Antiteatre (intégrale)

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Théâtre de la Bastille , Paris

Du 18 septembre au 13 octobre 2013
Durée : 6h environ, entractes inclus

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Pour Gwenaël Morin, l'œuvre de Fassbinder peut former une « archéologie de la violence ». Il s’empare de quatre de ses pièces, mêle l'intime au politique, pour mettre à nu l’exploitation des sentiments et les rapports de domination entre les êtres. Une « intégrale » menée tambour battant, avec drôlerie et distanciation, par de formidables comédiens.
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Spectacle terminé depuis le 13 octobre 2013

 

Photos & vidéos

Antiteatre (intégrale)

De

Rainer-Werner Fassbinder

Mise en scène

Gwénaël Morin

Avec

Renaud Béchet

,

Mélanie Bourgeois

,

Virginie Colemyn

,

Kathleen Dol

,

Julian Eggerickx

,

Pierre Germain

,

François Gorrissen

,

Barbara Jung

,

Ulysse Pujo

,

Natalie Royer

,

Brahim Tekfa

Dans le cadre du Festival d'automne à Paris.

Voir les spectacles individuellement.

  • Projet Fassbinder

L’antiteatre théorisé et mis en pratique par R.W. Fassbinder à la fin des années 1960 procède au démontage méthodique de tous les repères politiques, psychologiques ou moraux. Plongé dans le climat explosif de l’Allemagne d’après-guerre, Fassbinder écrit, pense, filme, joue. Absorbant les chocs et les contradictions, il tend à la RFA du « miracle économique » le miroir déformant de sa brutalité. Comment réactiver quelque chose de cette urgence et de ce corps à corps avec son époque – redonner à ces textes leur « charge » ?

Dans une société libérale privée d’utopie, quels spectres continuent d’agir sur les représentations, les rapports sociaux et intimes ? À travers quatre pièces, qui balaient tout l’éventail des problèmatiques traitées par Fassbinder, Gwenaël Morin revisite cette matière tumultueuse qui s’apparente pour lui à une « archéologie de la violence ». Chacun de ces textes raconte des utopies qui tournent mal : des histoires de dépendance, de désir et de mort, où rire et désespoir, mécanismes d’aliénation et d’émancipation sont intimement liés – où victimes et bourreaux ne cessent d’échanger leurs rôles.

Après l’entreprise du Théâtre permanent, menée pendant un an aux Laboratoires d’Aubervilliers – où sa compagnie jouait, répétait et transmettait en continu –, Gwenaël Morin revendique avec Antiteatre la même logique de traversée intensive d’une oeuvre : laisser la langue parcourir les corps comme un courant électrique, et proposer un « précipité » théâtral épuré, produit dans l’urgence, sans décor ni costumes.

Qu’il aborde des auteurs classiques ou contemporains, comme il l’a fait ces dernières années au Théâtre de la Bastille, c’est toujours à la recherche du potentiel perturbateur « où le spectateur puisse investir sa propre imagination ».

Quand Gwenaël Morin se lance dans le projet Fassbinder, c’est avec un appétit à la démesure de cet auteur prolixe et météorite. Il veut monter tout le répertoire du « Balzac allemand » puis se ravise. Il s’empare alors de quatre pièces dont le style pousse loin l’artifice pour mieux faire claquer la vérité : celle de l’exploitation effrénée des sentiments par le fascisme ordinaire.

  • Anarchie en Bavière et Liberté à Brême

Dans un décor bavarois typique, des anarchistes de folklore tentent de libérer les citoyens contre leur volonté. Une classe voulant toujours en éduquer une autre, c’est l’éternelle histoire des rapports dominants-dominés qui recommence.

Un fait divers de 1831 donne naissance à une tragédie agressive, faussement naïve, dénonçant la cruauté soigneusement dissimulée dans la mesquinerie de la vie bourgeoise. La violence de l’héroïne libérera finalement les oppresseurs comme les opprimés.

  • Le village en flammes

Dans la bourgade de Fuente Ovejuna, en 1476, se déroule une comédie effrayante aboutissant à la révolte des opprimés et à sa répression violente. Au final, les âmes idéalistes manipulées par les profiteurs deviendront des cannibales assoiffés de haine et de vengeance.

  • Gouttes dans l'océan

Dans les relations amoureuses des quatre protagonistes se dévoile le rapport malsain consommant-consommé… L’« amour » ne saurait échapper aux lois d’une nature humaine de plus en plus corrompue par la consommation.

La dénonciation de la cruauté sociale est l’axe principal du théâtre de Fassbinder, car elle livre les âmes tendres à la fringale insatiable du Moloch. Dans ces quatre propositions, ce sera donc le texte seul, dans toute la puissance des mots, qui sera autorisé à pointer du doigt l’absurdité de la répétition des sacrifices.

Gwenaël Morin souhaite placer son Antiteatre sous l’égide de Dionysos et propose « du théâtre dans la panique ». Il en ressort quatre spectacles simples, rapides et nets, liés entre eux par une continuité formelle rigoureuse et une équipe puissamment soudée par l’expérience. Faire du théâtre avec rien…, sauf avec des acteurs.

Christophe Pineau

  • La presse

« Que nous disent-elles aujourd'hui, ces pièces ? Que la révolution commence dans la chambre à coucher, mais que ce n'est pas avec des révolutionnaires de salon qu'on la fera. Mais c'est surtout par les processus qu'il met en place, par ces étranges rituels, profondément théâtraux, où victimes et bourreaux s'échangent leurs rôles, que le théâtre de Fassbinder trouble, fascine et agit. C'est cette carte-là, celle des jeux de rôle à l'infini, que jouent à fond Gwenaël Morin et ses excellents comédiens, dans une exultation théâtrale jamais démentie – et communicative. » Fabienne Darge, Le Monde, 23 septembre 2013

« Une écriture lucide et féroce pointe la cruauté sociale, l’attachement aux conservatismes, le poids de la religion qui dicte la conduite morale à suivre, les rapports malsains de domination et manipulation aussi bien dans la sphère publique qu’affective, les ravages du patriarcat (...) une troupe explosive d’acteurs toujours remarquables qui sont pour beaucoup des habitués. Ils se donnent dans le jeu, se fatiguent (...) et enthousiasment par leur engagement, leur frénésie et leur profonde justesse.  » Christophe Candoni, toute la culture, 23 septembre 2013

« Gwenael Morin et sa troupe sont décidément plus à l'aise quand ils se retrouvent en choeur face au public. Le Village en flammes est un réjouissant exercice collectif, qui convoque l'esprit du théâtre amateur, fous rires imprévus compris, pour revisiter à toute vitesse plusieurs des obsessions de l'auteur. Dans ce carnaval où l'on se fouette, se viole ou se décapite, le rire a toujours le goût du sang. » René Solis, Libération, 24 septembre 2013

« Par ce quadryptique dont les types de lieux s'agencent en chiasme, Gwenaël Morin met en évidence le propos qui sous-tend toute l'œuvre de Fassbinder, montrant les liens inextricables entre politique et privé. (...) Par sa manière de travailler dans l'urgence avec sa compagnie, Gwenaël Morin propose à ses comédiens un véritable challenge qui crée un état fructueux d'excitation, de panique et d'émulation. (...) N'ayant recours qu'à un minimum d'artifices de mise en scène (...), son art théâtral cherche sa quintessence par le corps et la parole. En parfaite connivence, les comédiens font preuve d'une solidarité qui forge la cohérence de l'ensemble, tout en brillant par leurs personnalités respectives. » Sophie Lespiaux, Une chambre à soi, 25 septembre 2013

« De cette réflexion désespérée sur la barbarie qui sommeille en l’homme, sur l’intime et le politique qui jouent un tango de mort, Morin et ses antiacteurs font un brûlot qui rend le public heureux et tonique. Avec l’envie, en sortant, d’en découdre avec le mauvais théâtre du monde. » Philippe Chevilley, Les Echos, 26 septembre 2013

« Pas de décor, pas de costumes, mais un appétit d'ogre pour porter la parole d'un homme rageur disparu prématurément. » Charlotte Lipinska, Tétu, septembre 2013

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