzier

  • Renaissance du Cabaret Berlinois

Kirsten dirige un cabaret du Berlin décadent dont elle mène la danse sans scrupule, en pleine république de Weimar. Entourée de son fils, son ex-amant auteur, un compositeur en vogue et deux musiciens, elle nous entraine dans les souvenirs d’une gloire passée.

Une traversée satirique de l’époque la plus sombre de l’Allemagne où la création artistique est à son apogée.

Distribution en alternance.

  • La presse

« La star de la revue est sans conteste Marisa Berenson, sidérante (...). Autour d’elle, les hommes aux yeux cernés de kôhl attirent pourtant le regard. Sebastiàn Galeota surtout, dans le rôle du fils honni par la taulière, dont la voix bouleversante semble dire, à elle seule, la tragédie que s’apprêtait à vivre le XXe siècle. Sidérant. » Joëlle Gayot, Télérama TT

« Dans ce Berlin crépusculaire des années 1930 imaginé par Stéphan Druet, Marisa Berenson est envoûtante. Sa voix grave épouse à merveille les musiques de quat'sous, enjouées et mélancoliques, de Kurt Weill, et les airs de Stéphane Corbin. La pièce nous replonge dans l'ambiance du film musical américain Cabaret, de Bob Fosse, pour lequel Marisa Berenson avait obtenu une nomination aux Golden Globes. Mais, derrière le glamour en bas résille et l'humour vachard, la satire se veut grave et la morale, préventive : le grand méchant loup est toujours à notre porte. » R.M, Point de Vue

« Dans ce Berlin Kabarett , malicieusement créé dans une salle en sous-sol du Théâtre de poche, un serveur en bas résille propose des coupes de champagne. Kirsten, interprétée avec autant de retenue que d’engagement par Marisa Berenson, mène la danse. (…) En 1933, les derniers cabarets berlinois ont disparu, détruits sur ordre de Goebbels, et de nombreux artistes ont été déportés et assassinés. Voilà un plaisant Kabarett en forme d’hommage. » Gérald Rossi, L'Humanité

« C’est l’un des événements de cette fin de saison à Paris. La grande Marisa Berenson est sur la scène du Poche Montparnasse dans Berlin Kabarett de Stéphan Druet. Un spectacle musical magnifique, d’une grande intelligence, une plongée dans les bas-fonds de l’Allemagne nazie des années 30 à la rencontre d’artistes en résistance. » Stéphane Capron, Sceneweb

« Jacques Verzier est excellent, Sebastiàn Galeota plus que convaincant. Et que dire de la grande Marisa Berenson ? Quelle classe, quelle aura ! Elle a toujours son port altier, son élégance aristocratique, la douce tristesse aussi de ses yeux immenses et effarés dans lesquels on lit tout ce qui se trame. Et quand elle chante « Nana’s Lied », avec autant de douceur que d’émotion, dans la version française de Boris Vian presque aussi belle que la version originale de Brecht, le temps est suspendu. (…) Un vrai moment de grâce, qui naît du tragique.  » Frédéric Manzini, Reg'arts

  • Note d'intention

Après avoir créé L'histoire du soldat au Poche-Montparnasse, Philippe Tesson me parle de Cabaret Berlinois, je lui dis : « C'est mon rêve », il me répond : « Moi aussi. Fais-le. » Écrire, mettre en scène un cabaret pourrait être une succession de numéros. Ici, je m'attache à des personnages. Leurs rapports, leurs relations dans cette période qu'est la république de Weimar. L'entre-deux guerres, l'arrivée et la montée grandissante du nazisme.

Les personnages : une directrice de cabaret et les trois artistes qui y travaillent, qui y vivent. Son fils non désiré, Viktor, homosexuel et travesti, qu'elle a eu d'une relation d'un soir avec un argentin qui passait par Berlin. Fritz, le pianiste, compositeur, juif et communiste. Karl, l'auteur, juif et communiste qui représente « l’intellectuel », avec qui elle a eu une histoire violente. Et enfin, elle. Kirsten, la patronne. Heureuse dans ce Berlin décadent dont elle mène la danse et couchant sans aucun scrupule avec les nazis en pleine ascension. Au début du spectacle, elle passe un interrogatoire à Paris à la fin de la seconde guerre.

Cette histoire est un flash-back sur l'histoire de son cabaret, Berlin Kabarett. Accompagnés de deux musiciens, ce quatuor nous fait revivre de façon satirique, et dramatique l'ambiance de cette période difficile et pourtant si riche artistiquement.

Stéphan Druet

  • Le cabaret allemand, lieu de plaisir et de résistance

L’origine du mot cabaret est confuse, et son étymologie incertaine. Il est admis que le mot remonte à l’ancien picard et wallon. Il désignait au Moyen Âge un lieu populaire où l’on servait à boire et à manger. En même temps on s’y distrayait devant des spectacles brefs et simples : saynètes, chansons, petites formes théâtrales, monologues, improvisations.

C’est au milieu du XIXe siècle que le mot a pris tout son sens, en France, en Allemagne et dans toute l’Europe centrale. Jusqu’alors le cabaret avait été un simple lieu de divertissement fréquenté par la classe populaire et par la petite bourgeoisie. A partir de cette époque il prit progressivement une dimension politique, voire idéologique qui fi t de lui un acteur de la scène sociale et culturelle. Le cabaret assuma dès lors une fonction de protestation et de revendication. En même temps, il affirma son rôle culturel et artistique par un positionnement d’avant-garde dans l’histoire allemande, particulièrement au lendemain de la défaite de 1918. C’est ainsi que les meilleurs auteurs de l’époque, comme Brecht et Wedekind le fréquentèrent activement. Le cinéma des années 1930 s’en inspira. L’expressionisme y trouva sa place. Le cabaret allemand entra dans la mythologie nationale comme marqueur de la décadence. Il y a une histoire, une culture du cabaret, une esthétique du cabaret allemand. Elles sont sombres, violentes, volontiers morbides, et elles ont trouvé un terrain favorable dans toutes les périodes critiques de l’histoire nationale.

Le miroir de la société
C’est ainsi que le cabaret est devenu le miroir de la société allemande à partir des années 1920, et notamment celles de la République de Weimar et de la montée en puissance du nazisme. A cette époque, le cabaret répudie peu à peu les ambitions culturelles successives qu’il avait développées dans le passé. La réputation de Berlin comme ville de la nuit, du plaisir et de la débauche ne tarde pas dès après la défaite de 1918. On évoque à propos de Berlin Babylone et Sodome ! Finie l’exaltation de la gloire de l’Empire. Les cabarets se multiplient dans la capitale comme autant d’exutoires à la crise économique et sociale. Le music-hall envahit le cabaret dans sa dimension la plus sensuelle, la plus physique (exhibition du corps, apparition du nu...) puis la plus érotique, et bientôt la plus commerciale (prostitution). L’homosexualité investit le cabaret. La censure n’interviendra que plus tard, avec la structuration progressive du nazisme. Pour l’instant le mot d’ordre est le plaisir, selon une conception absolue de la liberté, voisine de l’anarchie, inspirée par le nihilisme. Jusqu’en 1928 toutefois quelques îlots de résistance artistique subsistent, sous l’infl uence de musiciens comme Friedrich Holländer (il deviendra l’auteur de la musique de L’Ange bleu), d’écrivains comme Tucholsky, d’animateurs comme Max Reinhardt, de poètes comme Walter Mehring, d’hommes de théâtre comme Brecht ou encore comme Piscator, tous attachés à maintenir la tradition à la fois politique du cabaret, à y introduire les nouvelles formes d’expression musicale, notamment le jazz.

Mais ce sera en vain. Les années passant, la dégradation des programmes des cabarets s’accentuera. La misère sociale atteignant le pire au seuil des années 1930, la protestation politique et sociale investira toutefois à nouveau la scène, et avec elle la réaction policière renforcée par les agents du parti nazi en pleine ascension. C’est l’époque où Goebbels, nommé gauleiter de Berlin engagera une chasse violente au cabaret, qui se soldera par la destruction des établissements, l’exil, l’envoi en camps de concentration, ou l’assassinat des artistes les plus renommés. C’en sera fini en 1933 des derniers cabarets berlinois, dont la capitale tente actuellement de raviver le souvenir, mais dans une esthétique édulcorée.

  • Extrait

Nana's Lied (Brecht / Weill / Vian) - 1928
Au rayon des amours à vendre
On m’a mise à dix-sept ans
Je n’ai pas cessé d’apprendre
Le mâle était dieu
Et je jouais le jeu
Mais j’en ai gardé gros sur le cœur
(parlé) Et en fin d’compte, je suis un être humain...

Dieu merci, tout passe ici bien vite
Passe l’amour et passent les regrets
Hier tu pleures, où sont tes larmes ?
Où est la neige qui tombait l’an dernier ?
Hier tu pleures, où sont tes larmes ?
Où est la neige qui tombait l’an dernier ?

On a moins de peine à s’vendre
À mesure que passe le temps
Les clients s’font moins attendre
Mais les sentiments n’sont plus très ardents
Quand on les gaspille à tous les vents
(parlé) Et en fin d’compte, mes réserves s’épuisent...

Gott sei Dank geht alles schnell vorüber
Auch die Liebe und der Kummer sogar.
Wo sind die Tränen von gestern abend ?
Wo ist die Schnee vom vergangenen Jahr ?
Wo sind die Tränen von gestern abend ?
Wo ist die Schnee vom vergangenen Jahr ?

Au rayon d’l’amour qu’on paie
On a beau comprendre viv’ment
Transformer l’désir en monnaie
C’est jamais marrant
On s’y fait pourtant
Mais un jour, la vieillesse vous surprend
(parlé) Et en find’ compte, on n’a pas toujours dix-sept ans

Dieu merci, tout passe ici bien vite
Passe l’amour et passent les regrets
Hier tu pleures, où sont tes larmes ?
Où est la neige qui tombait l’an dernier ?
Hier tu pleures, où sont tes larmes ?
Où est la neige qui tombait l’an dernier ?

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Avis du public : Berlin Kabarett

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OdileB (17 avis) 20 juin 2018

Excellent spectacle avec des comédiens, chanteurs et danseurs haut de gamme. Merci à la troupe pour ce bon moment
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JACQUES E. (7 avis) 18 juin 2018

par e.j superbe spectacle un sans faute a voir
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Jean pierre D. (3 avis) 11 juin 2018

Quel spectacle complément transporté dans le Berlin avant guerre La Berenson quelle classe ainsi que les autres comédiens Mention spéciale pour le pianiste
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Pierre D. (9 avis) 10 juin 2018

Credible Assez bonne reconstitution avec peu de moyens Excellent Sébastien galleota,le plaisir de revoir marisa berenson très à l aise Une bonne soirée....avec un peu d imagination
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EWA G. (11 avis) 04 juin 2018

C'est tout simplement magnifique, saisissant. Une mise en scène d'exception. Un moment d'enchantement. Tant d'humanité...et tant de beauté dans les affres de la décadence. Tant de tendresse enfuie dans ce "fort intérieur " pendant qu' à l'extérieur se déchaîne le cauchemar et la violence. Les comédiens sont tous excellents. Marisa Berenson éblouit la salle, tout comme Sebastian Galeota grâce a sa prestation haute en couleurs où l'expressionisme des apparences accompagne la pudeur et la finesse des sentiments. Bravo!!! Et un grand merci!
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James R. (5 avis) 04 juin 2018

Un spectacle impressionnant Bravo à chaque acteur, en particulier à Sebastian Galeota. A Marisa Berenson, aussi dont la voix rappelle celle de la grande Gisela May lorsqu'elle chante en allemand. Un spectacle en tout point exceptionnel.
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