
Un jour, Camille a menti à ses amies Laurine et Marguerite. Le jour où la vérité a éclaté, elles ont voulu comprendre : pourquoi on ment ? À partir d’entretiens, les trois comédiennes réalisent une anatomie du mensonge, qui nous entraîne sur les (fausses) pistes de la vérité humaine.
Quelle vérité se cache derrière nos mensonges ? Quelle est cette terreur d’être seulement soi qui nous pousse à fabriquer un mythe de nous-même ? À la limite de la crédibilité est une anatomie du mensonge qui explore ses mécanismes à la recherche de la frontière poreuse entre le vrai et le faux et entre fantasmes et réalités. C’est un récit kaléidoscopique, inspiré d’une série de témoignages. Trois comédiennes s’emparent de ces histoires face à un public qui assiste à une cérémonie du dévoilement de soi. Peut-être pourra-t-il se reconnaître…
À la limite de la crédibilité a l’ambition d’être une anatomie du mensonge. Par une forme polyphonique, trois corps, trois voix incarnent plusieurs identités face à un public complice et témoin de leurs tentatives de se raconter en traversant les frontières poreuses du vrai et du faux. Mentir pour apparaître ou par peur d'apparaître, mentir pour exister ou pour s’effacer. Avec une plongée dans les mécanismes du mensonge, nous voulons
en faire émerger ses paradoxes. Sa dimension de pharmakon sera notre fil rouge : remède ou poison, tout dépend de l’usage que l’on en fait. Porter des masques peut être aussi jubilatoire que douloureux et l’enjeu que propose ce texte est de faire sortir le mensonge de la boîte de Pandore et de se rappeler que nous ne sommes pas seul.e.s à mentir.
En s’adressant au public sur la question du mensonge, la pièce lève le voile sur l’intimité de ses personnages et sur ce qui d’ordinaire se tait. Avec cette pièce, nous voulons faire circuler et donner vie aux histoires qu’on se raconte, à nos propres mythes, à nos fantasmes, en les regardant en face, en les incarnant. Théâtraliser nos mensonges pour les dédramatiser et les déculpabiliser. Le mensonge devient alors outil identitaire : s’inventer soi-même, devenir quelqu’un.e d’autre. Il est une sortie de secours, une bouée de sauvetage face aux catégorisations et aux assignations restrictives.
Avec cette mise en récit du mensonge, nous voulons investir de nouveaux espaces de représentation, et entrer en interaction avec des publics très divers. C’est pour cela que le spectacle existe en deux formats : le format pour la salle et le format hors-les-murs (festivals, rue, centre d’accueil de jour, EHPAD, scolaires…). Le dispositif de la pièce peut se lire comme un rhizome du mensonge, sans hiérarchie ni linéarité. On rencontre des personnages qui dessinent de multiples facettes du mensonge et qui jouent à dérouter le public, flouter les contours du vrai et du faux, lui faire croire à, donner des fausses pistes, lui plaire, se cacher, faire semblant de.
Nous rêvons cette pièce comme un musée de ces récits, permettant comme face à une œuvre, de se regarder et de se questionner sur notre identité à la fois collective et individuelle. Comment l’intime devient universel. Cette pièce est envisagée comme un moyen de déculpabiliser nos hontes individuelles et solitaires face au mensonge et d'agir sur nos complexes moraux qui y sont liés.
Le spectacle s’imagine comme un grand rituel où, par la parole, nous venons défossiliser nos mensonges les plus enfouis. Et par cette libération, peut-être pourrons nous d’autant mieux sentir notre humanité dans tout ce qu’elle a de complexe, pour ainsi mieux nous reconnaître, nous comprendre, nous accepter et nous aimer comme des êtres imparfaits.
Marguerite Courcier, Camille Jouannest, Laurine Villalonga
94, rue du faubourg du temple 75011 Paris