Au moins j'aurai laissé un beau cadavre

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Chaillot - Théâtre national de la Danse , Paris

Du 02 au 11 novembre 2011

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Un Hamlet en colère comme on ne l’a jamais vu. Pertinent et audacieux, le metteur en scène Vincent Macaigne présente une version très libre et contemporaine de la pièce de Shakespeare, accueillie chaleureusement par la critique et le public au dernier Festival d'Avignon.
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Spectacle terminé depuis le 11 novembre 2011

 

Au moins j'aurai laissé un beau cadavre

De

Vincent Macaigne

Mise en scène

Vincent Macaigne

Avec

Samuel Achache

,

Laure Calamy

,

Jean-Charles Clichet

,

Julie Lesgages

,

Emmanuel Matte

,

Rodolphe Poulain

,

Pascal Rénéric

,

Sylvain Sounier

A partir de 15 ans.

  • Une version très libre de Hamlet

Un Hamlet en colère comme on ne l’a jamais vu. Pertinent et audacieux, le metteur en scène Vincent Macaigne présente une version très libre et contemporaine de la pièce de Shakespeare.

Ça sent bizarre… Il y a quelque chose de pourri. On étouffe, ça manque d’air. Hamlet ou la dénonciation d’un monde confiné, replié sur soi. Hamlet selon Vincent Macaigne joue le rôle d’un révélateur. Ce qu’il voit : une Europe calfeutrée, apeurée. Hamlet va secouer tout ça. Il a soif d’absolu. Est en quête de vérité.

Après un Idiot ! – librement adapté du roman de Dostoïevski – à la beauté convulsive, drôle, saturée et surtout passablement énervé, Vincent Macaigne embraye sur Hamlet, un « idiot » lui aussi à sa façon. Du prince Mychkine au prince du Danemark, il n’y a qu’un pas ou presque. Car Hamlet met les pieds dans le plat, fait exploser les codes, ouvre l’espace du plateau, le viole, est violé par lui.

Vincent Macaigne aborde la pièce en remontant à la légende danoise dont s’inspira Shakespeare. Il imagine Hamlet enfant, amoureux d’Ophélie. Un Hamlet qui prendrait sa source dans le conte. Mais aussi un Hamlet du XXe siècle. La brume s’est dissipée. C’est en pleine lumière qu’apparaît le fantôme du père. Hamlet affronte la réalité avec les armes du théâtre. Un théâtre qui agirait comme révélateur ; dont l’objectif est de dévoiler le monde tel qu’il est, dépouillé de ses illusions ; le théâtre de Vincent Macaigne.

Hugues Le Tanneur

  • Note d'intention

Le conte originel danois dont Shakespeare s’est inspiré pour écrire Hamlet nous servira de point de départ, telle une “Bible”. Il s’agit de créer l’espace dans lequel exploseront la violence et l’art d’Hamlet, personnage en quête d’absolu et de vérité, et de prolonger le cri désespéré de Shakespeare lui-même implorant par la chair d’Hamlet la vérité.

Nos recherches tendront vers cette question : qu’est-ce que ne pas avoir sa place quand on est en colère ? Hamlet est un appel à la colère. Un appel d’air en germe dès l’enfance. Hamlet se retourne contre sa propre génération qui s’est soumise à l’acceptation. Il l’appelle à la colère. Il travaille comme nous à emmener la génération prochaine. C’est la seule chose à faire, pour Hamlet, pour nous. Un sacrifice pour la suite. Au moins j’aurai laissé un beau cadavre sera bien sûr l’histoire d’un poète : d’un homme de théâtre.

Dans un monde où la chair et la violence sont recluses, qu’est-ce que l’absolu ? Dans un théâtre fermé, qu’est-ce qu’un geste pulvérisateur ? Nos interrogations seront parallèles, un monde s’asphyxie et que fait l’art : existe-t-il encore, et comment ? Nous ne voulons pas coller au texte de Shakespeare mais en révéler les puissances contradictoires : quand le royaume étouffe, il n’y a pas d’autre choix pour la jeunesse que de s’exalter, pas d’autre choix pour Hamlet que de venir trouer ce qui l’entoure. Cette quête de l’absolu, c’est une nécessité inscrite dans la chair de chacun de nous depuis le début de notre travail. Nous la poursuivrons dans un rapport naïf et violent au conte, en refusant absolument l’abstraction et le cynisme. Tout sera expérimenté sur le plateau en improvisations, de façon brute, avec la liberté d’y ajouter mes propres textes, ceux des comédiens, des extraits de journaux, les textes de Sénèque, ceux de Nietzsche, ou d’autres encore.

Nous partirons d’une rage, de son germe : on voit Hamlet et Laerte enfants. Hamlet et Ophélie sont déjà amoureux. Déjà les enfants jettent des pierres, lancent des mots racistes, c’est une société ludique et cruelle, violente qui émerge. La civilisation semble reprendre le dessus mais elle évolue dos à une jeunesse qui exulte. Le Danemark se capitonne, se protège de plus en plus, et s’embourgeoise. Nous allons jouer face à ce repli.

Nous voulons un espace concret pour évacuer toute tentation de placer Hamlet dans les nimbes et la brume. Nous serons dans le réel et dans sa vérité grotesque. La scénographie sera concrète, elle sera déterminée par la profusion des corps.

C’est un fantôme dégagé de tout brouillard et de toute aura qui parlera à Hamlet. Il sera en chair et en odeur, le père réincarné. Nous écartons la question de la folie, pour tout recadrer sur la violence du geste. Shakespeare inscrit le théâtre au coeur du plateau. Hamlet prend le théâtre comme un engin de la réalité et de vérité. Nous voulons faire de cette matière un objet théâtral brut, un geste en quête de vérité, un pamphlet sur l’art et la culture. Ce qui nous intéresse : préserver l’humour et le burlesque de cette tragédie qui n’est tragédie que par bêtise. Faire un théâtre sale et sans politesse, qui ne soit pas l’instrument d’une pensée ou d’un discours, mais qui se dépouille au contraire de toute intelligence pour révéler la naïveté, l’absurdité et la poésie de ses situations.

Vincent Macaigne, septembre 2010

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